L'ex-président Alberto Fujimori condamné pour crime contre l'humanité

Ils ont attendu des années, pour enfin obtenir justice. L'ex-président Alberto Fujimori vient enfin d’être condamné à 25 ans de prison pour « crimes contre l'humanité ».

Ils ont attendu des années, pour enfin obtenir justice. L'ex-président Alberto Fujimori vient enfin d’être condamné à 25 ans de prison pour « crimes contre l'humanité ». L’ancien chef d’Etat, surnommé « El Chino » pour ses traits asiatiques – il est toutefois d’ascendance japonaise - était jugé pour son rôle dans deux massacre qui firent 15 morts -dont des femmes et un enfant de huit ans- en 1991 et 10 morts en 1992. Ces assassinats furent perpétrées par un escadron de la mort monté par les soins du président, pour combattre les guérillas d'extrême gauche, et notamment le Sentier lumineux. En vingt ans de conflit (1980-2000), près de 70 000 personnes ont péri.

Cela fait près d’un an et demi que le jugement se poursuit, depuis l’extradition par le Chili, d’ Alberto Fujimori au Pérou. A l’époque, l’ex-président, qui s’était réfugié au Japon en 2000 pour échapper aux scandales de corruption de son second mandat, avait pris un avion pour le Chili, pays avec lequel le Pérou entretient des relations tortueuses pour cause de conflit frontalier. Son objectif était de s’imposer dans le débat électoral de 2006.

L’échec de la stratégie souligne à quel point l’Amérique Latine a changé. Non pas que le nouveau président Alan Garcia, en soit responsable, ni que toute la population péruvienne salue le verdict. Un tiers des sondés assurent partager les idées de l’ex-président populiste sa fille Keiko, jouit d’une popularité considérable. Une des députés les mieux élus en 2006, elle a déjà annoncé sa candidature à la présidentielle en 2011. Mais l’organisation des associations de victimes et de la société civile en général, a rendu l’impunité impossible. Le verdict a d’ailleurs été salué par plusieurs organisaitions des droits de l’homme tels Amnisty international comme historique bien au delà des frontières. « Ce n'est pas tous les jours qu'un ancien chef d'Etat est condamné pour des violations des droits de l'Homme comme la torture, la séquestration et la disparition de personnes », a commenté Amnisty international.

L’Amérique Latine a souvent été à la pointe de l’horreur, en combattant des guérillas de la pire façon et en abritant il y a quelques années encore des dictatures sanguinaires. Elle démontre une nouvelle fois aujourd’hui sa vitalité en étant également le laboratoire du meilleur, en jugeant de façon exemplaire ses propres tortionnaires.

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