Les canalisations, véritables dangers de Rio de Janeiro

 A New York, on les repère aux longues volutes de fumée blanche, au milieu de la circulation : une vapeur issue de canalisation déjà anciennes. A Rio de Janeiro, elles se font connaître de façon plus radicale, en explosant, à une fréquence devenue inquiétante.

 

A New York, on les repère aux longues volutes de fumée blanche, au milieu de la circulation : une vapeur issue de canalisation déjà anciennes. A Rio de Janeiro, elles se font connaître de façon plus radicale, en explosant, à une fréquence devenue inquiétante. L’alerte a commencé l’année dernière, quand deux touristes américains ont été grièvement blessés en traversant une rue de Copacabana. Le couvercle d’une canalisation s’est envolé, libérant une vapeur brûlante. Il y a quelques mois, rebelote, toujours à Copacabana, en face du traditionnel cinéma Roxy. Cette fois, l’explosion a été tellement violente, détruisant un taxi au passage, et blessant ses passagers, que la béance, dans l’avenue, suggérait une bombe. Il y a dix jours, le centre-ville a été le théâtre d’une nouvelle explosion.

C’est Light, l’entreprise responsable de la distribution d’électricité dans la ville qui est en cause. Elle souligne que ces accidents à répétition sont causés par la vétusté des transformateurs électriques. Elle a lancé un plan de rénovation, mais le bilan fait peur : selon la direction de l’entreprise, quelques 2.000 transformateurs auraient besoin d’une manutention, du fait de leur localisation dans des zones de grande circulation de voitures et de piétons. De ces 2000, 130 représentent un risque important d’explosion. Et pour des raisons qui échappent aux citoyens – la communication de l’entreprise est lamentable – leur réparation prend du temps.

L’information a provoqué la panique dans la ville, en particulier dans la Zone sud, celle qui abrite les plages, la classe moyenne, et les touristes. L’extrême densité des logements de Copacabana en fait un lieu très « explosif ». Du coup, les piétons ont commencé à regarder avec suspiscion toutes les plaques d’acier sur les routes et trottoirs, et à tenter de les éviter. La sensation est celle de marcher sur un champs de mines, ou de jouer à la marelle : il y a des centaines de plaques. Une ONG, Rio de Paz, qui s’est fait connaître pour sa dénonciation courageuse des meurtres dans la ville, a d’ailleurs entrepris de peindre en rouge celles qui ont déjà explosé, pour rappeler le risque, et protester (voir photo). Une façon de rappeler qu’aujourd’hui, le danger, ce n’est plus les balles perdues, mais les canalisations – en tous cas, dans cette partie de la ville. En attendant que la situation s'améliore, un conseil aux touristes : si vous voyez une fumée blanche, pas question de s'arrêter pour une photo, changez de trottoir !

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