Pour combattre l’hypertension, le ministre de la santé brésilien a un remède: plus de sexe!

Connu pour ses positions polémiques – notamment en faveur de l’avortement dans un pays où il est toujours interdit, déclenchant la colère de l’Eglise –, le ministre de la santé brésilien, José Gomes Temporão, occupe de nouveau les unes des journaux.

Connu pour ses positions polémiques – notamment en faveur de l’avortement dans un pays où il est toujours interdit, déclenchant la colère de l’Eglise –, le ministre de la santé brésilien, José Gomes Temporão, occupe de nouveau les unes des journaux. En annonçant qu’un quart des Brésiliens souffraient d’hypertension aujourd’hui, contre 21,5% en 2006 – une hausse qui s’explique aussi par une plus grande affluence dans les hôpitaux –, il a assuré que la prévention était la meilleure façon d’éviter la maladie. Les Brésiliens doivent, selon lui, changer leurs habitudes alimentaires et pratiquer plus d’activités physiques, en particulier le sexe. «En plus de manger cinq fruits et légumes par jour, je recommanderais bien de faire l’amour cinq fois par jour!», a-t-il déclaré en plaisantant. Plus sérieux, il a résumé: «Dansez, faites l’amour, contrôlez votre poids, changez de régime alimentaire, faites du sport, et surtout, mesurez régulièrement votre tension! Selon lui, «le sexe est un élément très important dans la vie. Ce n’est pas le seul facteur, mais il est très important ». Temporão considère que les professionnels de la santé ont encore du mal à traiter des questions sexuelles. En acceptant d’aborder sans détour la question du sexe, notamment dans la lutte contre les maladies sexuellement transmissibles, le Brésil est devenu un pays modèle, cité par l’Organisation mondiale de la santé pour ses politiques de prévention et une épidémie limitée du sida.

Le président Lula a relayé le conseil cette semaine. Lors d’une visite dans la municipalité d’Ipojuca, dans le Pernambuco (Nordeste), il a fait taire le maire, Pedro Serafim, qui se plaignait de sa fatigue. Devant un public hilare, il a lancé: «Mon ministre de la santé a dit que pour faire tomber la pression, il fallait faire l’amour. Alors, compagnon, arrête de te plaindre, à l’attaque!»

Depuis hier, une blague circule sur internet, selon laquelle les médecins sont assaillis de questions depuis la déclaration du ministre. Ils demanderaient la création d’une commission spéciale pour éclairer la situation. Voici une petite sélection des questions qui agiteraient les Brésiliens :

- Sera-t-il possible de justifier une absence de travail avec une facture de motel, en expliquant qu’il s’agit d’une cure ?

- Peut-on déduire les frais de bordel, motel et sex-shop de la déclaration d’impôts ?

- La monogamie n’est-elle pas un péril pour la santé ?

- Peut-on considérer la masturbation comme de l’automédication ?

- La partouze peut-elle être considérée comme un traitement collectif ?

- Peut-on considérer les prostituées comme des professionnelles de la santé ?

- L’expression « jouir d’une bonne santé » signifie bien ce à quoi je pense ?

- L’obsession sexuelle serait-elle une hypocondrie ?

- Qu’est-ce que mon dentiste veut dire exactement lorsqu’il me recommande de faire attention à la « santé orale » ?

- Et pour finir : les politiques ne devraient-ils pas avoir une santé de fer, puisqu’ils passent leur vie à baiser le peuple ?

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