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Le Club de Mediapart mer. 24 août 2016 24/8/2016 Édition du matin

Au Brésil, l'insupportable succès de "Bolsa Familia"

Près de quatre ans après son lancement au Brésil, la « Bolsa Familia », la « bourse famille » fait l’unanimité dans le monde entier comme mécanisme pour sortir une les misérables de la faim et de l’exclusion.

Près de quatre ans après son lancement au Brésil, la « Bolsa Familia », la « bourse famille » fait l’unanimité dans le monde entier comme mécanisme pour sortir une les misérables de la faim et de l’exclusion. Près de onze millions de foyers (environ 60 millions de Brésiliens) reçoivent tous les mois une somme modique (environ 30 euros par foyer), ce qui leur permet de répondre aux besoins de base. En échange, les familles s’engagent à vacciner leurs enfants et à les envoyer régulièrement à l’école.

 

Comme il fallait s’y attendre, Bolsa Familia est une des principale sources de popularité du gouvernement Lula chez les plus pauvres. L’allocation est régulièrement dénoncée par la grande presse, majoritairement alliée à l’opposition, et qui s’étonne que cinq ans et demi après son arrivée au pouvoir, l’ex-métallo soit toujours aussi populaire qu’au premier jour. Ce n’est pas le Parti des Travailleurs de Lula qui s’en plaint, mais la Banque Mondiale, qu’on ne peut soupçonner d’être trop à gauche.

 

Dans une récente étude, des chercheurs de l’institution s’étonnent que la presse s’intéresse plus aux ratés administratifs voir aux détournement marginaux de Bolsa Familia qu’à son impact positif sur les exclus. L’étude s’est penché sur six journaux, dont trois quotidiens nationaux à partir de 2001. L’objectif est de comparer l’appréciation par les journaux des programmes de transferts de revenus sous le gouvernement de Fernando Henrique Cardoso (conservateur) à celle de « Bolsa Familia » de Lula.

 

L’étude constate que les journaux sont beaucoup plus indulgents à l’égard de Fernando Henrique qu’à l’égard de Lula, dont le programme est pourtant beaucoup plus ambitieux. Ils soulignent que les articles dédiés à la fraude aux allocations représentaient 10% de ce qui était écrit sous le premier, contre 50% sous le second. De fait, le succès de « Bolsa Familia », qui comme tout programme de distribution de revenus a ses limites, provoque une colère incompréhensible dans la classe dirigeante.

 

Récemment, certains députés de droite se sont étonnés que certains foyers utilisent l’allocation non seulement pour manger, mais aussi pour s’équiper en électroménager, en particulier réfrigérateur. Ce qui devait être salué comme un progrès est dénoncé comme un scandale.

 

Certains vont plus loin, en se demandant si les bénéficiaires de Bolsa Familia pouvaient avoit le même droit de vote que les autres... La nostalgie du vote censitaire est toujours forte dans certaines couches de la population.

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Tous les commentaires
Je ne dirai pas que Fernando Henrique Cardoso soit un politique conservateur, c'est un social-démocrate obligé de privatiser à cause de l'état pitoyable de tous les services publiques à l'époque. Ce n'est pas le seule socialiste obligé de privatiser, on oublie souvent les attaques du marché aux économies fragilisées par une dette trop importante, et le mantien des taux au crédit trop élevées est une mesure néo-libéral aussi. . La politique de Lula est très proche de celle du FHC, et si le PT n'a pas fait de coalition avec les partis de droite (devenus depuis 21 ans de soutien à une dictature d'extrême-droite sans broncher) des partis d'appoint aux deux principaux partis nationaux, les deux de gauche), le scandale du "Mensalão" n'était qu'une tentative malheureuse de faire une coalition sous-table. C'est un problème cette fragilité de la droite, d'abord parce que la démocratie demande l'alternance, et d'autre la droite fonctionne sur la base d'un populisme régional délétère, genre Garotinho et Rosinha ou une ribambelle de politiciens nordestins clientelistes . Je trouve que pour une fois dans son histoire le Brésil a eu 4 gouvernements compétentes, dans le sens que de toute façon les projets politiques sont voués à l'échec, mais ils peuvent faire avancer, et le Brésil de 2008 ne ressemble pas à celui de 1994. ps. Je suis pour la bourse famille