Cette année, le Brésil fete la France, mais depuis 2005, année de la France au Brésil, une poignée d’irréductibles de tous bords, fascinés par le pays de “l’ordre et du progrès”, continue de le célébrer à Paris. C’est notamment le cas de l'association Autres Brésils, dont le site internet donne des nouvelles différentes du pays, délibérément sociales, et de terrain, en reprenant les rares articles de la presse brésilienne s’ intéressant à ces thématiques ou le travail de confrères, jetez-y un oeil : www.autresbresils.net
. Il y a cette semaine une raison de plus de s’y intéresser, avec la cinquième édition du festival "Brésil en mouvements", qui a lieu du 16 au 21 juin, à Confluences, Paris 20 arrondissement. De mon Rio de Janeiro, je suis loin, mais je tiens à signaler cette semaine de projections de films documentaires et de débats qui reviennent sur les questions urbaines, l'agriculture durable, les systèmes pénitenciers. Cela peut sembler loin, mais comme le Brésil et l’Amérique Latine en général font preuve d’ une créativité politique qui manque en Europe, cela vaut le détour. Le temps d’une discussion avec des membres de mouvements sociaux, des artistes, des réalisateurs, et des militants associatifs on peut puiser des idées pour rénover le débat dans l’hexagone. Ce mardi soir, à 21 heures, on y discutera notamment le role croissant du secteur agro-industriel, capital quand on se souvient que le Brésil est le grenier du monde (quid des OGM et des menaces sur la biodiversité ? où en est l’ accès à la terre ?). Demain mercredi à 21 heures, c’est le monde fascinant des mégalopoles brésiliennes et en contrepoint des grandes villes françaises qui sera examiné et en particulier le rejet des classes populaires (volontiers étiquetées dangereuses) dans des périphéries ou la présence de l’Etat se résume de plus en plus à la répression. Le transport, les difficultés d'accès à l'emploi, aux universités ou aux activités culturelles sont à cet égard des thèmes clefs, d’ un coté ou de l’autre de l’ Atlantique.Jeudi, un coup de projecteur sur la politique migratoire européenne, les Brésiliens découvrant avec effroi les difficultés d’entrer sur le Vieux continent, surtout depuis l’adoption en 2008 par l’Union Européenne de la « directive retour ». Les lecteurs de ce blog en savent quelque chose, vous souvenez-vous de l’histoire de l’universitaire de Bahia bloquée à Roissy ? (http://www.mediapart.frhttp://blogs.mediapart.fr/blog/lamia-oualalou/220409/lancement-de-l-annee-de-la-france-au-bresil-changer-d-image-oui-mais)Vendredi, ce sera un débat autour des mouvements populaires, avec la question cruciale de la réforme agraire, et au-delà. Le Brésil est à cet égard un des pays les plus injustes du monde (seul le Paraguay fait pire en termes de distribution de la terre), mais aussi un des plus inventifs, avec la naissance, il y a 25 ans, du mouvement des paysans sans terre (MST). Je vous invite à les connaitre (ils seront présents à la discussion), car ce mouvement est fascinant par sa capacité à réinjecter de la formation politique là où les élites et les médias ont bien travaillé au lendemain de la chute du mur de Berlin, pour répandre l’idée que liberté des échanges commerciaux rimait avec liberté tout court. Et ce week-end, ce sera de la musique et un bel apéro, allez-y nombreux !La programmation complète du festival est à retrouver au lien suivant : http://www.autresbresils.net/IMG/pdf/Prog_BEM09.pdfBillet de blog 16 juin 2009