Rio de Janeiro interdit les «bracelets du sexe»

A priori, ce sont de petits bracelets comme tous ceux qu’on porte à l’adolescence. On les trouverait même mignons. Multicolores, en silicone, ils ont envahi les cours des lycées. Depuis quelques semaines pourtant, les parents préoccupés découvrent que l’arc-en-ciel a une signification particulière.

A priori, ce sont de petits bracelets comme tous ceux qu’on porte à l’adolescence. On les trouverait même mignons. Multicolores, en silicone, ils ont envahi les cours des lycées. Depuis quelques semaines pourtant, les parents préoccupés découvrent que l’arc-en-ciel a une signification particulière. Selon une mode née en Angleterre et arrivée on ne sait comment au Brésil fin 2009, les bracelets ont donné naissance à un jeu : si un adolescent tire sur l’une des couleurs, le porteur du bracelet est obligé de s’exécuter. Le jaune déclenche une embrassade, le noir, l’acte sexuel. Des communautés internet sur Orkut et Facebook réunissent des dizaines de milliers d’adolescents, dont tous ne perçoivent pas la portée de la mode. Les bracelets jouent aussi le rôle de « curriculum sexuel » des adolescents : une jeune fille qui a déjà fait l’amour le fait savoir en arborant un bracelet noir.

 

La prolifération a commencé à inquiéter parents et éducateurs, qui se déchiraient sur l’opportunité d’interdire ou nom le port de ces bracelet dits « de l’amitié ». Un drame, il y a quelques jours, à Londrina, une ville du sud du Brésil, a accéléré les conclusions. Une gamine de 13 ans a été violée, probablement sans comprendre ce qu’impliquait le port d’un bracelet noir. La mort, après viol de deux autres femmes, est sous le coup d’une investigation dans l’Etat d’Amazonas.

 

La mairie de Rio de Janeiro vient de décider de prendre les devants, en interdisant le port de ces bracelets dans toutes les écoles, collèges et lycées municipaux. Dans la foulée, le nouveau règlement interdit le port de la casquette et l’utilisation de téléphones portables et d’appareils électroniques comme les MP3 en salle de classe. Un mélange de prohibition qui a pour objectif de « dédramatiser » le thème de bracelet, tout en n'affrontant pas le véritable débat, celui de l’éducation sexuelle, qui laisse souvent à désirer dans les établissements publics. Le Brésil est, à cause du climat de violence ou par ignorance, l’un des champions du monde des maternités précoces. Et il suffit de voir des gamines de moins de dix ans se trémousser sur des airs de funks aux paroles plus qu’explicites pour avoir des frissons.

 

Pour les curieux, le code des couleurs est le suivant. Jaune : embrassade ; Rose : montrer ses seins ; Orange : mordre avec douceur ; Pourpre : un baiser avec la langue ; Rouge : faire une danse érotique ; Vert : faire un suçon ; Blanc : la fille décide ; Bleu : la fille fait du sexe oral ; Rose-clair : le garçon fait du sexe oral ; Noir : l’acte sexuel ; Doré : tous les éléments cités ci-dessus…

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