La TPM, concept exclusivement brésilien

En début de semaine, à la sortie de l’avion, de retour d’un voyage éclair à Sao Paulo, l’hôtesse de l’air distribue un petit carton, sur lequel est accroché un chocolat, avec au-dessus, l’inscription : « irritée, anxieuse, sensible ? ». Ils n’ont pas osé ? Eh si ! Il suffit d’ouvrir le carton pour trouver l’explication de cette sollicitude : il s’agit d’une publicité pour un médicament, pour contrôler les symptômes de la TPM, comprenez la « tension pré-menstruelle ». En France, les hommes ayant le mauvais goût de mettre la mauvaise humeur d’une femme sur le compte de l’approche des règles sont traités de machos et goujats. Ici, ils sont tout simplement compréhensifs ! Le Brésil a carrément institutionnalisé l’expression de TPM, fièrement revendiqué par les femmes. Il est commun de voir ici une femme mettre fin à une conversation agaçante d’un « ne m’énerve pas, je suis en TPM ». Le concept a même donné lieu à une revue féminine, une sorte de Cosmopolitan local, pour une fois drôle (les revues féminines manquent terriblement d’humour ici, qu’elles parlent de mode ou de sexualité). Faut-il voir dans cette TPM glorifiée une nouvelle expression de la féminité, de la maternité conquérante – un ventre rond ouvre toutes les portes ? En tous, cas, la TPM fait partie, aux côtés du football, de la feijoada, et de la samba des caractéristiques typiquement brésiliennes qui n’en finissent pas d’épater le visiteur.

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