La comparaison peut sembler de mauvais goût, c’est l’ONG Reporter Brasil qui l’a faite, la semaine dernière, quand le nombre de civils palestiniens tués par l’armée israélienne a atteint le nombre symbolique de 1000. Au Brésil, tous les ans, 50 000 personnes tombent sous les balles. Un niveau de violence inouï qui frappe toujours les mêmes populations : pauvres et marginalisées, vivant dans des favelas qui sont parfois des ghettos, à la merci des balles de la police, qui au nom de la sécurité des « gens de l’asphalte » (ceux qui vivent dans la ville, où les route sont goudronnées), entrent en tirant, tuant sur leur passage femmes, enfants, vieillards, où jeunes noirs, nécessairement enclins à la délinquance. La comparaison explique sans doute pourquoi la cause palestinienne trouve autant un écho dans la classe moyenne (tous les journaux ont suivi les attaques avec attention, mettant en une la photo des corps sans vie de dizaines d’enfants), tout en laissant indifférent les plus pauvres. Finalement, Gaza est ici, une violence sans contrôle, une injustice répétée, et l’impunité toujours.. Le chanteur Jorge Aragão décrivait ce quotidien récemment dans une belle chanson, « O Iraque é Aqui », « l’Irak, c’est ici » quand les troupes américaines ont commencé à occuper l’Irak.. Reporter Brasil profite de l’actualité de Gaza pour publier les chiffres de l’ONG Huwan Right Watch, en particulier la partie dédiée au Brésil (http://www.hrw.org/sites/default/files/related_material/brazil.pdf) : 50 000 morts tous les ans, donc, 4 personnes par jour tuées par la police dans l’Etat de Rio de Janeiro dans ce que les autorités appellent des « actes de résistance ». Les avocats démontrent pourtant qu’ils n’ont de résistance que le nom. Les adolescents massacrés le sont en général d’une balle dans la nuque. Ce sont des exécutions. Quand ce n’est pas la police, ce sont des milices (corps paramilitaires), qui prennent le relais. Dans l’intérieur du pays, c’est parfois pire. Les batailles autour de la terre ont provoqué la mort d’au moins 28 personnes selon la commission pastorale de la terre, alors que le travail esclave perdure dans les fazendas reculées. Dans les prisons, où la population carcérale explose (440 000 personnes) les conditions de vie sont inhumaines et la torture est chose commune. Le Brésil a d’importantes ambitions internationales, et légitimes, comme celle d’être mieux représenté à l’ONU. Mais il est urgent qu’il prenne au sérieux une violence qui vire souvent au génocide dans toute une classe d’âge.
Billet de blog 20 janvier 2009
Au Brésil, chaque année, 50 Gaza
La comparaison peut sembler de mauvais goût, c’est l’ONG Reporter Brasil qui l’a faite, la semaine dernière, quand le nombre de civils palestiniens tués par l’armée israélienne a atteint le nombre symbolique de 1000. Au Brésil, tous les ans, 50 000 personnes tombent sous les balles.