Candidats pervers

Le métier des gens qui prétendent à être élus est de nous éviter les catastrophes. Nous, électeurs, pensons à bon droit qu'ils ont puissamment réfléchi à l'état de notre société dans ses composantes intérieures et extérieures.

Qu'ils ont vu où le bât blessait et avaient des solutions de rembourrage.

Qu'ils avaient anticipé les conséquences de certaines situations qui mènent aux affrontements internes ou à la guerre et qu'ils savaient comment corriger la "résistible ascension d'Arturo Ui".

Qu'ils savaient comment équilibrer ou déséquilibrer un budget en fonction des investissements nécessaires au futur.

Qu'ils savaient comment créer les conditions pour préserver la paix sociale.

En somme, qu'ils connaissaient le métier auquel ils aspiraient, comme eux-mêmes l'exigent de la part de leur boulanger ou de leur plombier.

Badaboum ! Nous avons affaire à des psychopathes qui mentent sur leurs compétences et qui font assumer par d'autres leurs choix imbéciles.  

Les compétences qu'il faut leur reconnaître sont celles qui leur ont permis d'accéder au pouvoir et de tirer des bilans positifs de leurs actions nocives.

De temps en temps, on en entend un qui déclare que "La maison brûle et nous regardons ailleurs !", mais qui s'empresse d'oublier son propre avertissement.

Mais la plupart du temps ce sont des phrases du genre "Contre le chômage on a tout essayé !". Les menteurs !

Il y en a, rares, qui font correctement leur métier et qui se démènent pour la semaine de 40 heures, les congés payés ou la sécurité sociale, c'est vrai. Mais leurs successeurs attendent patiemment leur tour pour détricoter les conditions de confort ainsi obtenues.

Il ne faut pas minimiser les difficultés rencontrées : servir de tampon entre les cupides et le reste de la population n'est pas un mince boulot. Mais ils nous disent qu'ils savent comment faire. Et nous, bonnes pommes, nous les croyons. Alors que leur avidité pour le pouvoir n'a d'égale que l'avidité de nos adversaires pour la richesse démesurée. Entre avides, on copine et on s'arrange.

Tout ça pour dire que dans ma primaire personnelle j'ai choisi celui qu'on taxe de mégalomanie plutôt qu'un psychopathe et que je déposerai, sans rêver, un bulletin pour  Mélenchon puisque je ne peux pas déposer un bulletin contre tous les autres.

Larbi benBelkacem

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