Une indignation sans révolte n'est qu'un état d'âme.

Je ne suis pas politologue, même au bistrot. Je ne sais pas additionner les scores de chaque candidat potentiel et établir une tactique électorale. Je n'ai aucune idée de la stratégie politique idéale et ne sais même pas s'il en existe une.

Je sais que j'ai envoyé des propositions lors de l'élaboration du programme insoumis. Je sais que j'ai envoyé, et que j'envoie encore des contributions aux livrets thématiques. Je sais que je fais partie d'un groupe de soutien France Insoumise.

Je sais que l'expression "Peuple Souverain" dans la bouche de ceux qui nous ont menés là où nous sommes est un mensonge. Qu'il existe des princes, des barons, des vassaux et des vavasseurs. Je ne veux pas leur disparition mais que tous aient un suzerain : le peuple.

Le programme des Insoumis (ainsi que les livrets thématiques) est porté par Jean-Luc Mélenchon. Après tout, pourquoi pas ? Celui-ci est désagréable avec les cupides et leurs valets et ça me comble d'aise. Et je ne suis pas le seul.

La vengeance n'est pas mon moteur, je ne souhaite pas de punition à appliquer aux cupides mais simplement établir une juste répartition des fruits de la production de richesses. La vengeance consisterait à leur imposer un poste de travail et d'exiger la même rentabilité que celle qu'ils ont demandée.

Je connais son passé, comme le passé des autres candidats ministériels qui se réclament de la gauche. Le sien, à mon sens est le moins pourri, juste un peu tavelé par rapport aux autres. Je ne pense pas qu'il soit un homme providentiel mais il porte notre programme et j'élis un programme, pas une femme ou un homme. Ce programme prévoit, dans la nouvelle constitution, qu'un élu sous la constitution précédente ne sera pas éligible. Et ça me convient tout à fait. Que Jean Luc Mélenchon ne soit plus éligible dans l'avenir ne m'attriste pas.

Il nous revient, à nous électeurs, d'introduire un sens moral dans la désignation de nos représentants et de faire fi (pardon pour le jeu de mots) des calculs d'appareils et des consignes de vote. Les partis ont failli faute de cette morale. Les partisans des autres candidats sont assez malins (ou pas) pour décider de leur vote. S'ils veulent Marine Lepen, ils l'auront.

Et s'ils se portent sur Jean-Luc Mélenchon, ça m'ira bien.

Larbi benBelkacem

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