Vous sauvez les baleines, pas les jeunes ?

 Les nouveaux esclaves du travail, ça existe chez nous et en toute impunité, cela s’appelle les stagiaires.

 « Le 31 décembre 2012, claire a arrêté les stages. Elle venait d'en effectuer neuf d'affilée. Un an et demi de présence en pour une gratification totale de 600 euros, deux carnets de Ticket Restaurant et deux remboursements partiels de titre de transport. Sur le site d’une association, raconte Claire, on a vu un appel à sauver les baleines. Et une offre de stage de six mois ou un an payé 430 euros. Je leur ai envoyé un e-mail : Vous sauvez les baleines, pas les jeunes ? ». « Claire, 24 ans, neuf stages d'affilée, et rien au bout » (LE MONDE 21/02/2013)

600 euros pour 18 mois de travail, enfin de stage, soit 33 euros par mois, soit 1,50 euros la journée de travail.

A 24 ans, avec son master de journalisme, Claire a pourtant donné de sérieux coups de main dans une antenne locale de radio, un site Web d'actualité environnementale, un hebdomadaire d'information générale, deux quotidiens régionaux, deux quotidiens nationaux. "C'EST SOIT ÇA, SOIT LE CHOMÂGE", dit-elle.

En radio, son stage s'est arrêté un jour avant les deux mois qui auraient contraint l'entreprise à lui verser les 436 euros prévus par la loi. C’est toujours Claire et c’est en France.

« Bien que l’âge légal pour travailler soit de 14 ans, nombre de ces enfants sont exploités et parfois livrés en pâture à des employeurs sadiques payés 10 euros par mois. C’est de l’esclavage » (Libération 03/04/2010), là, c’est au Pakistan.

"On ne peut rien dire, rien demander, sinon on se grille... On est tellement dans la dèche qu'on est heureux d'avoir des tickets resto ! C’est toujours Claire et c’est en France.

« Le droit du travail n’autorise que 36 heures supplémentaires par mois. Mais cela est très peu respecté, et  beaucoup de contrats contiennent une clause qui précise que les heures de travail sont “flexibles” ». (RUE89 21/04/2011), là, c’est en Chine.

« Elle s'en doutait bien, les missions accomplies comme stagiaire auraient dû échoir à un salarié. "On nous fait d'ailleurs passer un entretien pour le stage. Le chef du service international d'un quotidien m'a expliqué que son service ne pouvait se passer de stagiaires, qui se succédaient sans que le délai de carence légal soit respecté." C’est toujours Claire et c’est en France.

Inutile d’aller rechercher au Pakistan ou en Chine, les nouveaux esclaves du travail!

C’est vrai que la survie des baleines ça fait bien dans le décor associatif, mais pour la survie de nos jeunes ?

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