Macron le disruptif

Macron utilise dans son langage des mots inusuels et inusités.

L'un d'eux est disruptif.

En ce qui concerne la définition, il y a des bagarres.

Il parait que disruption appartient à TBWA...

J"utiliserai donc disruptivité.

Pour l'électricité : Qui se produit avec soudaineté et s'accompagne d'une étincelle.

Point de vue métaphysique : Qui tend à une rupture.

L'ontologie du mot est donc violente, soudaine et promesse de choses surprenantes et/ou non prévisibles.

Dans ce mot il y a rupture, d’un point de vue symbolique en politique, on comprendra rupture avec le schéma ancien, antérieur avec un hypothétique nouveau schéma inconnu.

Rupture pour casser d’anciens schémas et en créer de nouveaux.

La question est posée ; Macron est-il disruptif ?

En apparence, il semble bien que sa présence en quelques mois lui permettant d ’accéder à la fonction présidentielle en soit une réponse.

Si effectivement, Macron semble casser des schémas, il faut revenir à la réalité.

La gravité impose à Macron la même pesanteur qu’à tout être humain.

On pourrait considérer qu’il est disruptif en ce sens qu’il est pressé d’arriver à son but.

Mais le connaît-il vraiment, son but ?

Macron a beau dire qu’il veut le bien commun des Français, ma réalité tient à sa loi sur l’accès au conseils des prud’hommes qui a fait chuter de 40 % les demandes des salariés et est donc un cadeau objectif aux entreprises et aux patrons.

En mathématiques, on s’intéresse aux aspects continus et aux aspects discontinus.

Les distributions ont permis aux banques de découper le temps en secondes, puis en millisecondes et microsecondes permettant de simuler le fonctionnement d’une bourse et de maximiser les profits.

C’est certainement en ce sens que Macron sera le plus disruptif.

Il n’y a pas de violence en apparence , mais d’un seul coup en un an, Hollande et Macron ont réussi pour les Prud’hommes ce que la droite n’aurait jamais espéré.

Macron sait le sens des mots, et lorsqu’il parle de disruptivité, ce n’est pas au hasard.

Sous des assertions triviales, il veut modifier profondément l’économie et le monde du travail, alors qu’il ne sait même pas ce que donneront ses ordonnances comme résultat.

Qui peut imaginer lorsqu’il parle de simplification, que le but est la simplification.

On nous a fait plusieurs fois le coup, avec la loi CENSI en 2005 par exemple, pour les enseignants du Privé, alors que la volonté était un cadeau aux patrons de l’enseignement privé et non un souci de simplification puisqu’il en résultat des saisines multiples de CPH, cours d’appels et cassation et même du conseil constitutionnel.

Il en sera de même pour les décrets que Macron veut prendre.

Aucune réflexion d’ensemble ne sera envisagée et un ou deux ans plus tard la cour de cassation expliquera à M Macron, que des principes constitutionnels s’opposent à ses décrets.

Alors, continuité ou disruptivité ?

Quelques moments de disruptivité entre une continuité de bon aloi ?

 

Le temps nous le dira.

 

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