les sentiments vis à vis des réfugiés en Hongrie

Le sentiment anti réfugiés est relativement fort en Hongrie ,cependant moins qu'en Tchéquie ou Slovaquie et une majorité reste ouverte aux solutions européennes malgrè les campagnes du gouvernement

Vasárnapi Hírek    aprílis 9  2016

(Nouvelles du Dimanche) (article de SZűcs Ágnes)

 

LA HAINE DES ETRANGERS  BOUILLONNE CHEZ NOUS

 

Les hongrois détestent massivement les réfugiés :ni le danger de mort ,ni la faim ne sont une raison pour les accueillir

Le sentiment xénophobe est fort dans notre société mais ce n’est nullement nous qui  redoutons le plus les réfugiés.De surcroît ,la société hongroise est ouverte aux propositions de solution de la crise des réfugiés au niveau de l’union européenne.

Ceci ressort des données les plus fraîches des études sur la peur des migrants et la xénophobie menées par l’institut de recherche sur la société TARKI.

« Notre collecte de données montre deux images instantanées :la première concerne l’état à la mi octobre ,quand il y avait encore des réfugiés en Hongrie mais  les frontières étaient déjà fermées et l’expérience de leur passage était fraîche.

Ensuite il y a eu l’attaque terroriste à Paris puis les harcèlements sexuels en masse lors de la saint Sylvestre à Cologne .C’est probablement sous leur effet qu’a augmenté de façon drastique la xénophobie dans la société en janvier » -a expliqué Simonovits Bori , l’analyste en chef de TÁRKI .Ainsi au début de 2016 ,53 % des gens disaient qu’ils n’autoriseraient personne à entrer dans le pays.

 Il est remarquable qu’en janvier déjà ,les causes incitant à la migration ne touchent pas ,n’émeuvent pas  la société .Alors qu’en Octobre ,52% des gens étaient d’accord pour dire qu’il faut accueillir ceux qui viennent  des zones de guerre , 50% attendaient avec sympathie ceux qui fuyaient la famine et les catastrophes naturelles ,au début de l’année ces proportions sont descendues respectivement à 34 et 35 .

« Dans l’enquête actuelle ,non seulement nous avons demandé qui faut il laisser entrer ,et qui ne faut il pas ,mais nous avons examiné aussi la peur et le sentiment de menace » -nous a dit Simonovits Bori .L’une des dimensions intéressantes de tout cela est le « chauvinisme de l’aisance » (référence à l’Etat Providence) , sur quoi la fameuse (au sens péjoratif)  campagne d’affiches du gouvernement a joué.

« L’idée essentielle est que les membres de la société majoritaire craignent qu’une minorité leur enlève les biens qu’ils ont produit ,surtout les biens économiques .En simplifiant ,la peur que les migrants prennent le travail des hongrois » ,ainsi  a précisé l’idée le chercheur .En outre il est possible d’étendre cette opinion aux facteurs culturels et au mode de vie

En relation avec la xénophobie , apparaissaient 4 facteurs en parallèle  :le statut social , le lieu d’habitation , l’appartenance politique , le fait d’être concerné personnellement « Les gens instruits sont en général plus tolérants vis-à-vis des migrants alors que les groupes socialement défavorisés-les gens de statut social faibles ,qui de façon caractéristique  restent éloignés de la politique ,qui n’ont pas d’existence autonome ,sont xénophobes et ont  plus peur d’eux (les migrants)  » -a souligné S.Bóri.

L’appartenance politique était liée significativement à la xénophobie .Dans le cas des électeurs du Jobbik le niveau du rejet est particulièrement élevé (4,4 points sur une échelle de 7 points) , chez les fidèles du Fidesz il est élevé (4,3) ,ceux du MSZP 3 (MSZP= Parti Socialiste) ,niveau de rejet en dessous de la moyenne.

A Budapest et dans la région de l’Alföld du Sud ,où les réfugiés ont circulé en plus grande proportion ,selon les constats des chercheurs la xénophobie et la peur étaient plus élevées.En même temps ,l’effet des contacts sociaux et des connaissances personnelles est en relation avec ce qui est dit plus haut.

« Chez ceux qui dans les 12 mois précédant l’enquête n’ont rencontré des réfugiés ou des migrants qu’indirectement ou brièvement , le sentiment de peur était plus important .Chez ceux qui avaient une connaissance personnelle , une relation de qualité avec n’importe quel groupe étranger ,nous avons mesuré un niveau plus bas de peur. »-a souligné l’analyste de TARKI ,soulignant que les résultats confirment la théorie psychosociologique selon laquelle une relation « de qualité » avec des membres d’une minorité peut atténuer les préjugés.

Parmi les pays du groupe de Visegrad ,les tchèques et les slovaques sont les plus « rejetant » Eux s’opposent à la politique commune de l’Union ,alors que l’opinion hongroise soutient les mesures de niveau européen .Ainsi que le souligne Simonovits Bori la réthorique gouvernementale n’est pas tout à fait en accord avec l’opinion générale  «en septembre dernier ,au moment de la dernière enquête de l’Union ,70% (des hongrois) soutenaient le système de quotas alors que la moyenne européenne était de 74% »

 

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