On sait, on a déjà vu ça

Démultipliée à l'infini sur la toile par la magie des algorithmes, une photo «bouleverse le monde» et on sait déjà que ça ne changera rien. On sait.

On sait, on a déjà vu ça. Démultipliée à l'infini sur la toile par la magie des algorithmes, une photo «bouleverse le monde» et on sait déjà que ça ne changera rien. On sait.

Car c'est par une photo que «le monde» se laisse bouleverser, et non par les faits en eux-mêmes, pourtant parfaitement documentés, dont «le monde» a déjà connaissance et dont «le monde» s'accommode, en réalité.

 

On sait, on a déjà vu ça et on a compris que «le monde» n'apprend(ra) rien, à travers ces photos vedettes mainstream, de ces milliers et milliers de morts en migration.

Parce que les migrations sont le fait d'enjeux humains, politiques et économiques avant d'être le siège de nos petits bouleversements émotifs 2.0 à peu de frais. Et que c'est pas demain la veille que «le monde» renoncera à ses privilèges.

On sait, on a déjà vu ça et on le reverra.

Que la terre leur soit légère.

Capture d'écran d'une publication Fessebouc de l'Echo, 26 juin 2019. Capture d'écran d'une publication Fessebouc de l'Echo, 26 juin 2019.

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