Laura Lemmetti
Abonné·e de Mediapart

1 Billets

0 Édition

Billet de blog 4 mai 2021

La dégradation du milieu du spectacle n'est pas à cause de l'épidémie!

Quel sera le destin des travailleurs du spectacle ? Comment se défendre contre les abus et ne pas avoir peur de ne plus travailler si on dénonce une irrégularité ? Comment s'affirmer autant qu'artiste ou technicien dans un milieu où une restreinte poignée des personnes monopolise les peu des projets en cours ? Quelle espoir d'évolution dans notre carrière ?

Laura Lemmetti
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

C'est l'heure de se réveiller.. En ce dimanche 2 Mai. 

Je m'adresse aux artistes, connu-es et célèbres surtout, parce que leurs voix ont plus d'impacts que la voix des travailleurs de l'ombre.

Chère Célébrité, j'espère ne pas trop chambouler ton dimanche, chers artistes du spectacle, techniciens...

Hier vous étiez comme moi à la manif ? pourquoi ? 

Je ne m'attends pas une réponse de ta part, ni un soutien mais je caresse l’espoir d’être lue sans passer pour autant pour la chieuse du jour.

Je comprends, chère célébrité, cher artiste ou technicien, tu subis probablement comme moi les mêmes ambages de ce système...Tu en fais partie... Tu crains de perdre ton poste, ton réseau, les bénéfices que ce système t'apporte pour garder le prestige, les avantages de ta position de femme ou d’homme de spectacle.. tu descends à compromis.

Conciliant-e, enthousiaste, disponible, avenant-e selon si l’on est backstages ou sur le devant de la scène. Derrière ces mots tout type de pratique : exploitation, conditions de travail au delà de la légalité, harcèlement moral et sexuel.

Ce monde chère célébrité, n'est pas fait que de personnes connues, si vous existez c'est grâce aussi à toute l'armée de gens travaillant dans l'ombre et qui aujourd'hui galère pour trouver du boulot, se soumettant à des conditions de travail qui se dégradent devenant humiliantes pour grimper les marches et briller ou pour juste manger.

Confucius écrivait : « Choisis un travail que tu aimes et tu n'auras pas à travailler un jour de ta vie »

Quel sens a encore cette phrase ? 

Aujourd'hui elle prends le goût d'un sketch comique.

Je choisi mon métier, il a été mon combat contre ma famille, qui me voyait plutôt femme au foyer, il a été une lutte pour m'affirmer, une défiance pour gagner ma vie... 

Aujourd'hui on me vire et on ne me fait plus travailler sur un projet « prestigieux » avec une personne très connue du cinéma, Parce que j'ai dis non à des heures supplémentaires non payées et j'ai dû batailler et m'imposer, pour récupérer la misère salaire négociée.

Mais la chose plus humiliante est qu'on me fait sentir en défaut, que je devrais me démontrer encore plus conciliante et pas une syndicaliste en temps de Covid..

Souviens-toi chère célébrité, ton succès dépend aussi de ceux qui en toute modestie ont pu sublimer ta prestation. 

Est ce que tu arrives à vivre avec cette responsabilité et vérité ? Vraiment tu n'as rien vu arriver ? Dire bonjour à ton équipe le matin ne veux pas dire que tu la respectes... As tu une idée de leurs conditions de travail ? Tu te sens ok avec ça ? Parce que ton silence est assourdissant.. ça rappelle le même déni de qui affirmait ne pas savoir l'existence des camps de concentration..

Excuse-moi, oui, peut-être c'est fort cette comparaison, mais tu vois un système pervers s'impose, quand on tourne le regard ailleurs, croyant que ça nous concerne pas.

Excuse-moi d'être si dure avec toi, tu as sans doute aussi tes galères mais cher artiste, cher technicien nous devons cesser de cautionner ces pratiques même au travers de ce mutisme ambiant. 

Je ne veux plus me faire humilier, je ne céderai plus jamais à la concession de mon intégrité professionnelle que je valoriserai toujours avec dignité et passion. 

Je préfère choisir un autre métier, celui qui apporte des fruits et non pas chagrin et dévalorisation.. mais est-ce que ça existe aujourd'hui ?

J’intensifie la voix, moi qui n'ai rien, je viens d'un joli coin d'Italie je ne m’attendais pas à subir les mêmes injustices dans un pays comme la France.

« Je ne suis rien, disait Victor Hugo, mais je compose avec ce rien avec petit un morceau de tout » 

Ce tout chers artistes, célébrités, techniciens, c'est nous ! Il est temps pas d'être écouté, mais de nous réveiller de nos illusions!

Aujourd'hui je n'ai plus rien à perdre.. je lève la voix même au coût de faire les noms et les prénoms.

Chère Célébrité, cher artiste ou technicien qui tournent la tête faisant semblant que cela ne vous concerne pas, je te dis une vérité : l'image et l'intégrité de ton travail ne dépendent pas que de ton talent, mais de toutes les personnes qui travaillent autour de toi.

Donc cher artiste, cher syndicaliste aussi, quand tu dresses l’étendard de la protection fais le au profit de la culture, pas pour ton image, pas par profit. 

Je suis longue et chiante je sais.. encore une fois je te demande l'impossible.. et je me retrouve seule à hurler contre vent (lol) 

Cher artiste, avant de revendiquer tes droits, avant de te soucier de ton image, pense à combien de fois tu renonces à être en fonction d'un système qui ne veut pas ta liberté, mais ta soumission à des règles et des coutumes qui ont plus l'air de s’appeler mafia.

C'est dimanche, il fait beau, j'espère avoir ouvert une brèche de quelque part.. au moins pour te faire comprendre que ta célébrité, ton être artiste, ton expertise sont en danger comme ton être une personne digne.

Laura , costumière de cinéma et théâtre.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — France
La visite du ministre Lecornu a renforcé la colère des Guadeloupéens
Le barrage de La Boucan est l'une des places fortes de la contestation actuelle sur l’île. À Sainte-Rose, le barrage n’est pas tant tenu au nom de la lutte contre l’obligation vaccinale que pour des problèmes bien plus larges. Eau, chlordécone, vie chère, mépris de la métropole... autant de sujets que la visite express du ministre des outre-mer a exacerbés.
par Christophe Gueugneau
Journal — France
L’émancipation de la Guadeloupe, toujours questionnée, loin d’être adoptée
Alors qu’une crise sociale secoue l’île antillaise, le ministre des outre-mer, Sébastien Lecornu, a lâché le mot : « autonomie ». Une question statutaire qui parcourt la population depuis des années et cristallise son identité, mais qui peine à aboutir.
par Amandine Ascensio
Journal — France
Didier Raoult éreinté par son propre maître à penser
Didier Raoult défend un traitement inefficace et dangereux contre la tuberculose prescrit sans autorisation au sein de son institut, depuis au moins 2017. Le professeur Jacques Grosset, qu’il considère comme son « maître et numéro un mondial du traitement de la tuberculose », désapprouve lui-même ce traitement qui va « à l’encontre de l’éthique et de la morale médicale ». Interviewé par Mediapart, Jacques Grosset estime qu’il est « intolérable de traiter ainsi des patients ».
par Pascale Pascariello
Journal — International
Variant Omicron : l’urgence de lever les brevets sur les vaccins
L’émergence du variant Omicron devrait réveiller les pays riches : sans un accès aux vaccins contre le Covid-19 dans le monde entier, la pandémie est amenée à durer. Or Omicron a au contraire servi d’excuse pour repousser la discussion à l’OMC sur la levée temporaire des droits de propriété intellectuelle.
par Rozenn Le Saint

La sélection du Club

Billet de blog
Pour une visibilisation des violences faites aux femmes et minorités de genre noires
La journée internationale des violences faites aux femmes est un événement qui prend de plus en plus d'importance dans l'agenda politique féministe. Cependant fort est de constater qu'il continue à invisibiliser bon nombre de violences vécues spécifiquement par les personnes noires à l’intersection du cis-sexisme et du racisme.
par MWASI
Billet de blog
Effacement et impunité des violences de genre
Notre société se présente volontiers comme égalitariste. Une conviction qui se fonde sur l’idée que toutes les discriminations sexistes sont désormais reconnues et combattues à leur juste mesure. Cette posture d’autosatisfaction que l’on discerne dans certains discours politiques traduit toutefois un manque de compréhension du phénomène des violences de genre et participe d’un double processus d’effacement et d’impunité.
par CETRI Asbl
Billet de blog
Pas de paix sans avoir gagné la guerre
« Être victime de », ce n’est pas égal à « être une victime » au sens ontologique. Ce n’est pas une question d’essence. C’est une question d’existence. C’est un accident dans une vie. On est victime de quelque chose et on espère qu'on pourra, dans l’immense majorité des cas, tourner la page. Certaines s’en relèvent, toutes espèrent pouvoir le faire, d’autres ne s’en relèvent jamais.
par eth-85
Billet de blog
Les communautés masculinistes (1/12)
Cet article présente un dossier de recherche sur le masculinisme. Pendant 6 mois, je me suis plongé dans les écrits de la manosphère (MGTOW, Incels, Zemmour, Soral etc.), pour analyser les complémentarités et les divergences idéologiques. Alors que l'antiféminisme gagne en puissance tout en se radicalisant, il est indispensable de montrer sa dangerosité pour faire cesser le déni.
par Marcuss