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Billet de blog 18 janvier 2026

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JOURNAL D'UNE ÉVADÉE / 2 : Vers de nouveaux liens. Les avocats.

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La note synthèse du collectif, Stop injustice maman, "Violences masculines conjugales et post-séparation : protéger la mère c'est aussi protéger l'enfant." définit le contrôle coercitif comme le mode d'exercice habituel de la violence conjugale. Le texte définit le contrôle coercitif comme "une conduite malveillante constituée d'agissements calculés et répétés à des fins de domination et/ou de destruction". Pour approfondir la réflexion je vous renvoie à la lecture de cette note de synthèse sur la chaine du comité de soutien à la PPR1977 ici : https://www.youtube.com/watch?v=ch5cu6xDsEY. Ou bien à l'ouvrage d'Andréa Gruev-Vintila : "Le contrôle coercitif au coeur de la violence conjugale"  

Vous l'aurez bien compris je ne sais pas à l'heure actuelle ce que sont devenues mes plaintes. Je n'ai reçu pour l'instant aucune notification de classement sans suite. La procédure au civile déclenchée par Monsieur suit son cours. Cela fait bientôt deux ans que notre enfant a dénoncé des viols incestueux et Monsieur n'a pas encore été entendu. Ce statut quo est difficilement supportable. Il y a bientôt deux ans lorsque Wyatt a parlé il l'a fait en chuchotant après m'avoir demandé de me cacher avec lui sous les draps, nous étions éclairés par mon téléphone portable. Il a clôt ses révélations ainsi: « Maintenant c'est finit cette histoire de papa ». Et le lendemain il m'a demandé de ne plus mentionner son père. W. se réveille encore la nuit, il se dresse assit sur son lit, il lui faut quelques instants pour comprendre qu'il est en sécurité et il se rendort instantanément après avoir entendu ma voix. Avant dans son sommeil il gémissait, se débattait. Il cauchemardait en sueur. Avant la première visite médiatisée j'ai dit à W. « Samedi tu vas voir papa ». Il m'a répondu : « Non je ne suis pas prêt ». Puis le lendemain : « Maman c'est bon j'ai plus peur de lui. Il peut plus me faire de mal ». Monsieur avant notre séparation tentait de me convaincre que W. me mentait sur des choses banales, qu'il me manipulait pour s'assurer de mon amour, ou encore qu'il exagérait quand il disait que son père le tapait. Des scènes bien entendu auxquelles je n'ai jamais assistées. Monsieur a fait croire à notre fils que j'allais l'abandonner s'il parlait, puis quand il a vu que cela ne suffisait pas qu'il allait nous tuer et que W. devait garder le secret pour me protéger. Monsieur a sciemment joué sur nos peurs et nos doutes pour nous manipuler dans le but intentionnel de nous nuire.

Aujourd'hui je suis confrontée à une violence institutionnelle faite de lenteur administrative, de négation des violences psychologiques et de déni de notre statut de victimes sous prétexte de présomption d'innocence. Monsieur a mis en place une véritable tactique. Il veut que la procédure s'éternise pour que je m'essouffle financièrement. De nombreuses personnes parmi mes proches ou collègues s'insurgent contre mon avocate, l'accusant de pas être assez efficace et très chère. Je m'interroge moi même sur le fait qu'elle ne soit pas assez vindicative. Alors régulièrement je doute. Je l'appelle, elle est difficilement joignable et on s'engueule. On me demande régulièrement : « Qu'est ce qu'elle en pense ton avocate ? » ou « Elle doit bien avoir un avis ». Alors bien sûr je lui demande mais la vérité c'est que moins je lui parle mieux je me porte, parce que c'est pas ma pote, pas ma psy, c'est mon avocate. La vérité c'est que si elle avait une baguette magique je sais qu'elle sauverait la vie de mon fils. La vérité c'est que je l'aime bien et qu'en même temps je peux plus la blairer. J'ai placé en elle ma confiance, mais puis-je encore avoir confiance en qui que ce soit ? Est-il encore possible d'accorder sa confiance après avoir été trahis à un tel degrés ? Difficile de se fier à qui que ce soit alors que je sors à peine du brouillard et que l'enjeu est ici la reconstruction de la vie de W.

Je préfère que mon avocate ne s'implique pas émotionnellement pour ne commettre aucune erreur de jugement. Je sais qu'elle fait preuve de justesse en me rappelant que tout ce qu'il me reste à faire est de m'occuper de W. Elle n'a rien fait de mal pourtant je lui en veut déjà et la rend coupable de tout. Elle ne veut pas me faire espérer de victoire et elle a bien raison. Il n'y aura aucune victoire. Quand bien même Monsieur serait condamné ce qui est à l'heure actuelle totalement incertain voir même utopiste, rien n'effacera le mal qu'il nous a fait. Rien ne nous rendra ces années de violence endurée. Je déteste mon avocate, j'aimerai qu'elle érige une forteresse, qu'elle se lance dans une bataille, qu'elle abonde dans mon sens. J'aimerai oublier que tout ceci est insensé. Je la déteste de ne pas instrumentaliser ma peine et en même temps la soupçonne de m'arnaquer. J'ai envie de la plaquer et en même temps je l'appelle alors qu'un simple mail aurait suffit. Bref il semblerait que j'entretienne désormais une relation totalement unilatéralement passionnelle avec mon avocate. 

Force à vous les super-maman

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