Autour du Covid ou de l'art de la contradiction ou de rendre l'autre fou!

Suite aux ordres donnés par le Président et son équipe dans le contexte du Covid, voici un exemple flagrant de la contradiction des consignes données dernièrement au sein même de deux ministères : le Ministère de l'Education Nationale et le Ministère du Travail en l'occurrence, M. Blanquer et Mme Borne.

AUTOUR DU COVID OU DE L'ART DE LA CONTRADICTION OU DE RENDRE L'AUTRE FOU!

Suite aux ordres donnés par le Président et son équipe dans le contexte du COVID, voici un exemple flagrant de la contradiction des consignes données dernièrement au sein même de deux ministères : le Ministère de l'Education Nationale et le Ministère du Travail en l'occurrence, M. Blanquer et Mme Borne.

En effet, dans ce pays il existe les enseignants de l'Education Nationale, fonctionnaires et vacataires et tous les autres, ceux du privés, des centres de formation et notamment ceux des CFA qui dépendent notamment de Chambres syndicales de métiers ou d'artisanat et dont on ne parle quasiment jamais...

Mais pour les CFA privés, certains sont dans une situation hybride car pour les programmes de formation, les examens, diplômes et les congés "scolaires", ils rentrent dans le cadre de l'Education Nationale mais pour le reste ils demeurent sous la houlette du Ministère du Travail.

Voici les contradictions mises à jour dans le contexte du COVID à travers les directives qui viennent d'être éditées par le ministère du Travail et diffusées aux CFA, entre autres:

"Le service public de l’emploi, les organismes de formation et les centres de formation d’apprentis (CFA) poursuivront leurs missions et assureront la continuité pédagogique pendant toute la période de renforcement des restrictions sanitaires

publié le 02.04.21

Actualités de Elisabeth Borne Emploi formation en alternance Formation professionnelle

Dans cette période, l’insertion sur le marché du travail des jeunes et des personnes éloignées de l’emploi reste une priorité.

Les opérateurs chargés de la mise en œuvre des politiques de l’emploi au niveau territorial, notamment Pôle emploi, l’APEC, les Missions Locales, les Cap emploi, les opérateurs de conseil en évolution professionnelle (CEP), ainsi que l’AFPA restent ouverts et continuent d’assurer la continuité du service public pendant le confinement.

Les organismes de formation peuvent par ailleurs continuer d’accueillir les stagiaires pour les besoins de la formation professionnelle lorsqu’elle ne peut être effectuée à distance, dans le strict respect des mesures sanitaires.

Pour les centres de formation des apprentis (CFA), les modalités sont les suivantes :

- Semaine du 5 au 11 avril : les formations se tiendront uniquement en distanciel pour l’ensemble des CFA ;

- Pour les deux semaines suivantes, du 12 au 25 avril :

Pour les CFA qui avaient prévu une fermeture liée aux vacances de printemps définies par le calendrier des vacances scolaires (zones A, B et C), tous les établissements seront fermés du 10 au 25 avril (nouvelles dates de vacances scolaires pour toutes les zones) ;

Pour les CFA qui n’avaient pas prévu de fermeture pendant les vacances de printemps : les formations théoriques seront assurées à distance ; les formations pratiques se tiendront sur site (ex : formations sur des plateaux techniques).

- Pour la semaine du 26 avril au 2 mai : pour l’ensemble des CFA, les formations théoriques seront assurées à distance ; les formations pratiques se tiendront sur site.

Le ministère du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion précise que :

  • L’accueil en présentiel pourra être justifié en raison de la nature de l’activité (par exemple des formations à un geste professionnel et/ou nécessitant l’utilisation d’un plateau technique) ou des publics accueillis (notamment les personnes qui ont besoin d’un encadrement pédagogique en présentiel ou qui sont confrontées à des risques de fracture numérique) ;

  • Dans ces situations, l’accueil physique est assuré dans des conditions de nature à permettre le respect des règles d’hygiène et de distanciation, pour prévenir la propagation du virus conformément aux recommandations sanitaires en vigueur ;

  • Dans les autres cas, la formation se poursuivra à distance. Les organismes de formation et les CFA s’assurent du maintien du lien, au quotidien, avec les personnes engagées dans une formation, à travers différentes modalités (accès à des ressources en ligne ; individualisation et coaching quotidien par sms ou téléphone ; programmation en audio ou visioconférence de temps d’échanges…).

Pour garantir ce lien continu avec les stagiaires et éviter les ruptures de parcours, le ministère du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion va de nouveau mettre à disposition des organismes de formation et des CFA des ressources pédagogiques permettant d’animer des formations et d’assurer le lien pédagogique à distance.

« L’accompagnement des demandeurs d’emploi et des jeunes est plus que jamais essentiel en cette période de crise. Il faut qu’ils puissent continuer à se former ou à chercher un emploi. Pour cela, l’ensemble des acteurs du service public de l’emploi et de la formation restent pleinement mobilisés. » déclare Élisabeth Borne, ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion."

Ainsi l'illectronisme serait l'argument déterminant pour obliger les populations : professeurs et apprentis de se mettre en “danger” de par leur présence dans les locaux des CFA. Dans l'ère du tout “bénéfice-risque”, les dés sont jetés...

A noter que les populations des CFA sont certes, en majorité, des apprentis en difficulté sociale mais qui -  gagnant un salaire  selon une grille de niveau de diplômes et d'âge- pourraient se procurer des outils informatiques sophistiqués : ordinateurs, téléphones, (à noter que certains ont même deux téléphones).

L'argument donné par le ministère est qu'il pourrait y avoir une fracture numérique au sein de ces populations et qu'il est donc nécessaire de faire cours en présentiel. Il est à noter que dans de nombreux cas, étant donné que les apprentis sont en alternance - site de l'entreprise et site de formation- les cas contacts sont très nombreux mais majoritairement jamais signalés à l'ARS, ce qui met en grand danger les enseignants de ces centres de formation.

Il est à noter aussi que les équipements pour des cours en distanciel sont souvent dérisoires voire inadaptés pour des groupes de 30 apprentis dans unes salle, et pour cause d'économie, non développés. Ainsi, cela donne toute possibilité, pour les dirigeants de ces centres, d'imposer à leur personnel enseignant d'être sur le site de formation même pour les enseignants de matières générales.

L'ordre du présentiel “coûte que coûte” est donc signé par le Ministère du Travail aux directeurs de CFA ainsi toute action des enseignants qui voudraient se protéger du COVID en demandant à enseigner en distanciel serait contradictoire avec les consignes et donc les menaces et sanctions en seraient la conséquence.

Mais alors, dans la dualité Education Nationale/Ministère du Travail -ou de l'art d'avoir le cul assis entre deux chaises – où devrait être le bon sens en ces temps de pandémie et qu'en est-il de la responsabilité des ministres et chefs d'établissement?

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