TintaLibre fête le printemps du journalisme



Vendredi 3 mai, journée mondiale de la liberté de la presse. « Le journalisme renaît » titre le troisième et dernier numéro de tintaLibre, le mensuel du partenaire espagnol de Mediapart InfoLibre. Un numéro très spécial, avec une couverture dessinée par Juan Genovés.
L’artiste valencien a réalisé cette sérigraphie très colorée, représentant des hommes et des femmes en mouvement circulaire, qui évoquent sa célèbre sculpture El Abrazo (l’embrassade), symbole de la transition vers la démocratie et de la réconciliation entre les hommes trônant sur la place Antón Martín de Madrid, spécialement pour infoLibre et le prochain lancement de sa Société des amis. Un numéro qui réaffirme les valeurs d’infoLibre pour un « journalisme indépendant, rigoureux et libre ».

Pour l'occasion, Javier Valenzuela a rendu visite à Mediapart pour interviewer Edwy Plenel sur le rôle d’une presse indépendante des pouvoirs politiques, économiques et financiers dans des démocraties européennes à bout de souffle. Comme le souligne le directeur de tintaLibre en sous-titre de couverture de ce numéro 3, avec ses révélations des affaires Bettencourt (sous Sarkozy) et Cahuzac (sous Hollande), « Mediapart met le pouvoir en échec en France ». Une longue interview-discussion « confraternelle » sur les clés du journalisme, la difficulté de les utiliser, les doutes de Mediapart, son isolement médiatique entre la révélation de l’affaire Cahuzac et la démission puis les aveux du ministre, comme dans un vieux film hollywoodien ou l’une de ces chroniques noires que Valenzuela nous livre régulièrement.

« Plenel l’indépendant » et « Fabrice Arfi, le Woodward & Bernstein français », au cœur d’une rédaction incarnant la « révolution numérique ». En comparant Arfi aux journalistes ayant mis à jour le scandale du Watergate, une affaire d’espionnage politique qui a entraîné la démission, en 1974 et deux ans après les premières révélations du Washington Post, du président Richard Nixon, tintaLibre se réfère à l’un des meilleurs symboles de résistance du journalisme aux pressions du pouvoir et de son rôle de contre-pouvoir, précisément. Et peu importe qu’il se manifeste sur un support papier ou numérique, cela reste un journal, comme le rappelle Plenel.

L’écrivain français Christian Salmon, chercheur au CNRS, explique, lui, pourquoi les pays européens se trouvent dans « une crise de représentation démocratique », aggravée par la « remise en question simultanée de l’indépendance de la justice et des journalistes », dont l’affaire Cahuzac est un exemple. L’auteur de Storytelling : La machine à fabriquer des histoires et à formater les esprits considère que « la mission du nouveau journalisme ne consiste pas seulement à trier le vrai du faux » mais aussi à « reconquérir la possibilité et la crédibilité d’un langage commun dans la sphère démocratique prisonnière de l’influence de la communication »

Ce numéro hommage donne également une place toute particulière à plusieurs journalistes chroniqueurs latino-américains, les plus prometteurs chez les hispanophones selon Valenzuela. Un reportage sur les drôles de goûts architecturaux des nouveaux riches de La Paz, en Bolivie, est inhabituellement illustré en couleurs dans ce mensuel en noir, blanc et rouge, les couleurs d’infoLibre. 

Le mensuel tintaLibre est disponible en kiosques en Espagne et dans le monde entier en formats numériques pour les abonnés à infoLibre, et Mediapart fera partager à ses abonnés quelques-uns de ces contenus. 

Lire aussi, dans Mediapart en español :  TintaLibre consagra la portada de su número 3 a la primavera del periodismo

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