Esther 21 Rwanda et le déshonneur du monde

http://seyam.over-blog.com/2019/06/lbs-criaeau-esther-21-rwanda-et-le-deshonneur-du-monde.html

 

Juste un billet pour deux choses : 

 

1 / La région nouvelle aquitaine et l'Institut français ont refusé une convention pour notre performance Théâtre-Danse " ESTHER 21 : RWANDA " acceptée et reçue au Festival UBUMUNTU. Comme nous ne sommes subventionnés par aucune institution, cela remet en cause notre participation : mais nous allons en discuter ce soir, pour étudier les diverses possibilités d'honorer cette réception qui nous tient tant à coeur : pour Hope Azeda et son travail magnifique, pour toute l'équipe du Festival Ubumuntu, pour Samuel et le Ballet Abusakivi, pour G 25, pour le CNLG, IBUKA , pour les morts et pour toutes et tous les survivants.

2 / Le journal le monde s'est définitivement compromis avec les révisionnistes français de l'opération " turquoise" dans la propagation d'une tribune ouvertement révisionniste. Au-delà de l'indignité la plus vile, ces pathologies négationnistes en France 25 ans après le génocide perpétré contre les Tutsi au Rwanda pose une problème gigantesque, et provoque une régression aussi immonde que déshumanisante.

Aussi , humblement, en tant qu'artistes et chercheurs dans les pas du Groupov et d'IBUKA, nous oeuvrons pour le respect du Droit International, des témoignages, des recherches publiées, pour le Justice et l'Education. Consultez le site Criaeau.org : http://www.criaeau.org

Laurent BEAUFILS-Seyam, écrit à Boussac, le 15 juin 2019 à 16 heures.

LBS-CRIAEAU : Le monde soumis à l'idéologie révisionniste : le monde propageant l'idéologie révisionniste. Le monde est malade. Le monde est passible d'être condamné pour minimisation et trivialisation de l'Histoire du génocide perpétré contre les Tutsi du Rwanda, où " la France " est accusé de complicité de génocide sur bases d'enquêtes officielles internationales, témoignages, reconstitutions, archives : voire le colloque de Survie.org le week-end prochain à Paris ainsi que les travaux de Jacques Morel, la CNLG, le Rapport Mucyo, le Rapport Muse Lévy Cunningham, la revue internationale La nuit rwandaise, les archives Gacaca et la bibliographie de l'association des survivant(e)s IBUKA.

https://www.lemonde.fr/international/article/2019/06/14/rwanda-le-chef-d-etat-major-denonce-les-faiseurs-d-opinion-adeptes-de-verite-simple_5476511_3210.html?utm_term=Autofeed&utm_medium=Social&utm_source=Facebook&fbclid=IwAR3K8PpuDBJ5GswJMlHNIcS8m_sS7hT_LoXIscX_RpXVJZ9sGWZSJdBsZA4#Echobox=1560589983

JACQUES MOREL : « LE NOUVEAU CHEF D’ÉTAT-MAJOR DÉFENDAIT LES AUTEURS DU GÉNOCIDE RWANDAIS »

Vendredi, 21 Juillet, 2017

Lola Ruscio

Le chef de l’Etat a nommé François Lecointre chef d’état-major des armées, alors que celui-ci a fait partie de l’opération Turquoise au Rwanda. Le spécialiste de la politique française en Afrique, Jacques Morel, revient sur ses missions sur le terrain.

 

Emmanuel Macron a désigné François Lecointre nouveau chef d’état-major des armées. Quel a été son rôle dans l’opération Turquoise au Rwanda, en 1994, lors du génocide des Tutsis ?

Jacques Morel Il était capitaine d’infanterie de marine. François Lecointre était affecté au groupement Nord Turquoise, où il était responsable du secteur de la commune de Gisovu. Responsable des troupes, il collaborait avec le directeur de l’usine à thé, Alfred Musema, un des organisateurs du génocide dans la région de Bisesero. Nous en avons des preuves. Au moment de son procès au Tribunal pénal international pour le Rwanda (Tpir), où il a été condamné à perpétuité pour génocide, une pièce à conviction déposée par sa défense est une lettre du capitaine Lecointre adressée à Musema. Dans cette missive datée du 18 juillet 1994, il l’informe qu’il va changer de secteur et qu’il laisse la région à un subordonné. Ce document montre que leurs relations étaient cordiales. Au lieu d’enquêter et de l’arrêter, Lecointre a collaboré avec lui. Ce ne sont pas les seuls éléments. Dans une lettre rédigée dans l’Ancre d’or datée du 18 juillet, le capitaine évoque les sauvetages d’enfants tutsis cachés chez des Hutus. Il y décrit des opérations de sauvetage qui se déroulaient la nuit, sans lampe, pour ne pas être repérés par les miliciens, qui, dit-il, « poursuivent leurs patrouilles de nuit ». Preuve que les Français ont laissé les miliciens opérer librement dans la zone « humanitaire sûre » décrétée par l’Hexagone début juillet. Cette zone humanitaire était sûre pour les miliciens, car ils pouvaient continuer à opérer sans être attaqués par le Front patriotique rwandais (FPR). De fait, le nouveau chef d’état-major défendait les auteurs du génocide rwandais. 

Pendant sa campagne, Emmanuel Macron s’était engagé à « réconcilier les mémoires ». Avec la nomination de François Lecointre, dans quelle tradition idéologique s’inscrit-il ?

Jacques Morel Il poursuit la ligne de Jean-Yves Le Drian, ex-ministre de la Défense sous François Hollande. Ce professeur d’histoire-géographie couvrait sans cesse le génocide rwandais. Il disait notamment que la France devait être fière de ce qu’elle avait fait là-bas. Pourtant, les documents publiés par la mission d’information parlementaire de 1998 sont extrêmement compromettants. L’armée française est mouillée jusqu’au cou. On est dans le pire mensonge. D’ailleurs, l’actuel sous-chef d’état-major « opérations », Grégoire de Saint-Quentin, était l’un des premiers sur les lieux du crash de l’avion du président rwandais, Juvénal Habyarimana, lors de l’attentat du 6 avril 1994.

Quel signal cette nomination envoie-t-elle quant à la conception des missions de l’armée française, notamment en Afrique ?

Jacques Morel François Lecointre, un officier des troupes de marine, autrement dit des troupes coloniales, a été nommé à la tête des armées. Signe que l’armée française intervient pour contrôler des pays africains, motivée par des raisons de puissance et d’enjeux pétroliers. C’est une vision postcoloniale. Emmanuel Macron justifie les opérations françaises au Sahel, entre autres l’opération Barkhane commandée par le général Bruno Guilbert, ex-adjoint du colonel Hogard impliqué dans le génocide des Tutsis, au motif de lutter contre le terrorisme et d’assurer notre sécurité, alors que des commandants ont collaboré avec les pires assassins. La France se porterait mieux si elle rapatriait ses troupes d’Afrique.

Entretien réalisé par Lola Ruscio

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