On ne pourra pas reprocher à Lecornu d'avoir joué le jeu auquel il s'était engagé, en réhabilitant, au moins temporairement, les prérogatives originelles des députés.
L'exercice de la démocratie est difficile, ce que l'avènement de la Vème République a anesthésié par la création d'un régime ultra-présidentiel, épaulé par une Assemblée nationale aux ordres.
L'effondrement du pouvoir macroniste, désormais dépourvu d'une majorité parlementaire, réoxygène enfin notre démocratie, mettant en lumière la nécessité de compromis politiques, là où, jusqu'à présent, régnait une partition systématique et souvent stérile entre majorité et opposition.
La nouvelle donne n'est pas idyllique, mais la démocratie représentative idéale n'est elle-même qu'une simple vue de l'esprit.
Reste que, dans le cas présent, il faut garder à l'esprit que cette recomposition parlementaire autour du PLFSS a été initiée par un gouvernement toujours aussi illégitime, construisant des compromis autour de sa propre feuille de route budgétaire, d'inspiration toujours aussi libérale.