L'agriculture, intimement liée aux problématiques de dégradations environnementales, est un sujet beaucoup trop sérieux pour être traité dans l'urgence, entre deux portes de bureaux ministériels.
Car, ce n'est pas en accédant à des demandes corporatistes, qui en génèrent systématiquement d'autres au détriment de la collectivité, que les tensions sociétales vont s'estomper.
Il s'agit juste là d'un transfert de colère qui ne fait en rien progresser le sujet.
Il en est ainsi par exemple de la problématique de la captation de l'eau douce au profit de la profession agricole, ou de l'affaiblissement de la règlementation sur les nitrates, pourtant responsables de la dégradation continue de la qualité sanitaire des eaux de rivière et de mer.
Tant que le productivisme agricole ne sera pas sérieusement réinterrogé, avec les agriculteurs eux-mêmes et les représentants hétérogènes de la société civile, permettant d'articuler les besoins alimentaires et les attentes sociétales légitimes, le même scénario politique se rejouera à l'infini, tirant toujours davantage vers le bas nos conditions d'existence.
Pour parvenir à reconcilier agriculture et société, sa notion de participation à l'équilibre commercial de la nation doit disparaître, au profit d'une réelle souveraineté alimentaire de qualité.
Soit, produire moins mais mieux.
À l'inverse, sans cette condition essentielle, la compétitivité des prix à l'exportation poussera toujours à produire plus et mal, en faisant porter le poids des pratiques destructives de production sur l'environnement et la santé publique.