Comme pour la diseuse de bonne aventure, qui promet le meilleur de la vie à la personne souvent égarée qui vient la consulter, ils échafaudent des scénarii mirlifiques pour ceux qui ne demandent qu'à croire à leurs affabulations, et aussi pour se rassurer eux-mêmes.
Le résultat du vote du 7 juillet dernier n'échappe pas à cette règle, selon laquelle, pour les macronistes, les français auraient, délibérement et en conscience, propulsé dans l'hémicycle trois groupes parlementaires de tailles sensiblement équivalentes.
Car, prédisent encore les Madame Soleil de l'entourage élyséen, les français n'ont pas voulu vraiment choisir, préférant que tout le monde (enfin, seulement les partis décrétés républicains) s'entendent pour gouverner, à l'image d'une maman qui implore ses enfants de se réconcilier.
Cette lecture faisant bien sûr sciemment l'impasse sur l'impact majeur des votes massifs en faveur du candidat resté seul en lice face au RN.
Le grand récit qui émane de ces interprétations, flatteuses pour les égos de leurs auteurs, les affranchit, pensent-ils alors, de la responsabilité de reconnaître leurs errements, voire leurs erreurs politiques.
Ainsi, tout ce beau monde s'auto-congratule en prêtant aux électeurs des intentions qu'il n'ont pas, mais qui justifient, à leurs yeux et par procuration, la prolongation d'une politique pourtant majoritairement rejetée.
Un corps électoral est protéiforme.
Il ne se comporte pas comme une nuée d'étourneaux que l'on voit s'amalgamer dans le ciel autour d'un leader, remplacé par un autre à chaque virage.
Les conclusions d'un scrutin, car il en existent nécessairement, méritent d'être introspecter avec honnêteté et lucidité, sous peine de retomber indéfiniment dans les mêmes travers.
La démocratie représentative, seule réel contre-pouvoir en France, est à ce prix.