Il est souvent reproché à juste titre, l'entre soi voire le parisianisme du milieu politique, qui le déconnecte de la "vraie vie" et des problèmes concrets rencontrés au quotidien par les français.
Pour autant, l'expérience a montré que le fait d'ntroduire des personnalités de la société civile au coeur du pouvoir reste une équation complexe.
On se souvient par exemple de la période Mitterand, au cours de laquelle avaient été nommés l'homme d'affaires Bernard Tapie comme Ministre de la ville ou le médecin cancérologue Léon Schwarzenberg comme Ministre de la santé.
Dans les deux cas, ce ne fût pas un succès.
En cause, un déficit d'appropriation des codes politiques nécessaires à la représentation publique et, en toute logique, leur méconnaissance des rouages internes des machineries ministérielle et administrative.
Lucie Castet, pressentie par le NFP pour le représenter en tant que Première ministre, n'est pas dans la même situation.
Technocrate issue des grandes écoles de l'administration, elle dispose de la connaissance et de l'expérience de ses rouages internes.
C'est un atout indéniable pour occuper le poste.
On ne peut pas en dire autant de la fonction politique, n'ayant pas exercé de mandat électif et n'ayant jamais approché l'univers bouillonnant et souvent contradictoire des ministères, où la décision et la communication politiques sont néanmoins millimétrées.
Le management d'une équipe ministérielle, par nature hétérogène, dans le cas présent déclinée en nuances, voire en couleurs politiques sur certaines thématiques, se cumulerait à cette inexpérience.
Lucie Castets donne l'apparence médiatique d'une personnalité avenante, volontaire, et à priori sûre d'elle.
Elle insiste toutefois régulièrement sur la nécessité de construire des compromis parlementaires pour pouvoir gouverner à gauche, mais jusqu'où ?
Ce positionnement n'est en outre pas toujours bien interprété chez ses commanditaires politiques, conscients du fait qu'elle représente, dans cette après législatives marquée au sceau d'une diversité des gauches, un plus petit dénominateur commun.
Ainsi, si Lucie Castets devait être nommée par Macron à Matignon, la gauche devrait affronter le défi de faire imposer son agenda politique par une personnalité non politique, que ses détracteurs attendront de pied ferme et ne ménageront pas