Depuis trois ans, les macronistes ont largement empiété sur le territoire nauséabond de l'extrême droite, laquelle s'est progressivement rapprochée de leurs valeurs néolibérales.
La droite républicaine n'est pas en reste, qui a radicalisé son discours à l'endroit de la population immigrée, ou en situation de le devenir, sans bouger d'un iota sur sa doctrine économique et sociale.
A la lumière de ces enseignements, la stratégie politique mise en oeuvre par les macronistes à la faveur des élections législatives dernières, visant à ostraciser le vote extrême droitiste par la logique de barrage, laisse perplexe.
Car au fond, puisque tous les partis de droite sont maintenant d'accord pour voir dans la gauche un "danger" démocratique, au point de déclarer leur intention de s'opposer par la censure parlementaire à tout gouvernement NFP, on peut légitimement se demander si le barrage macroniste n'avait pas d'autres vocations que celle de leur éviter une bérézina électorale.
En tout cas, il ne s'agissait certainement pas du motif fallacieux de préservation d'une étanchéité fantasmée entre partis prétendument républicains et les autres.
La promptitude avec laquelle Emmanuel Macron avait envisagé, entre les deux tours, une cohabitation gouvernementale avec Jordan Bardella renforce cette lecture.
Ces postures politiques sont aujourd'hui battues en brèche par la réalité crue qui émerge, à l'issue d'une séquence ubuesque post-législative, qui n'avait finalement pour but que permettre à Macron d'admettre l'évidence de l'union des droites.
Il s'agit d'une clarification politique d'une ampleur inégalée dans la Vième République, qui pourrait bien préfigurer un bipartisme à l'américaine,
en l'occurrence très déséquilibré à la défaveur des forces de gauche.