Sans gommer les responsabilités des protagonistes arabes dans ce conflit sans fin au Proche-Orient, convoquer, à chaque élévation du niveau de tension, la dichotomie entre le mal et le bien, témoigne d'une lecture datée de la complexité des rapports entre groupes humains.
Comparaison qui peut en outre très vite se retourner contre son auteur.
Ainsi, si le Hamas a produit le mal en Israël le 7 octobre dernier, Israël considère-t-il qu'il engendre le bien depuis une année à Gaza, en y massacrant consciencieusement plus de 40.000 palestiniens ?
L'accélération de la colonisation israëlienne en Cysjordanie, à grand renfort de bulldozers et d'extrêmistes surarmés qui sèment la terreur relèverait-elle aussi du bien ?
Ces éléments de language politiques, frappés au sceau de l'ultra simplification, semblent avant tout s'adresser au peuple israëlien, qui a grandi dans la perpétuation de la conflictualité originelle entre l'État d'Israël, survivant d'un génocide européanisé, et les pays arabes voisins, ayant comme obsession et unique horizon son anéantissement inconditionnel.
Est-il seulement encore majoritairement disposé à y croire ? Et pour combien de temps encore ?