Il a accepté l'échange, ce qui est plutôt positif, mais, comme souvent, avec condescendance, non pas dans le but de comprendre ce qui lui est dit, mais de convaincre du bien fondé de sa position.
Certains de ses propos, portant sur l'émotion suscitée par l'ampleur des victimes, sont à cet égard éloquent : "Je comprends, je respecte cette émotion (…) À côté de cette émotion, il peut y avoir beaucoup de confusion », a-t-il poursuivi, en déplorant des « propos inacceptables à l’instant sur ce sujet ». « Je ne peux pas laisser dire tout et n’importe quoi non plus », a-t-il insisté.
Comment expliquer à Macron que la seule façon d'enrayer une émotion d'une telle intensité, éprouvée sur une telle durée, est précisément d'agir, au lieu de se contenter de parler.
Les propos prétendument inacceptables, qu'il juge par ailleurs hors de propos, sont peut-être l'expression de points de vue qu'il n'a pas la plasticité intellectuelle d'envisager.
Hélas, si le voyage forme la jeunesse, il est un frein au cheminement de la pensée lorsqu'on est, comme Macron, à ce point pétri de certitudes.