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Billet de blog 2 novembre 2011

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le référendum grec : un pied de nez aux marchés

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Papandréou a-t-il retrouvé sa conscience politique ? Nous n’en savons rien ou si peu que le plus important dans cet épisode est que la seule idée qu’un peuple soit consulté par référendum sur la crise ébranle l’Europe des malveillants et les marchés financiers. Si l’initiative est tardive au regard de l’injustice déjà créée, elle ne peut qu’être saluée. D’une part, parce qu’elle prend, enfin, en considération les nombreux mouvements sociaux qui sont en œuvre dans le pays et, d’autre part, parce qu’elle invite, autour de la table des négociations, la victime c'est à dire le peuple grec. En effet, la légitimité d’un gouvernement n’a pas à être rechercher sur les marchés financiers, à la commission européenne, ni même auprès des autres gouvernements mais uniquement dans les urnes. De plus, ce nouvel épisode, qui en inaugure beaucoup d’autres, en dit long sur l’idée que se font les PARISOT, COPE, ESTROSI et Compagnie de ce qu’est une démocratie. Il n’a suffit que de quelques heures pour que les masques démocrates de ces gens-là tombent et laissent la place à un langage fleuri à l’encontre du premier ministre grec. Dans les affaires, l’ami d’hier devient l’ennemi d'aujourd'hui et de demain.Quant à l’hystérie générale qui secoue les bourses, les médias, les ors du pouvoir, elle prouve que les plans de sauvetage qui, depuis des mois, se sont édifiés sur le dos du peuple grec ne sont finalement que des châteaux de carte qui, au moindre souffle, s’effondrent.S’il fallait un pied de nez aux thuriféraires du principe de la concurrence libre et non faussée, ce référendum serait celui-là.Souhaitons qu’il ne disparaisse pas d'ici quelques jours ou quelques semaines pas dans quelques manœuvres de couloir et souhaitons que la question posée au peuple grec expose des solutions de sortie de crise et non un choix idiot du genre : « Etes-vous pour le maintien de la Grèce dans la Zone Euro ? » comme le suggère déjà le binôme Sarko/ Merkel conscients que cette question ne propose en fait aucun projet politique alternatif au modèle qu'ils défendent et que nous combattons : le capitalisme.
Laurent Bordeau

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