Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.
Si le président de la République aime prendre de l’altitude avec son avion, ses propos font quant à eux du « rase motte ». Pour la énième fois, il n’a pu s’empêcher de cracher au visage de la justice tout en se défaussant de ses responsabilités. Bref, la victime c’est lui. Il est rejoint en ceci par le gouvernement qui fait de la « théorie du bouc-émissaire » son fonds de commerce. Cette théorie, qui consiste à rejeter la faute sur autrui, est devenue, depuis trois ans, l’ « ump’touch ». Ainsi, si l’éducation va mal c’est la faute aux profs, si il y a un fait divers particulièrement sinistre c’est la faute aux juges et aux policiers, si l’économie plonge c’est la faute aux salariés, AUX CHARGES et à l’existence du code du travail, si la sécurité sociale est en déficit c’est la faute aux malades, si il y a tant de chômeurs c’est qu’ils sont trop assistés etc…. Bref, vous l’avez compris : les profs, les juges, les salariés, les malades, les sans emplois sont tous bien trop payés ou bien trop protégés. Si nous additionnons toutes ces catégories ou professions, nous arrivons à la conclusion suivante : ce sont les citoyens qui sont les coupables des maux qui gangrènent la France ! Aux yeux de Sarkozy et de sa clique, je suis, vous êtes, nous sommes tous coupables. Ceux qui osent manifester leur réprobation sont immédiatement traités d’irresponsables voir de dangereux agitateurs et que, finalement, tout ceci est bien regrettable puisqu’en cette période de crise il faut être responsable et réaliste niant ainsi toute implication dans l’origine même de la crise. C’est en ce sens que le premier ministre, François Fillon s’est exprimé devant les députés lors de la séance de questions au gouvernement « … Et pendant la crise économique et financière, toutes les solutions que vous avez proposées ont été marquées par l'absence totale de réalisme" Réalisme, le mot est lâché. Un mot qui dit tout et son contraire mais un mot qui, dans la bouche, d’un politique dit surtout : je ne fais rien dans l’intérêt général. C’est en ces termes que Daniel Frard, conseiller général d’Eure et Loir, membre du PS, s’est exprimé au sujet de la mise en concession autoroutière de la RN154. Ces propos suintaient tout le réalisme d’un Fillon. A l’entendre, il n’y a, aujourd’hui, plus de doute à avoir sur l’incapacité de son parti, que je qualifie de désœuvré, de porter un véritable projet de gauche. Quant à porter un projet en rupture avec le capitalisme, n’y penser même pas. La voie qu’empruntent ce sortant, ses amis et ses alliés est toute tracée c’est celle de l’accompagnement, c’est celle, en somme, de la connivence. Bref, si une sortie de piste leur est, tôt ou tard, assurée, ils sont dans l’immédiat un obstacle que nous devons au plus vite dégager de notre route. Aux principes socialistes, censés dicter leur conduite, ces messieurs ont choisi le réalisme, synonyme de toutes les compromissions. Quant à l’allié du parti socialiste pour ces cantonales, le Parti Radical de Gauche réagira-t-il ou sera-t-il porté par les seuls intérêts de ses candidats ? Ne dit-on pas qui ne dit mot consent. Nous pouvons nous inquiéter de cette démission collective car malgré les entorses à l’état de droit, malgré les effets désastreux des réformes, malgré un chômage galopant et des déficits abyssaux il est certain que le bilan négatif de la droite ne suffira pas à assurer à la gauche la victoire en 2012. Quant au Front de Gauche s’il est solide sur ses appuis, pourra-t-il changer à lui tout seul la donne ? Arrivera-t-il à créer les conditions de son décollage ? A juger par les déclarations de certains il paraît évident que les résistances à l’idée d’un Front de Gauche élargi sont tenaces. Il ne reste donc plus que le peuple vers qui nous ne cessons de nous adresser depuis les européennes. Les cantonales des 20 et 27 mars prochains donneront une première tendance et nous indiquera la distance qui nous sépare encore de la ligne d’arrivée.Il y a urgence à mobiliser et à amplifier le champ de nos actions car ce que nous disons depuis deux ans est plus que jamais d’actualité.
Quant aux réalistes, ils pourront toujours, pour s’innocenter, présenter l’alibi que nous faisons le jeu du Front National. A chacun ses justifications, les notres nous les puisons dans la justice sociale.
Laurent Bordeau
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