PAPANDREOU PAPADEMOS : la démocratie remplacée par la technocratie

L’Europe sous le couvert de la crise montre un visage dès plus inquiétant pour ceux dont les yeux sont sensibles à la beauté de la démocratie.L’idée d’un référendum à peine évoquée et voilà que des instances non élues au suffrage universel pousse un président, élu démocratiquement, dehors et le remplace par un technocrate, ancien vice président de la Banque Centrale Européenne qui prête serment en ce 11 novembre devant les représentants de l’église orthodoxe, les principaux épargnés des mesures de rigueur ! (dire que certains voudraient revenir sur la laïcité !)Je ne peux, par ailleurs, passer sous silence le fait que l'extrême droite fait son entrée dans ce gouvernement au côté de socialistes ! Trahison est le seul mot que me vient après les hauts de coeur.Il est vrai que PAPANDREOU était devenu un peu fébrile, dépressif à croire SARKOZY. Il est vrai que pour la commission européenne, la BCE, le FMI, de mauvaises idées commencées à intoxiquer son esprit. Pensez donc un référendum ! En Italie, si pour l’heure BERLUSCONI est toujours en place, il devrait dans quelques heures ou quelques jours quitter la scène sous réserve, peut être, de quelques immunités. Si nous ne portons pas cet homme dans notre cœur, il n’en demeure pas moins que lui aussi a été élu démocratiquement.Un homme dit de gauche, un homme carrément de droite, les voilà mis dehors.A qui le tour ?Je retiens la phrase du journaliste de France Culture Monsieur Hubert Huertas qui résume ce qui se passe : « Les marchés ne réclament plus seulement ce qu’on appelle les réformes, ils choisissent leur chefs de rayon, le rayon grec, le rayon Italie, à qui le tour ? »Quant à moi je m’interroge sur le temps qui nous sera nécessaire pour remettre de l’ordre dans tout ce fatras qui inexorablement court à notre perte tant la fébrilité et la précipitation gagnent les gouvernements qui finalement laissent le monde au "laisser faire". Voyez la réaction du gouvernement français devant le vrai/ faux communiqué de Standard & Poor's qui diminuait la note de la France. A croire que celui-ci avait perdu les élections. Le temps nous est compté. Chacun d'entre nous à sa part de responsabilité, en tant que citoyen, en tant qu'électeur, nous nous devons de nous impliquer comme d'autres s'étaient impliqués dans les luttes sociales.Si nul n’est censé ignorer la loi, nul ne devrait ignorer les règles simples de la démocratie. L'indignation ne suffit plus.Laurent Bordeau

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