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Billet de blog 2 avril 2011

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Spring is here !

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Bonjour à tous,
Comme vous le savez déjà, j'ai ouvert un blog après que mes échanges avec Vidal aient fait le tour de France. Vous avez tous manifesté un soutien magnifique, et je tiens à vous redire ici toute ma gratitude.
Je vous demande de prendre un moment pour visitier ce blog et exprimer votre point de vue de manière publique.
Je ne suis pas en campagne politique ! Juste gagné par l'euphorie que procure l'affranchissement et le sentiment d'appartenir à une famille de musiciens qui a choisi la liberté par dessus tout.
L'heure est venue de nous faire entendre collectivement. Pour dire que le jazz n'est pas ce que TSF en fait, pas plus que Picasso n'est une voiture. Naturellement, il y a d'autres organismes - et personnes - qui dénaturent notre musique, mais la radio TSF, et un lieu comme le Duc des Lombards, sont emblématique de cette dérive.
Il faut néanmoins se rendre à l'évidence. Cette dégradation n'est possible que parce-que nous oublions une chose essentielle ; Tout seul, nous ne sommes rien.
Que se passe-t-il aujourd'hui ? Un tout petit nombre d'élus se partage les miettes d'un gâteau qui a déjà été englouti depuis longtemps. Avec ce débat qui prend forme et cette parole qui se libère, ils sont pétrifiés et vont probablement tenter de l'étouffer.
Face à eux, nous tous, dans toute notre grande diversité - qu'il faut à tout prix protéger et même cultiver - nous sommes otages de cette situation. Notre musique n'arrive pas à franchir ce mur invisible érigé par des programmateurs qui se moquent de notre sort, et ne pensent qu'à faire du profit sur notre musique.
Cette dérive est possible parce-que nous continuons à nous débattre au quotidien tout seul. Nous sommes les victimes, mais aussi, il faut bien le reconnaître, les acteurs de ce mouvement ultra-individualiste qui bénéficie aujourd'hui d'outils redoutables. Facebook ne sauvera le jazz, si nous ne faisons qu'y poster nos petites aventures personnelles. Car tous nos efforts pour exister sur les réseaux sociaux et sur la toile, à faire que notre histoire soit entendue nous détourne d'une vérité que nous n'aurions jamais du oublier ; un groupe uni est toujours plus fort que la somme de ses individualités.
Heureusement, nous venons de traverser deux mois absolument sidérants qui ont vu des forteresses de propagande tomber comme des châteaux de carte. Qu'on songe simplement à Ben Ali ou à Hosni Moubarak, qui ont régné d'une main de fer pendant des décennies ! Ils sont tombés en quelques semaines par la simple force du collectif. Rien de moins, rien de plus.
Qu'on songe aussi à la forteresse du Nucléaire dont on nous a dit si longtemps qu'il était l'énergie la plus sur. Le désastre qui est en cours sous nos yeux nous oblige à revoir nos certitudes à ce sujet aussi.
Je crois que face à de tels bouleversements, et des changements de paradigme si brutaux, nous sommes encore en état de choc post-traumatique, pétrifiés. Il est pourtant impérieux d'en tirer des enseignements précieux et réaliser qu'il n'est pas de meilleur moment qu'en ce printemps libérateur pour dire notre refus de voir notre musique si malmenée et formatée.
Je reçois tant de témoignages de musiciens qui souffrent de ne pas exister et qui ont un profond sentiment d'injustice. Il en va de même pour un public de connaisseurs et de mélomanes qui ne se retrouvent plus du tout dans l'uniformisation des productions mises en avant par une grande partie de nos programmateurs.
Mon désir est d'ouvrir un débat, de libérer une parole, et pourquoi pas de faire une table ronde autour de l'état du Jazz en France, avec tous les acteurs qui continuent dans la tourmente à faire vivre cette aventure. Des musiciens, mais aussi des producteurs, des programmateurs, des journalistes etc...
Il faut réaffirmer aussi qu'en dépit de l'adversité grandissante, cette musique n'a jamais été aussi vivante, plurielle, audacieuse, et libre malgré tout.
En même temps que je vous présente mes excuses pour venir polluer une nouvelle fois - la dernière - votre boite mail en ce beau samedi ensoleillé, je vous demande de réagir sur ce blog, en postant vos commentaires - là aussi dans toute leur diversité - comme vous l'avez fait cette semaine en écrivant vos mails magnifiques, avec le vif espoir en ce qui me concerne que, face à un vrai mouvement de fond, nos énergie se libèrent.
Vive le printemps !
Bien à vous tous,
Laurent Coq.
PS ; N'hésitez pas à faire circuler ce mail.

http://revolution-de-jazzmin.blogspot.com/

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