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Billet de blog 18 avr. 2015

Le printemps des casseurs

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La grande casse du service public, la droite en a rêvé, la "gauche" l'a faite. Cette "gauche" qui nous rebat les oreilles depuis tant d'années avec la Création, l'exception culturelle française, et qui réduit - quand elle ne les coupe pas - toutes les lignes de crédits allouées à la culture.

Malgré une grève sans précédent qui semble n'avoir servi à rien, aujourd'hui ce sont toutes les chaines de Radio France qui voient leurs existences menacées, du moins dans leur formât actuel. Dans un article de Politis (n°1349) titré Haro sur le service public, Jean-Claude Renard rappelle que les dotations de l'état pour Radio France (complétant les ressources de la redevance) vont passer de 292 millions d'euros en 2012 à... 29 millions d'ici 2017. C'est tout simplement du jamais vu. 

Conséquence, chaque station est tenue de procéder à des économies drastiques et des arbitrages impossibles. C'est dans ce contexte extrêmement tendu que le bureau du jazz à Radio France - sauvé in extremis par une grande mobilisation et une pétition lancée en juillet dernier - va devoir se serrer la ceinture. Arnaud Merlin, qui a succédé à Xavier Prevost à sa direction, s'est vu proposer une réduction de 25% de son budget sur l'exercice 2015-16, alors même que les économies exigées par la direction de Radio France à la chaine de France Musique ne sont que (sic) de 5 à 10% comme l'explique Franck Bergerot sur le blog de Jazz Magasine.

On le voit, le jazz n'a plus du tout les faveurs des institutions. C'est même devenu un gros mot. L'heure est à la transversalité (on ne dit plus métissage). Pourquoi maintenir un bureau du jazz quand cette appellation n'a plus de sens ? Merci à tous les fossoyeurs qui ont finit par imposer l'idée que pour être valide dorénavant, le jazz doit faire sa mue et laisser tout ce qui a fondé son identité (le swing, l'interplay, l'harmonie, le vocabulaire, le son) au profit d'un ailleurs qui seul sera à même de garantir son renouveau. 

Et pourtant cette vision largement admise (au point qu'oser la contester c'est se mettre de facto du côté des réactionnaires et des fachos) ne s'est jamais imposée ailleurs justement ; un groupe de Rock n'est jamais autant respecté que lorsque qu'il revendique une identité fortement enracinée dans l'histoire de cette esthétique, une filiation, des références et une fidélité aux maîtres passés, autant d'éléments sur lesquels il peut se hisser pour regarder vers demain. 

Dans un autre article, Franck Bergerot évoque ces festivals de jazz où l’ouverture incarnée par le jazz signifie de plus en plus son exclusion. C'est dans ce contexte de grande menace qu'il est plus que jamais urgent de se mobiliser et de défendre nos musiques comme le font les femmes et les hommes de théâtre en France quand celui-ci est attaqué. Il en va de la survie d'une certaine idée de la musique.

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