La France Insoumise protège les lanceurs d’alertes… sauf dans son camp

La France insoumise, par la voix de Jean-Luc Mélenchon, est favorable à la protection et l’assistance aux lanceurs d’alertes. Pour lui, ces personnes rendent un service important à la France. Nous nous positionnons donc en défendeur international des lanceurs d’alertes. 

C’est ce genre de prises de positions qui ont poussé nombre d’entre nous à se joindre à ce mouvement.

Qu’en est-il plus près de chez nous ? Et comment les lanceurs d’alertes sont-ils traités dans notre mouvement, la France Insoumise ?

Laissez-moi vous racontez mon cas.

La première Assemblée Générale de la France Insoumise de la 18eme circonscription de Paris se tient en Novembre 2016. Deux candidats parmi les quelques inscrits sur internet sont présents : moi-même et un responsable du Parti de Gauche. Les organisateurs de l’AG sont des membres du Parti de Gauche. Le rapporteur est un membre du Parti de Gauche.

J’apprends quelques jours plus tard que l’autre candidat a demandé à faire enlever mon nom de la liste des candidats. Je proteste et réussi à faire conserver mon nom. Puis j’apprends la désignation du membre du Parti de Gauche.

En Janvier, je lance donc l’alerte auprès d’une responsable de la France Insoumise – appelons-là Marie. Elle ne semble pas s’inquiéter de la tentative d’enlever mon nom. Son argument pour la nomination de l’autre candidat tient à ce qui est inscrit dans le Procès Verbal de l’AG. Sauf que les informations qu’elle mentionne sont incorrectes, fausses. Nous découvrons donc ensemble que le PV de l’AG a été falsifié. Deuxième alerte lancée.

Marie me promet d’investiguer et de revenir vers moi rapidement. Mais malgré plusieurs relances, elle ne le fera jamais.

Pas de réponse de Marie, je cherche à bouger les choses plus haut, m’arrêtant juste en dessous du grand chef JLM. Seul une personne me répond : « il est trop tard pour changer les candidats ».Pourtant, au même moment, des candidats dûment choisis par les procédures internes sont remplacés par des membres du Parti de Gauche, comme dans les 6eme et 7eme circonscriptions de la Seine-Saint-Denis (où Jean-Luc Mélenchon fait respectivement 39% et 40% des voix au premier tour des présidentielles).

Malgré ce mépris, je suis toujours sur le terrain pendant les présidentielles. Je fais fasse aux militants du PG qui m’ostracise. Toujours motivé pour défendre mes valeurs pour les législatives, je rejoins un candidat qui les partage. Fin 2016, Jean-Luc Mélenchon nous avait dit « un opposant est un lanceur d’alerte ».

Pendant cette campagne, je devrais essuyer de multiples agressions verbales et des tentatives d’intimidations. Ma rue et le cadre de la porte de mon immeuble seront placardés d’affiches et d’autocollants du candidat FI – pourtant une rue peu passante. Certes, pour ma personne, tout cela n’est pas bien grave. Mais ces actions et comportements posent plusieurs questions.

Peut-on vraiment se poser en défenseur des lanceurs d’alertes à l’international quand on ne protège pas ceux au sein de notre propre organisation ?

Au delà de protéger ces personnes, faut-il instituer une structure pour recueillir les témoignages des militants pour préserver l’intégrité de notre mouvement et ne pas tomber dans les travers de corruption et de copinage habituels des partis politiques ?

Et puis, dans la perspective des échéances électorales à venir, au vue des nombreux cas à problèmes des législatives (le mien n’étant pas le seul), ne devrait-ont pas revoir le fonctionnement du comité ?

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