Le centre, vers où ?

Borloo est sympa, Bayrou, visionnaire. Honnêtement, on ne peut pas reprocher grand chose à ces deux hommes de conviction. Sauf si l'on est communiste et/ou frontiste... (oui j'en connais qui sont les deux, enfin, je veux dire, qui sont passés de l'un à l'autre plusieurs fois).

Borloo est sympa, Bayrou, visionnaire. Honnêtement, on ne peut pas reprocher grand chose à ces deux hommes de conviction. Sauf si l'on est communiste et/ou frontiste... (oui j'en connais qui sont les deux, enfin, je veux dire, qui sont passés de l'un à l'autre plusieurs fois).

Ah... J'entends quand même des critiques, voire des sifflets, sur le mot "conviction" concernant les B&B.

Les B&B ont tellement changé de cap, l'un et l'autre, qu'on peut se demander si leurs convictions sont solides, dites-vous.

Eh bien, justement, c'est ça, le truc : ils ont tant de convictions qu'ils ont bien été obligés de les exprimer au gré des situations... Borloo fut un bon maire de Valenciennes. Bayrou, un utile ministre de l'Education. Bon, d'accord. Pas facile d'être au centre, en France.

Borloo a failli rallier Jospin, Bayrou a voté Hollande. Borloo a cofondé Génération Ecologie, avec Mamère et Lalonde. Bayrou a créé le Mouvement Démocrate, à vocation indépendante, avec des anciens Verts et des nouveaux arrivants déçus de partout ailleurs...

Et après ? Et maintenant ?! Une alliance, une coalition, une "Alternative" ? Au centre ? Bon. Mais quel centre ? Celui qui couche à droite ? Celui qui flirte à gauche ? Celui qui ramollit dans son coin ?

Et si le centre, c'était autre chose ! Une idée d'avance. Un peu plus loin. Si le centre était un élan citoyen débarrassé des partis classiques ?

La tradition centriste est difficile à cerner politiquement. Mais, historiquement, le coeur du projet tient en trois termes : la démocratie, le peuple, la liberté. On lira avec bonheur, à ce propos, l'ouvrage de l'historien Jean-Pierre Rioux. Eclairant.

Alors que faire ?

La République française souffre un mal absolu, un cancer incurable : la présidentialisation à outrance du régime. C'est la pire des exceptions culturelles parmi les démocraties modernes. Bref, la France est une exception en Europe. Il faut enlever la tumeur.

Après Sarkozy, Hollande est touché gravement. C'est la fin du système. Il faut rompre. L'hyper-centralisme de cet Etat, que l'on retrouve dans tous les rouages et à tous les étages de l'administration et de la société - y compris dans l'entreprise - bloque le pays, freine les idées, souille l'imagination, interdit le débat, favorise la corruption (Anticor le démontre parfaitement), et méprise finalement le peuple.

Au fond, ce système finit par empêcher la mise en oeuvre de la devise républicaine : liberté, égalité, fraternité.

Supprimons l'élection du chef de l'Etat au suffrage universel direct. Nous aurons fait un grand pas vers la démocratie moderne.

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