Automobile : la carrosserie valide les plans sociaux

C'est dingue ce qui se raconte chez les salariés et les dirigeants du secteur industriel de l'automobile.

Côté France, PSA vient d'annoncer 8.000 suppressions de postes. Après négociation avec le gouvernement et son ministre de l'économie, Pierre Moscovici, "l'Etat" sauverait une partie des emplois du groupe français... Logique.

Mais bon, dans l'auto, c'est quoi le topo ? Voici quelques éléments de réflexion :

1) La France a validé, en théorie, dans les années 80 (merci Fabius), le modèle anglo-saxon : rentabilité max, financiarisation de la gestion des groupes (PSA et Renault notamment), priorité au marché de "proximité", réponse à la consommation à flux tendus.

2) La pratique est mondialisée : la proximité, c'est une grande région (Asie, Maghreb, Amérique, Europe). Le coût du travail est calculé sur chaque portion de la filière et les groupes automobiles sont pingres. 

3) MAIS - c'est important - le coût du travail n'est pas l'élément moteur du "déclin" et de la "casse sociale" présumée par certains acteurs de l'automobile.Le problème de fond est ailleurs... En France, le coût du travail dans l'automobile est par exemple moins élevé qu'en Allemagne, où ce secteur se porte mieux.

4) L'organisation de la production et les perspectives de consommation (le fameux "marché") doivent être les priorités du secteur pour maintenir une "proximité régionale". Toyota (production bientôt plus française que PSA !) y parvient.

5) La finance domine le marché auto. On peut le déplorer. Les formations techniques - excellentes - n'appréhedent pas suffisamment cet aspect d'une industrie en pleine expansion.

6) Les modèles "écologiques" balbutient et son peu portés par les pouvoirs publics. Mais la crise est peu propice au changement (pourtant c'est "maintenant"...).

7) La culture française reste peu ouverte sur le monde. Et pourtant, c'est la clé du mystère. Dans l'auto, comme ailleurs.

Bref, derrière la carrosserie qui valide les plans sociaux - un drame bien réel - se cache toute une complexité qui mérite d'être explorée plutôt que de s'en tenir à une réalité à déplorée.

La démocratie (et les médias, donc) a le devoir de répondre à ce type de questions.

 LW

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