Primaire de droite ou de gauche : De l'entre soi !

L'appel à une primaire de toute la gauche est un non sens. La gauche est morte. Le PS n'est plus à gauche. Les valeurs de gauche sont trahis par le PS, le Front de Gauche est assassiné par le PC, et EELV. Quelle gauche ? Je pense qu'il est préférable d'utiliser son temps à reconstruire une vraie gauche que de le perdre en prétendant trouver la femme ou l'homme miracle pour 2017.

Primaire à gauche et primaire à droite,

ce n'est que de "l'entre soi".

Nous, les gens normaux, n'avons rien à voir avec cette mascarade, ce placebo démocratique.

Cependant la construction "d'autre chose" est-elle envisageable avec le PCF et EÉLV qui se compromettent depuis des années avec le PS, les critiquant vertement un jour et un autre s'alliant à lui de-ci, de-là avec ce PS ancré de plus en plus à droite.

Faudra-t-il encore se soumettre au dictat des "grandes" formations de gauche pour stopper les ambitions de la droite et de l'extrême-droite ?

Moi aussi je veux ma place, mais pas aux mêmes postes que ceux souhaités par ces gens-là. Je veux retrouver le plein exercice de ma citoyenneté tous les jours, je souhaite le retour à un véritable droit au travail, un code du travail respectueux des partenaires, je veux être respecté pour ce que je suis.

Je refuse de voir s'instaurer et cautionner une alliance avec les "fous de Dieu" de la financiarisation, de la mondialisation, de l'austérité, de l'appauvrissement du peuple, de l'enrichissement des nantis, de l'alignement sur le TAFTA et Bruxelles, sur toute forme d'asservissement, de la sacro-sainte dette, de l'état d'urgence et de la menace de guerre permanente comme seul alternative au terrorisme.

Ces gens-là se sont les politiciens professionnels de gauche et de droite, plus soucieux d'intérêts partisans, voir personnels que de ceux du peuple. Venant de gens de gauche ça me désole.

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L'objectif n'est-il pas de placer Hollande face à ses contradictions en premier lieu sur ses déclarations en 2011 invitant Sarkozy à se soumettre à des primaires, considérant que c'est un acte hautement démocratique. Le concernant cette fois il n'est plus d'accord. Encore un reniement, et pour cause, sa cote de popularité à gauche est toujours au plus bas. Il n'y a qu'une partie du Centre pour le soutenir avec les irréductibles dogmatiques de gauche. L'inviter à une primaire, c'est lui demander de se démettre.

Pour moi en tout état de cause il n'est pas question de choisir entre la peste et le choléra. Cette primaire ne me concerne pas plus que celle de 2012.

Le PS, ce n'est plus la gauche :

Le bilan antisociale et ultra-libéral de Hollande que j'expose ici en fait foi.

Chômage en forte hausse sous Hollande, indemnités chômage prévues à la baisse dès 2016, Code du Travail tailler en pièce pour faire plaisir à Gattaz, 35 heures remis en cause, baisse de la rémunération des heures supplémentaires dès 2016, stagnation du SMIC et des salaires, temps partiels et intérim en hausses constantes, 500 000 chômeurs sortis des statistiques pour aller vers des formations dont une bonne partie est mise entre les mains des centres gérés par les patrons, pouvoir d'achat des salaires en baisse généralisée, prestations sociales gelées ou supprimées, blocage des retraites depuis quatre ans, allongement des annuités et recul de l'âge légal de la retraite pour le taux maximum, concessions sans limite au profit exclusif des patrons et du Medef, ce sont 45 milliards d'euros de cadeaux aux patrons sans aucune contrepartie, sans aucun effet sur l'emploi et primes de 2000 euros à l'embauche dans les PME dès 2016.

Dans le même espace temps, c'est la criminalisation des syndicats et syndicalistes qui osent se battre contre les patrons à l'instar d'Air France ou Goodyear et réduire les syndicats à un rôle d'observateurs inofensifs, ce qu'ils refusent bien entendu.

C'est par ailleurs les couches intermédiaires matraquées par les impôts et taxes, en hausses constantes. Alors que le prix à la pompe baisse, Valls impose une nouvelle hausse des taxes sur l'essence. Cadeaux fiscaux pour les grandes fortunes, mais 5 millions de chômeurs et 10 millions de pauvres, l'espérance de vie baisse pour la première fois en France depuis les années 70, signe sans doute de la bonne santé du pays tout entier.

l'Europe, la Grèce et l'Allemagne, le monde agricole et les paysans, le TAFTA, la FNSEA complice d'un productivisme suicidaire, la bonne conscience des États et de la France organisatrice de la COP21 vite mise à l'épreuve avec le futur aéroport de Notre Dame-des-Landes, le barrage de Sivens, l'enfouissement des déchets nucléaires à Bure, la décharge de Nonant-le-Pin et le Nucléaire toujours premier au hit-parade de la pollution, cadeau empoisonné pour les futurs générations.

Sur un tout autre sujet, mettant en cause les piliers de notre République, restriction des libertés avec l'état d'urgence, remise en cause du principe d’Égalité des citoyens avec la proposition d'inscrire dans la Constitution Française l'état d'urgence et la déchéance de nationalité pour les binationaux.

Et puis encore, la place subalterne et caricatural réservée à la Laïcité. C'est aussi l'école dont les rythmes scolaires et le contenu des programmes laissent à désirer, c'est la non reconnaissance du corps enseignant à qui l’État donne peu en comparaison des autres pays européens mais demande beaucoup, au-delà des prérogatives initiales des enseignants.

C'est encore la part belle faite dans les médias aux religions, flattant les unes et discréditant les autres, jusqu'à créer une sorte d'émulation malsaine anti-laïque et enfin j'en termine avec cette liste impressionnante par la diminution drastique des Dotations de l’État aux Collectivités Territoriales qui impacte les Services Publics.

Plus grave est la suppression pure et simple de certains Services Publics pour raison d'économies budgétaires de l’État, vous savez à cause de la dette, encore la dette et toujours la dette ! Pourtant pour faire la guerre en Syrie Hollande a trouvé en un claquement de doigts, six cents millions d'euros.

Tout cela, ce n'est pas la gauche !


Une primaire pourquoi alors ?

Entendre jacasser des postulants déjà alignés sur le PS, derrière Valls, Macrons, Sapin, Taubira, Royal, Amont, Moscovici, Cambadélis, Laurent, Duflot, etc. ne présente aucun intérêt si ce n'est pour les opposants, à savoir d'un côté le clan Le Pen dont la tête de file à annoncer se mettre en réserve pour quelque temps, alors qu'il s'agit pour elle de poursuivre la stratégie du silence, "se taire le plus longtemps possible pour ne pas avoir à dévoiler ses véritables intentions pour la France". Intentions et programme peu avouables.

D'un autre côté la droite aussi espère profiter du bilan catastrophique de Hollande et Valls et des discours discordants qui ne manqueront pas d'éclairer les gens dès le premier débat. Ils espèrent bien en profiter au maximum et tirer les marrons du feu, à moins d'en recevoir une volée sur le coin du nez par leurs propres troupes lors de leur primaire.

Alors que reste-t-il pour nous le peuple ?

Il reste le peuple précisément, un peu paumé certes, comme je le suis, mais toujours là.

Tout est encore possible, encore faut-il s'en convaincre et se battre.

Rappelons-nous que grâce à notre vaste rassemblement durant les mois qui ont précédés le premier tour de la présidentielle de 2012 nous étions crédités d'un score très positif oscillant entre 15 et 18 % pour en fait atteindre le score de 11,11 % et 4 millions de voix. Excusez du peu.

Il faut se souvenir de la campagne très dure menée contre nous, contre notre programme "l'humain d'abord" et surtout contre la personnalité de notre candidat commun, Jean-Luc Mélenchon. Nous avions collectivement relevé le défit et redonné de l'espoir en nous ralliant au candidat Hollande au second tour tout en refusant une participation gouvernementale à juste raison. Nous pensions, bien à tort cette fois, pouvoir infléchir une politique que le candidat Hollande tirait déjà à droite. On est social-démocrate ou on ne l'est pas.

Il était impensable d'être trahi de cette façon dès le lendemain du scrutin, lors de la visite de Hollande en Allemagne où il fit allégeance à Merkel devant toute l'Europe, cédant sur tout, ouvrant en grand la porte de l'austérité pour le peuple, reniant du même coup les menaces annoncées en direction de la finance et des grands patrons. Le capitaine de pédalo justifiait son titre.

Comment et pourquoi avions-nous obtenu ce résultat très honorable.

D'une part nous étions avec le Front de Gauche une force de rassemblement sans faille. La confiance en "autre chose", dans d'autres femmes et d'autres hommes était en construction et bientôt nous allions en mesurer les effets.

Pourquoi ? Parce que l'absence de compromission avec le PS donnait aux électeurs de tout âge et de toutes catégories sociales une perspective de changement réel.

Nous étions présents et actifs sur la base d'un même programme, "l’humain d'abord", avec en perspective la construction d'une République nouvelle, la sixième si possible, pour réduire les inégalités déjà lourdes de conséquences sur la vie des gens.

Aujourd'hui ce potentiel n'est pas totalement réduit à néant par les attitudes mercantiles des dirigeants du PCF et ceux de EELV, qui ont tantôt un pied dedans tantôt un pied dehors, entretenant la plusl grande confusion dans notre électorat.

Il nous reste des forces, nombreuses, un électorat fidèle qui souhaite renouer avec ce que nous avions partagé en 2012. Mais il est vrai que la déception est lourde, pesante. Il nous faut remonter la pente en chaussant les godasses, le bâton à la main et des idées plein la musette, à l'ancienne en somme. Rappelons-nous il y a un mois tout juste l'émergeance de forces nouvelles dans le cadre des mobilisations autour des ONG pour la COP21 à l'instar d'Alternatiba par exemple.

Le programme, " l'humain d'abord" n'est pas obsolète, il vaut le coup que l'on s'en occupe. Personnellement je reviendrai dessus car je crois qu'il reste une référence pour aujourd'hui comme pour demain, 2017.

Objectif 2017 sur un programme et un candidat commun, hors PCF et EELV, puisqu'ils ont décidé de participer à la mascarade de la primaire aux côtés de Hollande, Valls, Macron et consorts. Ils font un choix contraire à leur propre intérêt et surtout à celui des salariés et du peuple tout entier.

Chacun trouve ses intérêts là où il veut, il reste simplement a en assumer les conséquences.

Moi je préfère construire avec les gens, les salariés, les chômeurs, les jeunes, les femmes, les retraités, le peuple en définitive. Il nous faut être inventif. En ce moment il existe des progressistes qui parlent d'un nouveau Front Populaire...

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