EMMANUEL MACRON OU L’ESPRIT DE CONQUETE

Elu dimanche 7 mai 2017, avec 66,10 % des suffrages (20,8 millions de voix), Emmanuel Macron (1977-) - candidat d’En Marche !, résolument européen - a remporté le second tour de l’élection présidentielle, face à Marine Le Pen (1968-), candidate de l’extrême-droite, favorable au « Frexit ».

Le score est écrasant pour le huitième - et atypique - Président de la Cinquième République … mais le taux d’abstention est néanmoins le plus fort pour le second tour depuis l’élection présidentielle de 1969. Sans explosion ni désencrage massif, le taux d’abstention reste élevé : un électeur sur quatre a préféré ne pas se déplacer pour voter (25,44 % de taux d’abstention, soit 12,1 millions d’électeurs, chiffre en progression de trois points entre les deux tours).

Convaincre n’est pas toujours facile : les votes blancs et nuls ont été multipliés par quatre entre les deux tours, représentant 4,07 millions de bulletins  (soit environ 11,5% des votants). A eux seuls, les bulletins nuls sont passés, entre les deux tours, de 285 500 à plus d’un million. Emmanuel Macron en a parfaitement conscience … Comment va-t-il répondre, dans les prochains mois, aux attentes non satisfaites mais ainsi exprimées par le suffrage universel, dans le cadre des institutions de la Cinquième République ?

Pour rappels, les règles du scrutin présidentiel en France sont simples. Pour l’électeur, il s’agit de choisir au premier tour et d’éliminer au second tour. Pour le candidat, il s’agit de mobiliser son camp au premier tour, puis d’ouvrir et de rassembler au second tour.

Fort d’une fulgurante et méthodique ascension politique, le nouveau Président de la République s’est affranchi de cette règle lorsqu’il était candidat à l’élection.

 

Pierre LE BLAVEC

Professeur

Ancien collaborateur parlementaire à l’Assemblée nationale et assistant parlementaire au Sénat pour les parlementaires non-inscrits

 

 

LAvisDevantSoi (LAVDS) - Tous droits réservés - lundi 8 mai 2017

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