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Enseignant-chercheur en droit international de l'environnement ,du désarmement et en relations internationales.Militant.Retraité.

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Billet de blog 21 août 2022

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II-Les autres en questions...

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

-II- LES AUTRES EN QUESTIONS…

7-DIVERSITES ET  RAPPORTS AUX AUTRES

8-AMOUR  ,     AMITIE,   FRATERNITE

9-COMPETITIONS

10-FACE AUX COMPETITIONS :   COOPERATIONS ,  SOLIDARITES, CONTRATS MONDIAUX ,BIENS PUBLICS MONDIAUX  

11-  DES  CONFLITS  ,   DES  JALOUSIES, DES PARDONS

12-QUELQUES CITATIONS LUMINEUSES SUR LE BONHEUR ET LE DON 

13-DE QUELQUES QUALITES  ET DE  QUELQUES    DEFAUTS

14-DE QUELQUES AUTRES ELEMENTS DU VIVANT

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7- DIVERSITES ,  UNITES ET RAPPORTS AUX AUTRES

Que pensez-vous des rapports aux autres ?

Des philosophies, des sciences, d’autres disciplines, des cultures, des religions sont plus ou moins parlantes et présentes quant aux rapports entre unités et diversités, comme elles le sont aussi quant à l’universel et au particulier, à l’uniformisation et à la diversification, à l’un et au multiple, à l’humanité et aux éléments qui la composent, à l’individu et à la société, au personnel et au collectif, à un tout et à ses composantes…

Pour avoir une vue globale de théories et de pratiques une des façons de se situer n’est-elle pas celle des rapports entre une unité donnée et des diversités?

Comment avoir une certaine vue globale de nos rapports aux autres c'est à dire entre personnes, entre collectivités, entre peuples, entre cultures, entre générations.... ?

Les analyses en vase clos sont ici très fréquentes, elles souvent sources d’erreurs et de mensonges, de discriminations et de multiples formes de souffrances.

Par exemple on ne prend pas en compte les deux dimensions pouvant être reconnues en chaque personne, chaque collectivité, chaque peuple, chaque culture, chaque génération : des similitudes et des différences.

Par exemple on vante les mérites de l’assimilation et on critique les limites de l’intégration, deux regards pourtant très différents sur les autres.

Par exemple on confond volontairement ou involontairement droit à la différence et respect des différences.

Par exemple on a une vue pétrifiée des réalités dans des discours où tout demeure et rien ne devient, les utopies créatrices proposant des moyens de changements possibles sont absentes.

On constate ainsi qu’il y a des théories et  des pratiques de capture et d’élimination des différences, des théories et des pratiques d’exaspération, d’exacerbation des différences, des théories et des pratiques d’assimilation au sein d’une unité donnée , enfin et heureusement des théories et des pratiques d’ouverture, d’intégration,  de respect des différences. On pourra aussi souligner les limites du respect des différences  sans oublier un schéma de ces rapports aux autres.

-Des théories et  des pratiques de capture et d’élimination des différences.

-Un acteur donné, par exemple une personne, un peuple, un pays, une culture, une génération, mais aussi le marché, la techno science,  se prétend la seule incarnation parfaite d’une réalité ou de la réalité entière. Le mot perfection fait froid dans le dos, il signifie ici que les horizons d’autres possibles disparaissent, que tout doit être absolument conforme au modèle imposé.

Ainsi le « Tout dans l’Etat, rien contre, rien en dehors » reste tristement et dramatiquement connu. C’est à l’extrême le régime totalitaire qui broie tout dans « Le Même », par exemple une race.(voir notre article sur ce blog « Le contraire absolu de la démocratie : le totalitarisme. »)

 -Il faut prévenir et dénoncer ces pratiques de dominations, de totalisation qui se traduisent souvent par des drames. Des ségrégations, des discriminations sont présentes, de même aussi souvent des persécutions, des éliminations.

En ce sens un universalisme qui éliminerait ou  élimine les différences devient irrespirable, destructeur et inacceptable.

Ainsi une société du marché et de la financiarisation qui aurait tendance à tout « marchandiser » y compris le vivant, ainsi un scientisme qui met en œuvre théories et pratiques scientifiques sans aucunes critiques et aucunes alternatives possibles.

 -Des théories et des pratiques d’exaspération, d’exacerbation des différences.

-Un acteur donné ne devrait  pas exacerber ses différences, ce regard est lui aussi destructeur à travers la formation de replis identitaires qui, au-delà d’un certain degré, peuvent se traduire par des pratiques inhumaines. Une paranoïa personnelle ou collective peut être présente et faire des ravages..

 Chaque personne, chaque groupe socio culturel s’enferme alors  dans sa singularité. On est loin de personnes et de communautés ouvertes et rayonnantes. Cette attitude correspond même parfois à la formation de ghettos à partir de causes externes et/ou internes dans des proportions variables. On ne conçoit pas ici le bien commun universel, l’humanité ne peut qu’être éclatée en collectivités rivales.

-Ces théories et ces pratiques n’ont-elles pas quelque chose de contraire à un vivre-ensemble de plus en plus appelé à faire face aux périls communs en particulier écologiques ? A l’extrême plutôt que construire une coopération massive et vitale on se referme dans des groupes de survie armés jusqu’aux dents et se préparant à faire face à des ennemis.

En ce sens un universalisme fondé uniquement sur des différences qui s’exacerbent peut être porteur de menaces et de drames.

 -Des théories et des pratiques d’assimilation au sein d’une unité donnée.

-Un acteur dominant  efface,  gomme  les différences.

Ce regard d’ « assimilation » consiste à dire que l’autre est  notre égal … parce qu’il est ou  parce qu’il devient comme nous.

S’il ne nous ressemble pas il n’est pas notre égal.

-Ce regard se situe entre les deux précédents extrêmes, celui de l’élimination des différences, celui de l’exacerbation des différences.

Il veut transcender les différences. Sous un regard qui se veut bienveillant (« Ils sont bien assimilés ceux-là») on peut porter atteinte à différents acteurs, ainsi à des personnes, des peuples, des collectivités, des cultures…

En ce sens un universalisme fondé sur l’assimilation a quelque chose de réducteur, une sorte d’uniformité omniprésente.

 -Des théories et des pratiques d’ouverture, de respect des différences, d’intégration.

-Un acteur donné ne devrait-il pas  avoir une attitude  « d’ouverture »  reposant sur le respect des différences qui correspond à « l’intégration » ?

Autrement dit une unité donnée doit avoir deux fondements.

D’abord des valeurs sur lesquelles elle repose, elle n’est pas un élément inconsistant mais un socle lié aux libertés, aux égalités, aux fraternités.

Ensuite ce cadre ne doit pas être sans possibilités d’évolution, il est en construction et ne demeure pas tel qu’il est, sans respirations nouvelles, sans les apports d’autres enrichissements intérieurs er extérieurs. Il n’est pas immobile mais en devenir.

- Ainsi en chaque être humain, en chaque peuple, en chaque culture on reconnaît des similitudes et des différences, c’est le grand principe de « non-discrimination. »

Nous sommes égaux et différents. « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits(…) », il faut lutter pour  conquérir et protéger ces égalités et  pour que ces différences  soient  respectées.

Ainsi les Etats parties aux deux Pactes internationaux des droits de l’homme de 1966 (l’un sur les droits civils et politiques, l’autre sur les droits économiques sociaux et culturels), s'engagent à respecter et à garantir à tous les individus se trouvant sur leur territoire et relevant de leur compétence « les droits reconnus dans ces pactes, sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de religion, de langue, d'opinion politique ou de toute autre opinion, d'origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance, de handicap, d’âge, d’orientation sexuelle ou de toute autre situation. »

Ce respect des différences se manifeste par exemple , entre autres, à travers les expressions de l’ensemble des cultures. Un programme de l’UNESCO s’intitulait avec force « Un seul monde, voix multiples . »

-Les limites du respect des différences

-Il faut cependant ajouter que les différences ne doivent pas en appeler à l’inhumanité, à la haine de l’autre.

Dans ces cas là elles sont inacceptables.

 -Se  posent des questions de  sanctions à adopter, et surtout  de moyens à mettre en œuvre pour prévenir, en amont, de telles situations qui peuvent être, entre autres , issues de désespoirs et/ou d’idéologies fondées sur l’administration de peurs, sur la fabrication de l’image de l’ennemi intérieur et/ou extérieur.

-L’appel à la haine a deux effets  essentiels catastrophiques  : il est porteur de souffrances et , second effet qu’on ne souligne que très rarement, il fait perdre beaucoup de temps et de force pour prévenir et affronter les véritables périls qui s’appellent la débâcle écologique, les inégalités criantes, les armes de destruction massive et la domination des finances et de la techno science.

On peut se demander quels sont les effets des périls communs sur les théories et les pratiques de nos regards sur les autres ?

Est-ce que ces périls communs contribuent à nous fraterniser ? Ou est-ce le contraire ? Ou tout est-il possible : le pire, l’entre-deux et le meilleur ? (Voir nos articles « Sommes-nous fraternisés par les périls communs ? »

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8-AMOUR,AMITIE, FRATERNITE

-D’abord dans l’amitié l’amour  la fraternité ,  au-delà des différences ,il y a l’idée avant tout de partage, on partage deux vies dans l’amour, on partage des vécus dans l’amitié, on partage des luttes et d’autres situations dans la fraternité.

-La fraternité je l’ai vécue avant tout dans des luttes contre l’inacceptable, pour la
démocratie, la justice, l’environnement, la paix, luttes surtout à travers des associations à
différents niveaux géographiques.

–Des évènements collectifs m’ont bousculé ou bouleversé et m’ont poussé à des engagements. Le voyage associatif au Bangladesh en 1973 est ainsi un des moments forts de ma vie.

-La fraternité, avec d’autres émotions, avec d’autres forces je l’ai rencontrée aussi dans l’art,
comme tant d’entre nous, surtout à travers la musique, le cinéma, la poésie et la littérature.
Ces quatre séries de vécus (l’amour, l’amitié, la fraternité, l’art) sont, peut-être, ce que les
êtres humains ont inventé de plus merveilleux. Quatre séries de rencontres, avec des points communs et des différences, quatre séries de tristesses et de joies, d’espoirs déçus ou réalisés, quatre séries d’ombres, d’entre-deux et de lumières. Les êtres humains ont inventé l’amour, l’amitié, la fraternité, l’art, diront certains, pour se donner l’illusion de ne pas être seuls ou, diront d’autres, pour partager des joies et des peines, ou … ( vous ajouterez vous-même votre vision si elle est différente des deux précédentes.)

-Aux êtres humains il faut ajouter les affections réciproques et des chiens et des chats qui ont8
accompagné eux aussi nos vies, « êtres sensibles » est une qualification officielle qui leur va très bien.

-Que dire de  l’amour ?

 -D’abord il y a celui de l’autre, compagne  ou compagnon, et celui des autres, proches et lointains. Il arrive que l’amour de l’autre corresponde à une mise à part plus ou moins longue. Il arrive au contraire que l’amour de l’autre , tout en gardant une intimité, contribue à une mise au monde, au milieu des autres. D’une certaine façon peut-être pourrait-on dire que les amoureux sont seuls au monde mais pas ceux qui aiment ?

-Ensuite  dans l’amour   deux  personnes  s’estiment, se protègent, se complètent, se limitent, s’inclinent   l’ une  vers l’ autre. L’amour est synonyme de partage, partage des joies, des peines et des projets.

-D’autre part un moyen privilégié du partage est la parole, en particulier dans le couple, construire « une maison de mots où habiter ensemble. »

-Enfin l’amour renvoie à  une certaine  compréhension charnelle, une sexualité  assumée,  le désir et la tendresse  peuvent se renforcer l’un l’autre à travers le temps.

-Que dire de l’amitié ?

-D’abord  l’amitié est une grande chance. On peut construire des amitiés dans différents lieux de vie et à différentes périodes. Les amitiés personnelles comme les amitiés de couple à couple sont précieuses. Là aussi voilà des partages de joies, de peines et de projets.

-Ensuite l’amitié est un bateau qui peut être là dans les moments difficiles, les coups durs. L’ami se reconnait aussi dans ces moments là , s’il est présent il peut nous aider à y faire face.

-Les maladies des amis, les  « départs » des amis  sont des souffrances qui nous rappellent, si besoin était, la fragilité des êtres et la chance d’avoir partagé avec eux  des moments merveilleux.

-Que dire de la fraternité ?

- D’abord nous l’avons ressentie affectivement et intellectuellement particulièrement dans des marches de résistance face à tel ou tel projet inacceptable, par exemple injuste ou destructeur de l’environnement ou portant atteinte à des libertés. Nous voilà côte à côte comme frères. Emile Zola écrivait « ( …) Le rêve final sera de ramener tous les peuples à l'universelle fraternité, de les sauver tous le plus possible de la commune douleur, de les noyer tous dans une commune tendresse. »

-D’autre part    « l’esprit de fraternité », consacré par la DUDH, esprit porté par « les êtres humains doués de raison et de conscience », doit souffler sur notre terre à travers les temps. L’esprit de fraternité ne doit-il pas  contribuer à faire de  tous envers tous, des tisseurs  et des passeurs de fraternités ?

-Ensuite on peut se demander si la fraternité est et doit être trans générationnelle ? Ethiquement il faut qu’elle le soit, c’est un devoir moral, politiquement il faut lui donner sa place, c’est une valeur essentielle, juridiquement il faut la construire, c’est un principe porteur au même titre que la liberté et l’égalité(le conseil constitutionnel l’a d’ailleurs reconnu).

-Et encore demandons-nous si  le destin commun n’en appelle pas  à la fraternité ? Dans l’immensité du temps la planète Terre, nous disent des scientifiques, disparaitra brûlée par le soleil qui, avant de s’éteindre, détruira l’ensemble des planètes du système solaire.Une espèce s’éteint en moyenne en 5 à 10 millions d’années, le genre homo a deux millions d’années, l’homo sapiens 200.000 ans, mais nous avons très certainement utilisé la plus grande partie de nos réserves environnementales, d’aucuns pensent même que l’humanité s’éteindra un peu avant ou un peu après 2100.Une certitude : les situations écologiques apocalyptiques vont se multiplier à moins d’une remise en cause gigantesque que, à ce jour, on ne voit pas arriver. Notre destin commun est donc de faire face à des catastrophes qui vont s’étendre et en rapidité et en diversité  et en profondeur et en nombre sur la planète. Elles toucheront l’ensemble du vivant, humain et non humain. Faire face signifie essayer de prévenir d’éviter des souffrances et essayer d’en soulager d’autres. Eviter tout ou partie de telle ou telle catastrophe, soulager tout ou partie de telle ou telle autre.

-Demandons nous encore si   les périls communs n’en appellent pas  à la fraternité ?

Etre frères n’est-ce pas se rassembler contre des périls communs. Ils s’appellent et s’appelleront très certainement débâcle écologique, armes de destruction massive, inégalités criantes, toute-puissance de la techno science et des marchés financiers. C’est être frères contre les périls communs eux-mêmes, c’est l’attitude non violente fondée sur le respect des personnes et les remises en cause de mécanismes anti fraternels.

-Et  les fragilités communes n’en appellent-elles pas elles aussi à la fraternité ?

Ce sont aussi les douleurs de la vie, une sorte de fraternité de la douleur, qui peuvent nous relier en étant à l'écoute des fragilités, celles des autres et les nôtres. Vont dans ce sens des religions, des cultures, des œuvres d’art, qui nous disent « çà n’est pas un fardeau que tu portes c’est ton frère. » Enfants en détresse et/ou en danger sur notre terre : un sur deux aujourd’hui et combien demain ?

-Sans oublier enfin   les projets communs qui en  appellent  à la fraternité.

 Etre frères c’est se rassembler à travers le temps pour préserver le bien commun et pour construire du commun c'est-à-dire penser et mettre en œuvre les biens communs dans un accès universel, et relier, dans l’espace et dans le temps, le proche et le lointain ?

Ces projets ne  sont-ils pas témoignages de fraternités s’ils répondent aux urgences, s’ils construisent des politiques à long terme et si les moyens mis en œuvre sont conformes aux fins proposées ?

Un des grands défis n’est-il pas de construire un monde viable dans nos terroirs, le village, la ville, la région, dans notre patrie, le pays, dans notre matrie , le continent, dans notre foyer d’humanité et du vivant , la Terre. Ces différents lieux de vie ne doivent-ils pas se reconnaitre, se protéger, se compléter, s’interpeller, se limiter et s’incliner les uns vers les autres ?

-Quant aux   éléments communs de l’environnement les voilà ,  eux aussi ,proches de la fraternité.

Des théories et des pratiques , celle de Patrimoine commun de l’humanité, celle de biens communs, au-delà de leurs différences(conceptions de la propriété et de la responsabilité, des acteurs les mettant en œuvre, de leur étendue, de leur gestion…), ont probablement des points communs : mettre en avant des éléments qui, en dépassant le quadrillage étatique, en mettant des limites à la marchandisation du monde, en étant pensés sur le long terme voudraient   contribuer à préserver ce que l’humanité et la nature peuvent avoir d’essentiel.

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9-COMPETITIONS

Dans l’arrivée, le déroulement et les effets des compétitions les responsabilités morales, psychologiques, matérielles,  juridiques sont innombrables et infiniment variables  selon les personnes et les collectivités.

 Selon les acteurs et les situations on peut dire qu’elles sont inexistantes, faibles, moyennes, importantes ou gigantesques.

  - Les  domaines d’activités des compétitions :

-   En premier lieu les compétitions sont omniprésentes au cœur des sociétés productivistes c'est-à-dire dans les sciences, les techniques, l’économie, les finances.

 Par exemple « la recherche développement militaire » se développe et la course, en particulier qualitative, vers de nouveaux armements est permanente, ainsi le domaine des armes nucléaires, même s’il ne s’agit que de quelques Etats, et le domaine des drones sont parmi les plus compétitifs.

Par exemple en matière d’intelligence artificielle la recherche débouche sur des applications qui se multiplient, ainsi des diagnostics médicaux, des robots industriels, des jeux vidéo, des voitures autonomes, dans ces applications et dans beaucoup d’autres les compétitions se déchainent.

Par exemple dans le domaine de l’espace quelques pays sont en compétition intense. Dans le domaine de l’aviation les couples compagnies-Etats sont en concurrence forte avec d’autres couples du même type, des combats de titans s’appellent par exemple Boeing-Etats-Unis face à Airbus-France Europe.

Par exemple des multinationales et des pays produisant des énergies fossiles s’affrontent, comme déjà aussi des entreprises des énergies renouvelables.

Par exemple, dans de multiples pays vendeurs d’armes, les contrats de ces marchands de canons se remportent, entre autres, sur des corruptions c'est-à-dire d’énormes commissions occultes, là également les concurrences se déchainent.

Par exemple dans le domaine des outils informatiques de grands groupes sont entrés dans une compétition effrénée et de puissantes entreprises économiques et financières (Google, Apple, Facebook, Amazon) s’affrontent dans le monde de l’internet. Le réseau mobile de « la 5G » donne lieu lui aussi à de vives compétitions.

Par exemple dans le domaine financier les marchés boursiers affichent chaque jour leurs performances, les paradis fiscaux sont en compétition pour accueillir d’énormes capitaux, des fortunes énormes ont été bâties sur des victoires pleines de concurrences…

- En second lieu la compétition est omniprésente dans l’armature du système productiviste c'est-à-dire dans les domaines politique, idéologique, éducatif,  scolaire, sportif, artistique, religieux, relationnel…

Dans le domaine politique on peut constater que la classe politique raisonne souvent ainsi : les tenants du libéralisme croient plus ou moins à la sacralisation de la compétition, les tenants du socialisme croient plus ou moins à la gestion de la compétition, les tenants du nationalisme croient plus ou moins à la nationalisation de la compétition, .les tenants d’une société humainement viable voudraient remettre plus ou moins en cause la compétition... Ils pensent que c’est vital.

Par exemple dans le cadre de ces compétitions politiques on affirme souvent que lorsqu’on se lance en politique il faut être prêt « à recevoir des coups et à en donner », il faut se construire « une carapace et avoir la peau dure.»

Par exemple lécole, l’université, la formation professionnelle préparent un élève, un étudiant, un travailleur, qui se veut performant, à travers une multitude de classements successifs.

Par exemple l’éducation familiale accompagne souvent ce parcours en incitant à rentrer dans le meilleur établissement et à remporter la course au diplôme.

Par exemple l’art est souvent accompagné de concours, de prix, de récompenses.

Sans parler bien sûr du sport, domaine privilégié de compétitions, produisant gagnants et perdants d’équipes, de villes, de pays, de personnes qui s’affrontent. Certains sports, comme bien sûr le football , font l’objet de contrats mirobolants dans lesquels clubs et pays s’arrachent de grands joueurs.

 Par exemple les religions entrent certes en fraternité mais aussi en compétitions en particulier à partir de leurs diplomaties qui peuvent être concurrentes dans différents territoires, à partir également d’éléments extrêmes qui peuvent contribuer à multiplier tensions et conflits.

Par exemple l’idéologie elle-même des compétitions est très forte, ainsi dans le langage elle n’est pas neutre. On parle non seulement d’adversaires mais aussi d’ennemis, non seulement de concurrence mais aussi de guerre, non seulement de marges de manœuvres mais de choix inévitables qui vont dans le même sens : « tuer ou être tué. »

Il serait plus rapide de se demander quels sont les domaines qui échappent aux compétitions mais, même en amour et en affection, il n’est pas rare qu’elles soient présentes.

Un exemple est bien connu, celui de compétitions entre deux « concurrents » pour « conquérir » un cœur. Concurrences, conquêtes : les mots et les réalités sont là.

Un autre exemple bien connu lui aussi, celui des compétitions entre enfants, entre parents par exemple pour des héritages.

N’existent-ils pas ainsi des montagnes de jalousies, de rancunes, de tensions, d’éloignements, de souffrances qui rendent souvent difficile l’art de se rapprocher ?

 - Les acteurs des compétitions :

-   Le raisonnement probablement le plus globalisant et le plus opérationnel est celui des dimensions des acteurs. On trouve alors des compétitions qui vont  du plus petit niveau géographique  au niveau géographique le  plus gigantesque.

On peut distinguer les compétitions infra locales, locales, régionales, nationales, bilatérales, sous-continentales, continentales, internationales, mondiales. Ces dernières se jouent des frontières avec des acteurs puissants, elles dépassent les compétitions internationales qui sont souvent interétatiques.

A chaque niveau interviennent différents acteurs, par exemple au niveau international interviennent les Etats, les organisations internationales et régionales, les firmes multinationales, les organisations non gouvernementales, les réseaux scientifiques mondiaux, les marchés financiers, les complexes scientifico-militaro-industriels…

A l’autre extrême interviennent des citoyen(ne)s, des familles, des associations, des syndicats, des municipalités, d’autres collectivités territoriales, des entreprises locales, des services publics territoriaux…

Les niveaux géographiques intermédiaires, nationaux et continentaux, comprennent eux aussi de nombreux acteurs que l’on connait.

-   Ces compétitions peuvent se  développer entre autres de trois façons. Au sein d’un même acteur, par exemple une famille, à l’intérieur d’un même niveau géographique par exemple entre deux entreprises locales, enfin avec d’autres niveaux géographiques, par exemple entre plusieurs pays.

De multiples situations sont possibles, elles peuvent, par exemple dans des rachats d’entreprises, concerner également des compétitions entre Etats.

« Il n'y a plus d'autres critères d'appréciation que la performance, la compétitivité, la rentabilité...Chacun invoque la compétitivité de l'autre pour soumettre sa propre société aux exigences systématiques de la machine économique. » écrivait André Gorz.

Au-delà de ces domaines et de ces acteurs on peut se demander si des évènements majeurs n’ont pas multiplié et accéléré de nombreuses compétitions.

- Les quatre accélérations  des compétitions :

-   L'explosion démographique contribue à des compétitions

 Il a fallu 2 millions d’années pour arriver au premier milliard d’habitants en 1800, il a fallu seulement 210 ans pour avoir une population sept fois plus élevée, sept milliards d’habitants en 2011. L’explosion continue, en janvier 2019 il y avait 7,63 milliards d'habitants, en 2050 il y aurait en principe( ?) de l’ordre de 9,8 milliards d’habitants, elle ralentirait ensuite puisque en 2100 il devrait y avoir (?) 11,2 milliards de terriens.

De façon peut-être plus parlante ? Chaque seconde en 2018 : 4,4 naissances, 1,8 décès, donc un accroissement de 2,6. Chaque jour approximativement 380.000 naissances, 156.000 décès, donc un accroissement journalier de 224.000 personnes, (soit l’équivalent de Limoges et de son agglomération, ou d’un peu moins que la ville de Montpellier), chaque année à peu près 139 millions de naissances, 57 millions de décès, soit un accroissement de 82 millions de personnes de la population mondiale.

Comment imaginer que le passage d’un milliard d’habitants en 1800 à 7,8 milliards en 2022, donc près de huit fois plus de terriens en près de 220 ans, soit sans conséquences sur les vies des êtres humains, des autres acteurs et du vivant en général, cela dans un monde où le droit du plus fort est bien là, où les exclus sont légions, où certaines ressources deviennent plus rares, où l’attrait de l’argent est omniprésent, où tensions, rivalités, concurrences, conflits constituent une large part du quotidien de beaucoup d’acteurs ?

-   L’urbanisation vertigineuse contribue à des compétitions

L’humanité a passé un cap historique en 2007, celui d’un habitant sur deux dans le monde qui vit en ville.

En 2018 cette part était de 55%, à cette allure en 2050 elle serait de 66%. Cette perspective est conditionnelle parce qu’il est relativement probable que commenceront ou se poursuivront des évacuations de mégapoles devenues irrespirables.

Cette urbanisation est vertigineuse, c’est l’un des plus grands événements en profondeur de la planète.

Il y avait en 2018 plus d’un million de villes dans le monde. Près de 4300 comptent plus de 100.000 habitants, 417 villes comptent entre 1 et 5 millions d’habitants, 43 villes ont de 5 à 10 millions d’habitants, elles seraient 63 en 2030. Enfin gigantismes que ceux des 36 mégapoles de plus de 10 millions d’habitants, ainsi Tokyo avec 38 millions d’habitants soit autant que la Pologne...

Cette urbanisation s’accompagne de nombreux bidonvilles, un tiers de la population des pays pauvres survit dans ces bidonvilles, soit de l’ordre d’un milliard de personnes.

Cette explosion urbaine a des conséquences directes sur les compétitions dans la mesure où elle contribue à créer et multiplier rivalités, tensions, conflits dans ces villes, et d’ailleurs également aux différents niveaux géographiques, cela par rapport aux productions, aux consommations, aux transports.

Ces mégapoles sont mega polluantes. Cet environnement dégradé en appelle de plus en plus aux courses à la survie en eau, en nourriture, en air, en sols. Tout cela à travers encore de multiples concurrences.

Dans ce monde qui s’urbanise, se mégapolise, se bidonvillise, se fragilise les accélérations s’accompagnent de rivalités, de compétitions multiples pour vivre ou survivre. La ville est " le lieu de multiples fractures", il n’est d’ailleurs pas exclu que, dans des logiques d’évacuations massives de grandes villes, où par exemple l’air deviendrait massivement et durablement irrespirable, des compétitions entre citadins pour partir deviennent de plus en plus conflictuelles. Sans oublier l’absence, criminellement responsable, d’un statut international des déplacés environnementaux qui, sans être un remède miracle, pourrait cependant apaiser des situations. (Voir sur ce blog les articles relatifs au «  Projet de convention d’un statut international des déplacés environnementaux», projet conçu par les laboratoires du droit de l’environnement et des droits de l’homme de l’Université de Limoges, projet considéré à ce jour comme le plus élaboré.) Le courage politique répond le plus souvent absent à ce jour.

Deux autres évènements majeurs ont contribué et contribuent à multiplier et accélérer des compétitions.

 - La techno-science contribue à des compétitions.

Elle se développe lentement entre 1780 et 1850. A partir de 1880 jusqu’à 1914 elle s’accélère avec l’arrivée de la radio et celle des voitures. Elle va plus vite entre 1914 et 1945, enfin de 1945 à nos jours elle atteint une rapidité incroyable avec l’explosion des médias et de l’informatique, sa mondialisation est plus ou moins rapide selon les lieux.

Une réalité symbolise cette accélération : entre l’arrivée de la radio à la fin du 19ème et sa diffusion à 50 millions de personnes il y a eu 40 ans, par contre entre l’arrivée de la connexion à internet et la connexion à 50 millions de personnes il y a eu 4 ans ! D’autre part le nombre de terriens ayant un téléphone portable était de l’ordre de 75% fin 2018 : combien de mails et de sms sont envoyés chaque jour relatifs à des situations de compétitions ? Heureusement les mails d’amour, d’affection, de fraternité sont également bien présents…

L’exemple des transports est également des plus connus : il y a 150 ans il fallait trois jours pour aller de Limoges à Paris, aujourd’hui 3 heures, il fallait quinze jours pour aller de Limoges à Rio, aujourd’hui 7 heures.

Cette accélération de la techno science s’exerce en particulier à travers les compétitions d’éléments des complexes scientifico-militaro-industriels, plus particulièrement encore dans une course qualitative aux armements nucléaires de quelques Etats à travers des modernisations et des remplacements encadrés dans des programmes qui s’étalent sur plusieurs années voire parfois plusieurs décennies. Le quantitatif est passé de 60.000 ogives nucléaires à 7000 grâce aux traités de désarmement, la dénonciation de certains de ces traités en 2019 , peut-être aussi en 2021, n’est pas faite pour apaiser ces compétitions. C’est une grave erreur de plus de la présidence américaine.

Ces accélérations et beaucoup d’autres se sont déroulées et se déroulent à travers de multiples compétitions entre des centres de recherches, des industries, des entreprises de commerce, des régions, des villes, des pays et bien sûr des personnes…

 - Le marché mondial contribue à des compétitions.

 Il s’est accéléré avec les compétitions qui l’accompagnent. En premier lieu les firmes multinationales se sont internationalisées à partir des années 1960, la production a été plus rapidement disponible, la consommation a été portée très vite par la publicité, une course aux quantités les a accompagnées. Le marché a imposé sa rapidité, ainsi les « flux tendus » sont un des symboles de cette accélération économique, de même la flexibilité, et dans l’espace et dans le temps, qui est synonyme d’adaptation de l’être humain au marché « Etre ou ne pas être flexible ! » nous dit souvent le marché.

En second lieu la militarisation d’une partie de la science et de l’industrie a participé et participe à cette accélération-compétition, les armes sont de plus en plus mobiles, rapides et puissantes. Des Etats sont en première ligne, sans oublier, dans une mesure qui n’est certes pas comparable en puissance, les marchands d’armes privés.

Les compétitions sur le marché des ventes d’armes sont parmi les plus effrénées. Un célèbre dessin de Plantu montrait des responsables de gouvernements français qui se succédaient et participaient aux ventes d’armes, le dessin était sous-titré « Ils sont en pleine accoutumance ! Ils ne peuvent plus s’en passer ! »

En troisième lieu la financiarisation a été un des moteurs de cette accélération et de cette compétition. Après la fin de la convertibilité du dollar en or décidée par les Etats-Unis le 15 août 1971(date capitale), la spéculation sur les monnaies est devenue plus forte, il y a eu une montée du système bancaire  et des marchés boursiers(suivis au jour le jour par nombre de medias), le domaine financier s’est plus ou moins séparé de l’économie avec des logiques spécifiques de fructification des patrimoines, les spéculateurs ont voulu gagner de plus en plus d’argent de plus en plus vite et, comble du comble, les marchés financiers fonctionnent aujourd’hui à la seconde ou à la nanoseconde. Les compétitions sont d’une rapidité impressionnante.

Certains insistent sur le fait que ces marchés « ne supportent pas le temps démocratique qui ne va pas assez vite » (voir par exemple Patrick Viveret, entretien Mediapart, du 19-11-2011.) Ainsi « 70% des transactions aux Etats-Unis et 50% en Europe sont réalisés par des automates. » Lorsque l’on affirme, selon l’expression consacrée, qu’il faut « rassurer les marchés », il serait plus proche de la vérité de dire qu’il faut « rassurer ces automates ».On retrouve bien sûr ici la réalité de la technique qui nous échappe et qui devient autonome, réalité très présente en particulier dans l’œuvre de Jacques Ellul (voir par exemple « Le système technicien », Calmann-Lévy, 1977).Les logiques de certaines techniques sont claires : rapidité et compétition.

Ce panorama n’est certes pas exhaustif mais il montre l’ampleur de multiples formes des compétitions au cœur du système mondial et des rapports humains.

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10- FACE AUX COMPETITIONS : COOPERATIONS , SOLIDARITES,CONTRATS MONDIAUX ,BIENS PUBLICS MONDIAUX  

Si les coopérations et les solidarités sont connues, les contrats mondiaux et les biens publics mondiaux le sont moins.

La liste est bien sûr indicative et l’imagination doit prendre le pouvoir

-    Des coopérations, des solidarités

Dans la compétition on est, malgré soi ou avec soi , en rivalité avec d’autres acteurs, et on emploie parfois des moyens critiquables ou inacceptables.

Dans la coopération : des acteurs (Etats, organisations internationales, ONG etc…s’organisent à travers une certaine permanence pour parvenir à un but commun. La compétition n’est pas exclue mais elle est censée s’effacer dans un but commun.

Dans la solidarité on veut être avec les autres et d’abord avec les plus faibles et les exclus. Ces solidarités peuvent s’organiser à tous les niveaux géographiques et à travers une multitude d’acteurs par exemple des ONG. Des compétitions ne sont pas exclues entre organisations de solidarités mais la solidarité doit avoir le dernier mot.

De multiples lieux d’éducation remettent et remettront en cause des compétitions. Ainsi des écoles, des collèges, des lycées, des universités doivent multiplier des initiatives allant dans le sens des solidarités, dans le sens des éducations aux droits de l’homme, à l’environnement, à la paix.

-   Des contrats mondiaux dans des domaines vitaux

L’idée forte est ici de construire un cadre mondial permettant de remettre en cause la compétition qui ne peut gouverner la planète.

Ainsi, par exemple, le groupe de Lisbonne a proposé quatre grands contrats mondiaux « pour maitriser les excès de la compétitivité : un contrat mondial contre la pauvreté, un contrat démocratique pour le développement de la participation et de la société civile planétaire, un contrat culturel pour la tolérance et le dialogue entre cultures et religions, un contrat naturel pour le développement soutenable. »

Ainsi par exemple des personnalités ont proposé un contrat mondial de l’eau, le Manifeste est soutenu par de nombreuses associations dans le monde.

D’autres contrats mondiaux verront le jour. Par exemple pourquoi ne pas conclure un contrat créant une « internationale de la lenteur » qui aurait pour fonction d’organiser et de soutenir les mouvements allant dans ce sens ? Ce contrat ne ralentirait pas à lui seul le système productiviste mais constituerait une avancée intéressante. Et le couple compétition-vitesse ne l’apprécierait guère.

-    La consécration et l’extension des biens publics mondiaux

Cette voie suppose de faire le point sur le patrimoine commun de l’humanité (PCH) puis de voir ce qui est ou peut être en route autour du concept de biens communs. Le commun n’est-il pas ne peut-il pas être davantage une remise en cause importante des compétitions ?

-Que dire du PCH ?

Ce PCH reposera sur une gestion synonyme de limites établies au nom des responsabilités des êtres humains et du respect des êtres vivants. (Voir Hans Jonas, Principe responsabilité. Une éthique pour la civilisation technologique. (de 1979, paru en France en 1991, Flammarion.)

Le PCH prend et prendra différentes formes, outre les quatre qui suivent on peut en imaginer et en construire d’autres, on devra les articuler les unes aux autres pour renforcer la protection générale. A long terme ce devrait être là un contre-mécanisme très important contre le productivisme, il n’aura ni des logiques d’intérêts nationaux, ni des logiques de primauté du profit et d’une fuite en avant autodestructrice.

Le PCH au sens propre est celui d’éléments qui appartiennent  juridiquement  à l’humanité. Il s’agit des fonds marins (« la Zone ») (Convention sur le droit de la mer du 10-12-1982, article 136), de la Lune et des autres corps célestes (Accord du 5-12-1979, article 11), du génome humain (Déclaration du 11-11-1997, article 1er).

Le PCH au sens large est celui d’éléments constitués par des espaces internationalisés qui doivent être explorés et exploités dans l’intérêt de l’humanité. Il s’agit de l’espace extra atmosphérique (Traité du 27-1-1967, article 1er§1), de l’Antarctique (Traité du 1-12-1959, préambule).

Le PCH au sens plus large est celui d’éléments constitués par certains biens naturels et culturels ou mixtes, qui restent sous les souverainetés étatiques, mais qui nécessitent d’être protégés dans l’intérêt de l’humanité parce qu’ils présentent un intérêt exceptionnel. (Conclue dans le cadre de l’UNESCO, c’est la Convention sur le patrimoine mondial, 16-11-1972).

On peut légitimement soutenir qu’il faudrait rajouter ici une quatrième série d’éléments :

Le PCH au sens très large comprendrait les ressources biologiques ,que les Etats ont certes le droit souverain d’exploiter (article 3 de la Convention sur la diversité biologique du 5-6-1992), mais les Etats seraient contrôlés (interdictions possibles) par une autorité internationale, gardienne de ce patrimoine naturel mondial, par exemple la future Organisation mondiale de l’environnement(OME),celle-ci interviendrait alors au nom de la nature et au nom des générations futures(protocole à la Convention sur la biodiversité, et compétence à prévoir pour l’OME).

-Que dire des biens communs ?

(Voir par exemple « Les biens communs environnementaux : quel(s) statut(s) juridique(s) ? » dans Les cahiers du crideau, pulim 2017,sous la direction de Jessica Makowiak et Simon Jolivet, voir entre autres notre article sur « Le projet de déclaration universelle du bien commun de l’humanité »)

Cet intérêt commun de l’humanité est lié aussi à des biens communs. Ils sont qualifiés d’ « indispensables pour la vie collective des individus et des peuples » par le projet de « déclaration universelle du bien commun de l’humanité » (Forum mondial des alternatives, 2012), il est affirmé qu’il s’agit « de l’alimentation, de l’habitat, de la santé, de l’éducation et des communications matérielles et immatérielles. »Il faut donc « garantir l’accès aux biens communs et à une protection sociale universelle ».

Cette déclaration conçoit plus globalement le « Bien commun de l’humanité comme possibilité, capacité et responsabilité de produire et de reproduire la vie de la planète et l´existence physique, culturelle et spirituelle de tous les êtres humains à travers le monde.»
Ces théories et ces pratiques , encore en gestation, celle de Patrimoine commun de l’humanité, celle de Biens communs, au-delà de leurs différences(conceptions de la propriété et de la responsabilité, des acteurs les mettant en œuvre, de leur étendue, de leur gestion…), ont probablement un point…commun :

mettre en avant des éléments qui, en dépassant le quadrillage étatique, en mettant des limites à la marchandisation du monde, en étant pensés sur le long terme, voudraient contribuer à préserver ce que l’humanité et la nature peuvent avoir d’essentiel.

Quelles sont les critiques faites à cette conception ? La critique est double : c’est celle des souverainetés étatiques qui verront dans cette entreprise une forme de dépossession, c’est celle du productivisme qui ne peut accepter de remettre en cause des logiques d’exploitation sans limites de la Terre.

Que penser de ces critiques ? Face aux souverainetés irréductibles, une solidarité mondiale doit avoir le droit du dernier mot. Face au productivisme, condamnable et condamné, un système viable pour l’ensemble du vivant (humain, et non humain) doit voir le jour.

Quels biens communs à protéger ? Respecter la biosphère (maison commune de l’humanité et du vivant) et le patrimoine commun de l’humanité, organiser un accès universel et effectif aux biens communs indispensables à la vie des personnes, des peuples, des générations présentes et futures.

D’où l’existence de ces luttes pour développer des technologies propres, des énergies renouvelables et pour consacrer des éléments de l’environnement (par exemple l’eau) comme biens publics mondiaux ou comme patrimoine commun de l’humanité. Ces deux notions ne peuvent-elles pas contribuer à construire une certaine harmonie ou simplement une certaine cohabitation entre solidarité, liberté et sécurité ? Ne doit-on pas relier l’environnement au patrimoine mondial de l’humanité même si cette notion a subi un coup d’arrêt dans la Convention sur la diversité biologique puisque les États sont souverains sur leurs ressources naturelles. Il est cependant hautement souhaitable et encore possible que le potentiel de cette notion se déploie dans les décennies à venir.

René-Jean Dupuy affirmait : « L’humanité doit elle-même jouir de droits faute de quoi les hommes perdraient les leurs. » D’où cette idée, en particulier de certains internationalistes, de refonder le droit international public sur une norme impérative de droit international général (jus cogens) qui serait celle de l’intérêt commun de l’humanité.

L’une de Riccardo Petrella « La logique de la compétitivité a été élevée au rang d’impératif naturel de la société. La compétitivité fait perdre le sens du « vivre ensemble », le sens du « bien commun ».

L’autre d’Edgar Morin : « A la culture de compétition qui régit les rapports mondiaux  doit se substituer une culture de solidarité. »

- Dans chaque compétition concrètement n'y a -t -il pas cinq  questions   que l'on peut poser?

 Qui/ fait quoi/ avec quels effets/ pour qui/ avec quels moyens?

Quel acteur dans quel domaine? Pour quels objectifs? Quels effets produit la compétition? Pour quels acteurs, pour quels intérêts? Quels moyens conformes ou non aux finalités proclamées?

-Des compétitions alimentent des violences et réciproquement, comment les remettre en cause ?

Les violences économiques, sociales, écologiques, culturelles, guerrières peuvent et doivent être remises en cause principalement

-par de gigantesques luttes contre les inégalités, cela à tous les niveaux géographiques, remettre en cause ces réservoirs de multiples violences c’est faire œuvre de paix,
-par la construction d' une société écologiquement viable,
-par une éducation massive aux droits de l’homme et à la paix,.

-par un règlement pacifique des conflits, un désarmement massif, des alternatives de défense,

 André Gorz disait de la violence « c’est le négatif de la tendresse. »

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11-CONFLIT ,  JALOUSIE ,  PARDON

Voilà trois séries de situations particulièrement courantes dans les rapports aux autres. Qu’en penser ?

-Le conflit.

-D’abord  le règlement des conflits est essentiel  en famille, comme aussi entre amis et avec les autres en général.  

-Ensuite le conflit est un des éléments au cœur de la vie. Dans le conflit l’autre (une personne, une collectivité aussi), si on le perçoit comme tel et si on l’accepte comme tel, pose souvent une ou des questions de plus. C’est à travers le conflit que va se jouer une certaine transformation personnelle et/ou collective.

-Et encore  le plus souvent on ne sait pas régler nos conflits. Soit on utilise la violence d’oppression en imposant sa loi, soit on accepte la violence de soumission en renonçant à ce que l’on juge être essentiel.

 -En ce sens l’attitude la plus porteuse est  celle d’une résolution non-violente des conflits .Ne faut-il pas arriver à ce que toutes les parties au conflit trouvent, ensemble, dans la confrontation des idées et dans le respect des personnes, des solutions justes ?

-La jalousie.  

-D’abord  dans le couple et dans de multiples rapports aux autres elle peut exister légère  et non conflictuelle.

Elle peut aussi exister forte et  omni présente  , elle devient alors une forme de maladie porteuse de souffrances et pour la personne jalouse et pour son entourage.                                                                                                                                                                                  

-Ensuite la jalousie trouve une de ses sources dans le  désir mimétique. René Girard, dans « De la violence à la divinité »(2007), qui réunit quatre de ses ouvrages, en particulier « La violence et le sacré » (1972), « Bouc émissaire »(1982), met en avant d’éclairants instruments d’analyse qui « ne sont pas des idées philosophiques, des concepts sociologiques. Ce sont des rapports humains très simples. » Il s’agit du « désir mimétique » et du « mécanisme victimaire. »
Le désir est copié sur un autre désir, il est « mimétique », il y a un sujet désirant, un autre sujet désirant à imiter, un objet désiré. Le ressort du conflit s’appelle la concurrence fondée sur des rivalités, chacun désire ce que désire autrui.

Apparaissent  ainsi les cycles des jalousies, des haines et des vengeances. Se laisser prendre par ces concurrences économiques, financières, culturelles, religieuses, nationales, idéologiques, voilà qui va multiplier les violences…L’escalade de la jalousie, l’escalade des « comparaisons venimeuses », celle aussi des représailles, accompagnent la mondialisation.

-Ne pas oublier que le terminus final tôt ou tard est le même pour tous mais aussi que les situations écologiques apocalyptiques qui sont en route relativisent d’une certaine façon les situations de jalousie, ainsi plus on avancera dans le temps plus les lieux d’un environnement préservé disparaitront .

-Le pardon.

-Toutes sortes de situations, de  degrés de difficultés  et de réponses existent dans le pardon qui est à la fois un sentiment, un effort, une force et une relance vers de nouvelles situations.

-Pardonner c’est refuser de réduire la personne de l’autre à ce seul comportement passé.

-Les situations qui peuvent en appeler au pardon sont innombrables : personnelles et collectives, entre parents, amis, voisins, entre parties de populations, populations entières, à la suite de paroles , d’actes ,ou d’omissions, allant de douleurs légères jusqu’à des souffrances dramatiques et terrifiantes, en passant par des souffrances multiples.

-Les difficultés sont nombreuses  : des victimes refusent tout pardon, d’autres ont la tentation de se venger, d’autres ont des cheminements très longs, d’autres posent différentes conditions ( peines ,réparations),les auteurs ont eux aussi des tempêtes sous le crâne qui peuvent durer .

-L’impardonnable existe-t-il ? Certains le pensent ainsi ils affirment que seules les victimes ont le droit de pardonner, donc si elles sont mortes il n’y a pas de pardon possible. Certains pensent aussi que des actes sont impardonnables, ainsi un génocide. Primo Levi écrivait (« Si c’est un homme ») : « Ce qui a eu lieu est une abomination qu’aucune prière, aucun pardon, aucune expiation ,rien de ce que l’homme a le pouvoir de faire ne pourra réparer. »

-Les rapports entre le pardon et l’oubli, voilà un pardon qui entraine l’oubli, en voilà d’autres qui n’impliquent pas l’oubli, d’autres qui tiennent à ne pas oublier, c’est le « pardonne mais n’oublie pas. »

-Les rapports entre le pardon et la justice : voilà des pardons qui se feront une fois que la justice est passée, d’autres qui seront consolidés par la justice qui passera.

-Les rapports entre pardon et religions sont nombreux.

Ainsi par exemple dans le catholicisme « le pardon est un acte de miséricorde divine qui efface le péché , qui restaure l’homme dans sa relation avec Dieu. » . On évoque le « pardon des péchés. »

Dans l’islam « le pardon divin agit comme compensation à la faiblesse de l’être humain », le croyant doit gagner le pardon par la repentance, cela en priant si la faute était contre Dieu, en réparant la faute si c’était contre une personne.

Dans le bouddhisme il ne faut garder aucun ressentiment et regarder l’autre non comme un agresseur mais avec bienveillance, « on se libère ainsi de ses contraintes et on s’élève spirituellement. »

-Les formes du pardon sont elles aussi variables. Avoir le pardon rapide est une chance.
On peut aussi même l’exprimer plusieurs fois pour le consolider. Le premier pas est souvent le plus difficile. Les formes peuvent correspondre à des paroles de pardon et à des paroles d’acceptation de ce pardon, à des actes de réparation autant que faire se peut (par exemple la restitution d’un vol), à des excuses publiques et acceptées par les offensés, par les victimes, enfin également à des réconciliations personnelles ou collectives.

-Les effets du pardon. « Si la haine répond à la haine, comment la haine finira-t-elle? C’est le pardon qui doit y mettre fin. »(Légende Shintô). Les effets sont ceux d’un soulagement, ( « Quel repos ! » disait Victor Hugo), d’une amélioration de relations, de nouveaux départs d’un amour, d’une amitié, des relations améliorées entre deux collectivités.

-Une synthèse sur le  pardon .

« Le pardon. Briser la dette et l’oubli. »,1998, Seuil, Collectif dirigé par Olivier Abel, dont voici la préface très globale et percutante :

« Piégé entre la rancune et l’oubli, la pardon serait-il un nom hypocrite pour désigner
« les oubliettes » de la vie ? Ou alors, trop compromis avec d’obscures notions
religieuses comme le « pêché », la « rémission », « l’absolution », la « rédemption »,
susciterait-il d’emblée la méfiance ?
L’une des difficultés du pardon tient au fait que chacun rencontre cette question avec
son expérience propre, souvent intime, qui touche à l’identité. En effet, dans l’histoire
des individus comme dans celle des communautés, le pardon tantôt menace tantôt
fonde cette identité.

Consentir à l’idée du pardon c’est se donner le courage de réparer dans une société où l’on ne répare plus, où l’on jette tout.
Du pardon à l’impardonnable : l’amnistie, la grâce, l’oubli, l’indifférence, la rancune, la
vengeance…une série de dilemmes pour que chacun tisse sa propre intrigue. »

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12-QUELQUES CITATIONS LUMINEUSES SUR LE BONHEUR ET LE DON

-Le bonheur.

Vous avez dit bonheur ?
Créon:
La vie ce n’est peut-être tout de même que le bonheur ?
Antigone (murmure le regard perdu):
Le bonheur…
Créon (a un peu honte soudain):
Un pauvre mot, hein ?
Antigone (doucement):
Quel sera-t-il mon bonheur ? Quelle femme heureuse deviendra-t-elle la petite
Antigone? Quelles pauvretés faudra-t-il qu’elle fasse elle aussi, jour après jour, pour
arracher avec ses dents son petit lambeau de bonheur ? Dites à qui devra-t-elle
mentir, à qui sourire, à qui se vendre ? Qui devra-t-elle laisser mourir en détournant
le regard ?
Jean Anouilh

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Bonheur, je t’ai reconnu au bruit que tu fis en partant.
Radiguet

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On peut défaire n’importe quel bonheur par la mauvaise volonté.
Alain

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Vous savez bien, disait abruptement le général de Gaulle, que le bonheur n’existe
pas, c’est le rêve des idiots.
André Malraux
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Le bonheur n’est pas un droit. C’est un accomplissement. Et un peu de chance.
Orson Welles

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Réfléchissons donc à ce qui possède vraiment une valeur, à ce qui donne un sens à
notre vie, et ordonnons nos priorités en conséquence. Le but de la vie doit être
positif. Nous ne sommes pas nés dans le but de compliquer les choses, de nuire aux
autres. Pour que la vie ait une valeur il faut consolider les qualités fondamentales de
l’humanité : la chaleur humaine, la bonté, la compassion. Alors notre vie revêt un
sens et devient plus paisible, plus heureuse (…) Prendre la décision consciente de
se tourner vers le bonheur compris comme un but qui en vaut la peine, voilà qui peut
profondément transformer l’existence.
Le Dalaï-Lama

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Il faut essayer d’être heureux. Ne serait-ce que pour donner l’exemple.
Jacques Prévert

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Les lieux, les formes du bonheur


Il faut rire avant d’être heureux de peur de mourir sans avoir ri.
Jean  de la Bruyère

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Tous les hommes cherchent le bonheur, même ceux qui vont se pendre.
Blaise Pascal

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Le bonheur est une idée neuve en Europe.
Saint-Just

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C’est plein de disputes, un bonheur.
Jean Anouilh
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Le bonheur n’est qu’une certaine sonorité des cordes qui vibrent à la moindre chose
et qu’un rayon de soleil fait chanter.
Proust

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Je crois que le bonheur existe, la preuve en est que , soudain, il n’existe plus. Il était là
et il s’est enfui. C’est un accusé que l’on condamne toujours par défaut. Bonheur cent
fois perdu, cent fois reconquis sur la douleur, l’absence, la maladie, l’âge, la mort.
Cicatrices oubliées, blessures fraiches qui n’en finissent plus de saigner, combien de
fois faut-il que le bonheur vous ait glissé entre les doigts pour apprendre qu’il
reviendra, si on lui laisse la porte ouverte. Donnez-moi l’espérance, je m’arrange du
reste.
Françoise Giroud

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Etre ou ne pas être compétitif nous dit le marché mondial.
Etre ou ne pas être heureux nous dit la vie.

L’auteur de ce blog

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Le bonheur est dans le pré.
Cours-y vite.
Le bonheur est dans le pré.
Cours-y vite. Il va filer.
Paul Fort

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Il n’y a pas de bonheur possible pour personne sans le soutien du courage.
Alain

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Heureux les doux car ils hériteront la terre,
Heureux ceux qui ont faim et soif de justice car ils seront rassasiés…
Evangile selon Saint-Mathieu

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Le bonheur c’est d’en donner.
Augustin d’ Hippone

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Vous me demandez quel est le suprême bonheur ici-bas ?
C’est d’écouter la chanson d’une petite fille qui s’éloigne après vous avoir demandé
son chemin.
Li-Tai-Po

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Dans une fleur qui s’ouvre
Dans un cœur qui bat
Le bonheur s’y trouve mais tu ne le sais pas mon frère
Le bonheur s’y trouve mais tu ne le sais pas
(…)
Dans le désert de sable
La source où tu bois
Le bonheur s’y trouve mais tu ne le sais pas mon frère
Le bonheur s’y trouve mais tu ne le sais pas.
Francis Gayte

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Ni l’or ni la grandeur ne nous rendent heureux
Jean de La Fontaine

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Si on ne voulait qu’être heureux ce serait bientôt fait.
Mais on veut être plus heureux que les autres et cela est presque toujours difficile
parce que nous croyons les autres plus heureux qu’ils ne sont.
Montesquieu

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J’ai senti sous votre regard
Ma vie qui commençait.
Anouchka

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Le bonheur c’est savoir ce que l’on veut et le vouloir passionnément.
Félicien Marceau

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Il ne faut pas de tout pour faire un monde, il faut du bonheur et rien d’autre.
Paul Eluard

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Desiderata

Va en toute quiétude dans le bruit et le mouvement et rappelle-toi que la paix est
faite de silence.
N’abdique pas sans raison ; Sois en bons termes avec autrui. Dis ce que tu penses
avec calme et sérénité.
Ecoute ton prochain ; même l’ignorant et l’infortuné a sa vérité.
Evite les hommes violents et exaltés ; ils troublent le calme de l’esprit. Si tu te
compares aux autres tu peux devenir vain car il y aura toujours des êtres plus grands
ou plus petits que toi. Réjouis-toi de tes réalisations et de tes projets.
Aime ton métier, si humble soit-il ; c’est une richesse indestructible devant les
vicissitudes de la vie. Sois prudent en affaires car les hommes pratiquent l’astuce. Ne
te laisse pas tromper par les apparences de la vertu. Bien des hommes nourrissent
de grands idéaux et vivent d’égoïsme.
Sois toi-même.
Ne fuis pas l’affection. Ne fais pas de l’amour un jeu ; malgré l’aridité et le
mécontentement il demeure.
Accepte avec grâce le conseil de l’expérience et détache-toi volontiers de ta
jeunesse.
Acquiers la force d’âme qui t’armera dans le malheur. N’occupe pas ton esprit de
chimères car la crainte naît de la lassitude et de l’ennui.
Sache à la fois te discipliner et te libérer.
Tu es l’enfant de l’univers comme l’arbre et l’astre ; tu as le droit d’exister ; même si
l’univers te paraît impénétrable il obéit à la Loi.
Reste en paix avec ton dieu ; garde une âme sereine dans le travail, le rêve et
l’agitation de la vie. Malgré ses artifices, ses peines et ses désillusions le monde a
ses splendeurs.
Sois attentif. Recherche le bonheur.

Texte anonyme (Baltimore, 1692)

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-Donner

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Ce que j’ai gardé je ne l’ai plus
Ce que j’ai dépensé je l’ai eu
Ce que j’ai donné je l’ai.
Lu sur une tombe

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Un moine apporte à son maître, deux plantes en pot. « Lâche ça ! » ordonna le
maître. Le moine lâcha un pot. « Lâche ça ! » ordonne de nouveau le maître. Le
moine dit : « Mais je n’ai rien à lâcher ! » Le maître dit en hochant la tête : « Alors
emporte-le »
Parole Zen

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On n’est heureux que dans la proportion de ce qu’on donne.
Louis Bromfield

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Veux-tu vivre gaiement ? Chemine avec deux sacs, l’un pour donner, l’autre pour
recevoir.
Goethe

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La vraie générosité envers l’avenir consiste à tout donner au présent.
Albert Camus

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Mieux vaut un plat de légumes avec de l’affection qu’un bœuf gras avec de la haine.
Bible. Ancien Testament
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Si donner vaut mieux que ce que l’on donne,
la façon de ne pas donner ne vaut rien.
Pierre Dac

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Le succès dépend de ce que l’on sait, de ce que l’on ose mais surtout de ce que l’on
donne.
Jules Lagneau

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J’étais allé, mendiant de porte en porte, sur le chemin du village lorsque ton chariot
d’or apparut au loin pareil à un rêve splendide et j’admirais quel était ce Roi de tous
les rois!
Mes espoirs s’exaltèrent et je pensais : c’en est fini des mauvais jours, et déjà je me
tenais prêt dans l’attente d’aumônes spontanées et de richesses éparpillées partout
dans la poussière.
Le chariot s’arrêta là où je me tenais. Ton regard tomba sur moi et tu descendis avec
un sourire. Je sentis que la chance de ma vie était enfin venue. Soudain, alors, tu
tendis ta main droite et dis :« Qu’as-tu à me donner ? »
Ah ! quel jeu royal était-ce là de tendre la main au mendiant pour mendier ! J’étais
confus et demeurai perplexe ; enfin, de ma besace, je tirai lentement un tout petit
grain de blé et te le donnai.
Mais combien fut grande ma surprise lorsque, à la fin du jour, vidant à terre mon sac,
je trouvai un tout petit grain d’or parmi le tas de pauvres grains. Je pleurai
amèrement alors et pensai : « Que n’ai-je eu le cœur de te donner mon tout ! »
Rabindranath Tagore

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13-DE QUELQUES QUALITES  ET  DE QUELQUES   DEFAUTS

-Quelles sont les qualités que vous préférez ?

La capacité de révolte contre les injustices,

la  bonne humeur qui est une force , une chance, une vertu et même un devoir,

les  regards inlassables d’amitié, d’amour et de fraternité qui espèrent dans les autres.

-Quels sont les défauts que vous dénoncez ?

Le refus personnels et collectifs des partages. C’est d’ailleurs plus qu’un « défaut », c’est une terrible pratique de vie, une persistance dans la possession. Le père de Théodore Monod répétait souvent à son fils « Nous sommes possédés par nos possessions. »Sans doute était-ce une des origines de son amour du désert qu’il parcourait dans une forme de dépossession…

C’est une forme de domination, une forme de mépris des autres, une forme d’inconscience puisqu’on contribue à produire ou on produit des souffrances.

Le refus des partages a quelque chose aussi de dérisoire puisqu’en concentrant des avoirs, des pouvoirs et des savoirs on oublie que « si haut que l’on soit placé on est assis que sur son cul »(Montaigne). Et qu’au mieux on a une dizaine de décennies à vivre.

Ainsi Midas est dans le déni de la réalité, transformer tout ce qu’il touche en or le rendra heureux, ainsi Sisyphe est lancé dans une course sans limites qui, croit-il, le rendra lui aussi sans limites. Ainsi court vers les abimes cette double face du malheur.

14-DE QUELQUES AUTRES ELEMENTS DU VIVANT

-Quels  sont  vos  animaux  préférés ?

Les chiennes et les  chats de la famille qui  nous ont donné des joies innombrables. Leurs regards aux moments de leurs morts  étaient ceux  d’une  confiance présente  jusqu’au  bout.

Si le paradis existe bien sûr que les animaux y sont aussi, s’il n’existe pas çà reste  une grande chance  d’  avoir  partagé avec eux des moments merveilleux.

-Quelles sont  vos fleurs préférées ?

J’avais écrit    « Dans la rosée du matin : ton sourire, nos corps, notre projet, notre départ. Tu cueilles des perce-neige.
Au milieu de jour sans trop nous dévorer avoir faim ensemble d’un autre monde
possible avec les autres. Je renouvelle ta rose.
Le soir approche : serre moi fort…L’orchidée choisie ensemble se penche
doucement.
Amour, dans d’autres paysages, ailleurs, cueillerons-nous des perce-neige ? »

Ce sont ces fleurs  qui nous ont accompagnés.

« Toute la masse d’arôme de ces fleurs pour rendre sereine la nuit qui tombe sur nos
larmes. », c’est un de mes vers préférés de  René Char.
-Avez-vous un arbre préféré ?

Près de chez nous le vieux chêne de 320 ans, l’un des plus vieux du Lot. Rescapé de la foudre en 1900 il s’est relevé de son épreuve, abrite  surtout des oiseaux ,  donne un peu d’ombre aux vaches, traverse  les  saisons, émerveille les marcheurs,  donne des forces à ceux qui l’écoutent . J’ai laissé près de lui un poème(ci-dessous) d’Yves Bonnefoy sur le vieil arbre, je renouvelle le stock du poème  chaque quinzaine.

"L’arbre des rues

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Regarde ce grand arbre
et à travers lui
il peut suffire.

Car même déchiré, souillé,
l’arbre des rues,
c’est toute la nature,
tout le ciel,
l’oiseau s’y pose,

le vent y bouge, le soleil
y dit le même espoir malgré
la mort.

Philosophe,
as-tu chance d’avoir l’arbre
dans ta rue,
tes pensées seront moins ardues,
tes yeux plus libres,
tes mains plus désireuses
de moins de nuit."

-De quelques éléments « vivants » à leurs façons…Quels sont vos lieux préférés ?

J’aime  les lieux où j’ai où nous avons  le plus  vécus ,   Brive et Limoges. Et aussi des lieux entrevus il y a bien longtemps, la Corse et la Grèce.

Depuis cinquante ans,  dans le  Lot , une quinzaine de villages nous accueillent   avec leurs toits de tuiles, leurs murs arrosés de lumière,  leurs  ruelles  sereines et chaleureuses.Partagées avec familles et amis leurs  "vies"  donnent force et joie.

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