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Billet de blog 26 janvier 2015

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Déclaration des droits de l'humanité à l'épreuve ( I, II )

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Déclaration des droits de l’humanité à l’épreuve (après le préambule ,voici le I-et le II- )

 Cheminement proposé :

 I-  Des prises de consciences  et des volontés ,  éléments porteurs des droits de l’humanité 

 II-Des acteurs et des responsabilités ,  éléments complexes des droits de l’humanité

 III- Des remises en cause du productivisme, conditions d’existence des droits de l’humanité 

 IV-Des   interdépendances, fondements des droits de  d’humanité

 V- Des générations au cœur du contenu des droits de l’humanité

VI- Des moyens conformes aux fins pour une mise en œuvre des  droits de l’humanité 

I-Des prises de consciences  et des  volontés, éléments porteurs des droits de l’humanité 

1-Des prises de consciences  difficiles.

 Quelles sont les causes de ces difficultés de mises au monde ? De nombreux avoirs  pouvoirs et savoirs s’y opposent, et  les esprits sont souvent colonisés par  des  discours dominants, des habitudes, des tentations de la course en avant.

  Cette prise de conscience se traduit  soit par cet éclair connu qui déchire la conscience soit par un cheminement beaucoup plus long.

 Lorsque  ces prises de consciences  personnelles et collectives apparaissent, elles sont  alors  mises  à rude épreuve par  un sentiment d’impuissance, par des pressions, ou par des répressions.

La prise de conscience peut  amener vers ce que l’on pourrait  appeler la question  du retournement du risque : au lieu de se demander « qu’est-ce que je risque  si je vais, si nous allons au milieu de telle ou telle situation conflictuelle ? » on se demande « qu’est-ce que les autres risquent si je n’y vais pas, si nous n’y allons pas ? » Les choix entre le risque (quels types de risques ?) et la prudence ne sont pas toujours évidents. Simone de Beauvoir écrivait « C’est dans l’incertitude et le risque qu’il faut assumer nos actes »  

2- L’optimisme de la volonté, à consommer sans modération . 

 On le sait,Antonio Gramsci affirmait « Il faut avoir à la fois  le pessimisme de l’intelligence et l’optimisme de la volonté ». En s’interpellant l’un l’autre  voilà une sorte de couple de combat.

L’optimisme de la volonté il en faut beaucoup, non seulement parce qu’il réduit à la cuisson mais, surtout, parce que le pessimisme de l’intelligence a une réserve redoutable. Il trouve de quoi s’alimenter dans l’accélération de ce système productiviste auto destructeur qui a quelque chose d’incontrôlable,  certains évoqueraient même un système devenu fou et dont nous ne serions plus que les fous d’un fou.

 Mais il faut du temps, même si des événements tels que des crises ou de grandes crises peuvent accélérer des prises de consciences, des réformes, voire des remises en cause de théories et de pratiques, il faut du temps pour que ces idées et d’autres, ces moyens et d’autres, portés par des volontés aux différents niveaux géographiques, à travers des rapports de forces, voient le jour, grandissent et deviennent de véritables contre-logiques, contre-mécanismes pour construire des sociétés viables. Or, face à l’accélération du système, les volontés n’ont peut-être pas beaucoup de temps devant elles avant que des situations irréversibles ne se multiplient.

 Face à des volontés étouffées : des volontés naissantes doivent voir le jour. Face à des volontés dépassées : des volontés résistantes doivent se rassembler. Face à des volontés étouffées : des volontés porteuses de nouveaux souffles doivent revivre.( sur  «Les volontés politiques » voir notre site « autresordessouffles.fr)

 Au cœur de ces volontés se trouvent deux éléments essentiels : des luttes pour ces remises en cause à travers des rapports de forces et, malheureusement, des catastrophes qui doivent amener des réformes en aval mais, surtout en amont, de véritables pédagogies vitales.

II- Des acteurs et des responsabilités, éléments complexes des droits de l’humanité

1-Une diversité et un nombre impressionnants d’ acteurs. 

On ne peut faire impasse sur leur diversité : Ils sont puissants ou « entre les deux » ou faibles, dominants ou dominés, ils sont internationaux, continentaux, nationaux ou locaux, ils sont reproducteurs ou dans l’entre-deux ou en ruptures du productivisme, tournés surtout vers le court ou vers le long terme, publics ou privés, institutionnalisés ou diffus, clairement identifiés ou plus anonymes, anciens ou nouveaux, dans la légalité ou en dehors d’elle…

On ne peut fermer les yeux sur leur nombre : Complexes de la techno science, complexes scientifico-militaro-industriels / Firmes multinationales/Marchés financiers, paradis fiscaux, banques/ Groupes médiatiques/Etats, organisations internationales et régionales/Civilisations, religions, cultures/  Collectivités territoriales/Autres entreprises/Administrations/Ecoles, lycées, universités /Professions/ Organisations non gouvernementales, associations/ Réseaux sociaux/ Mafias/ Acteurs humains en personnes, en peuples, en humanité/ et d’autres encore…

2-Des responsabilités  non  comparables des acteurs.

 Elles dépendent de leurs puissances et de leurs places dans le système productiviste, de leurs parts de reproductions, d’entre-deux, de ruptures dans ce système. Ces responsabilités sont souvent  diluées, il peut exister une grande difficulté pour comprendre des interdépendances et pour agir sur des remises en cause de plusieurs types d’acteurs.

 Les responsabilités les plus gigantesques sont celles des acteurs au cœur du productivisme, c’est à dire la techno science et le marché mondial. Leurs mécanismes, leurs forces d’autoreproductions  tendent à occuper toute la place, l’enjeu  n’est pas seulement de les « contrôler » mais  de les remettre à leur place, les remettre à leur place, les remettre à leur place(écrit et chanté trois fois), elles doivent  toutes les deux rester des moyens et ne pas se transformer en fins (êtres humains en personnes,enpeuples,en humanité).

 Les Etats, et d’abord la vingtaine des plus puissants, à travers coopérations et traités,  doivent participer à ces remises en cause, prendre en se regroupant  des initiatives relatives aux moyens d’appliquer ces droits de l’humanité.

  Les acteurs humains (personnes, peuples, humanité) ne doivent pas être sous-estimés, ils participent aux reproductions, aux entre-deux et aux ruptures du productivisme. Leurs responsabilités sont différentes, liées en particulier à leurs places dans le système et  à l’explosion mondiale des inégalités.  Leurs propositions et leurs initiatives, organisées massivement par exemple à travers l’alter mondialisme, en s’appuyant sur des réseaux sociaux et des associations,  peuvent  être déterminantes par rapport à tel ou tel contre-mécanisme. Dans cette perspective  les organisations non gouvernementales doivent amplifier leurs capacités de dénonciations et de propositions, doivent multiplier et renforcer secrétariats, coordinations, conférences, forums et  fronts communs. Imagination es-tu là ?

 3-Une responsabilité  vitale, celle des générations présentes par rapport aux générations futures.

Que répondre à ceux  et celles qui expriment leur indifférence, leur mépris, ou leur manque de temps pour penser et agir aussi par rapport aux générations futures ?  Ecoutons-les : « Après nous le déluge ! », « Je n’en ai rien à faire, occupons-nous des vivants ! », « Pourquoi épiloguer sur ce qui n’existe pas ? » « Elles devront faire face comme nous l’avons fait, c’est leur affaire. ». « Il y a ceux qui  sont obligés de  s’occuper de leurs fins de mois, il y a ceux qui ont le temps et le luxe  de  pouvoir s’occuper de la fin du monde!» Que répondre ?

Si vous ne vous intéressez pas aux générations futures demandez-vous si les générations passées  se sont intéressées à vous ? Est-ce qu’elles ont contribué à inspirer,  préparer, construire tel ou tel aspect de vos vies ? De quelles libérations, de quelles chances, ou  bien de quelles difficultés, de quelles  aliénations ont-elles été porteuses ? 

Si vous ne vous intéressez pas aux générations futures demandez-vous si les générations présentes s’intéressent à vous ? Est-ce qu’elles contribuent dans vos vies à des solidarités, des coopérations porteuses de fraternité, de bien-être ou, au contraire, à des compétitions, des fuites en avant, des formes de mépris  porteuses de difficultés, de souffrances ?

Si vous ne vous intéressez pas aux générations futures demandez-vous si les générations futures s’intéresseront   à vous ? Serez-vous, encore pour quelque temps, sur les lèvres et dans les cœurs des vivants? L’avenir de vos petits-enfants aura-t-il  dépendu en partie de vous, sous quelles formes ?

 Ne  pas faire aux générations futures ce que l’on ne voudrait pas qu’elles nous fassent. Devons-nous (éthique), pouvons-nous (marges de manœuvres), voulons-nous (volontés et moyens)  faire en sorte qu’elles soient sujets de leurs propres vies et non objets des vies de générations qui n’auront pas su être aux rendez-vous de leurs responsabilités ? Le système productiviste, lancé dans sa course folle, nous laisse-t-il le temps de penser aux effets de certains choix  personnels et collectifs ? Un linceul de silence ne couvre-t-il pas volontairement certains d'entre eux ?

Dans de  grands amphis comme  dans de petites salles, face au tableau sur lequel nous avions écrit « Vive et que vivent les générations futures ! » nous nous levions une fois par an pour les applaudir. Dans ce geste dérisoire et symbolique, nous avions comme l’impression de vouloir leur donner du courage (et nous en donner aussi), beaucoup d’entre nous étaient émus, quelques-uns bouleversés, parce que, à chaque fois, les  applaudissements, comme  perdus dans le temps, semblaient ne plus finir. Peut-être étaient-elles déjà un peu avec nous? 

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