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Billet de blog 27 mai 2022

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Apocalypses écologiques(I ère partie)Aggravation des changements climatiques(chap.2)

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Apocalypses écologiques:quelles manifestations fulgurantes?(I ère partie)

Chapitre 2-L’aggravation accélérée  des changements    climatiques .

 Des phénomènes climatiques extrêmes se multiplient, ainsi les inondations, les canicules, les typhons, les incendies, les canicules.  Par exemple les gigantesques incendies  de Californie en novembre 2018, en octobre 2019, témoignent du fait que  les Etats-Unis sont   entrés dans une insécurité écologique grandissante. Les incendies au Brésil s'aggravent en 2019. L’Australie est, elle aussi, en novembre 2019  la proie des flammes sur de grandes étendues qui déciment en particulier la faune. De mars à juin 2022 l’Inde et le Pakistan se retrouvent sous des canicules terribles de 45 à 51°C, la santé et les cultures sont attaquées, les pannes d’électricité se multiplient ainsi que des incendies de montagnes d’ordures que l’on ne peut plus arrêter.

L’été 2021 est une préfiguration de ce qui va s’amplifier et se multiplier : fonte accélérée au Groenland, dômes de chaleur au Canada, en Espagne, au Maroc, inondations meurtrières en Allemagne, en Belgique,  en Inde, en Russie,  en Chine, incendies gigantesques dans l’Ouest des Etats-Unis ,en Grèce, en Turquie, famine à Madagascar provoquée par le réchauffement climatique…enfin les feux de forêts en Sibérie qui ont brûlé de l’ordre de 15 millions d’hectares de janvier à août 2021, la fumée atteint le pôle Nord à 3000 kms de là  , le permafrost se réchauffe de plus en plus ,son méthane et sa puissance de réchauffement menacent…sans parler , nous disent des scientifiques, de virus très  anciens qui pourraient sortir de leur sommeil.

  L’accélération de la fonte des glaces de l’Antarctique a quelque chose d’ une  apocalypse à long terme: si le glacier Thwaites, à l'Ouest ,  grand comme le quart de la France, venait à s’effondrer le niveau des mers augmenterait de 70 centimètres et avec d'autres glaciers...  de plus de deux mètres ! Adieu de nombreuses iles, adieu de nombreuses villes en bord de l'eau...tout cela non pas dans les siècles  mais déjà dans les 3, 4, 5  décennies qui viennent.

Nous envisagerons tour à tour

 Les  derniers rapports du GIEC, 5ème et 6ème rapports (A).

Les derniers rapports spéciaux du GIEC (B).

 L’ évocation    de l’avenir environnemental  à  long terme et à très long terme mise en avant  par certains scientifiques ( C) .

A-Les derniers rapports du GIEC.

Après les rapports de 1990,1995, 2001, 2007 est venu celui de  2013-14, puis     le 6ème rapport de synthèse  en novembre 2022 précédé de trois volets l’un en 2021, les deux autres en 2022.

A cela s’ajoutent des rapports spéciaux  sur des réalités particulières, ainsi  celui de 2018 sur les effets de l’élévation  de la température de 1,5° et  2° et  celui de 2019 sur l’océan et la cryosphère  (l’ensemble des portions de la surface des mers ou des terres émergées où l’eau est présente à l’état solide.)

1-Le 5ème rapport du 27 septembre 2013 et du 31 octobre 2014.

Il s’agit  du rapport  du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat(GIEC) confirme les alarmes contenues en particulier dans celui de 2007.

a-Il est « extrêmement probable »que l’homme soit responsable du réchauffement de la planète (une probabilité de 95%, en 2007 elle était de 90%.)

b-De 1992 à 2012 les pays développés sont passés de 13 à 12 milliards de tonnes de CO2, les pays en développement (dont surtout les pays émergents), qui n’avaient pas d’obligations de réduction dans le Protocole de Kyoto, sont passés de 7 à 21 milliards de tonnes de CO2, soit donc aujourd’hui 50% de plus que les pays développés. En 2012 les plus gros émetteurs de CO2 sont la Chine(8,3 milliards de tonnes), les Etats-Unis (5), l’Inde(2), la Russie(1,7), le Japon(1,2), les 28 de l’Union européenne émettent de l’ordre de 4  milliards de tonnes.(Sur les changements climatiques voir en particulier de  remarquables  articles  de journalistes environnementalistes du  journal Le Monde, de Libération, du site Mediapart…)

c-D’ici à la fin du siècle (2100) l’augmentation de la température moyenne de la Terre apparait  plus clairement : si l’on ne fait rien nous sommes  en route pour au moins +4,8°C, l’un des pires scénarios  du GIEC. (Ce serait alors un bouleversement équivalent (dans l’autre sens) à la dernière glaciation, par exemple avec 5°C en moins l’Europe du Nord était un gigantesque glacier…)

 Dans les autres cas la probabilité de dépasser 2°C  est de  50%, or le seuil de 2° dépassé a des conséquences imprévisibles.  La prévision la plus optimiste de +0,3°C est  pratiquement inaccessible.

d-Quant au niveau de la montée des océans : le rapport de 2013 est plus sombre que celui de 2007(18à59cm). D’ici la fin du siècle le GIEC affirme que la hausse serait de 26 à 82cm. Certaines études situent cette élévation entre 1 et 2 mètres. Allant dans ce sens on constate que les glaciers de l’Ouest de l’Antarctique fondent de plus en plus vite, »un point de non retour » est atteint( revue américaine Science et Revue Geophysical Research Letters, 12 mai 2014) ce phénomène constitue une des causes de la montée des océans..

 Selon le GIEC les phénomènes extrêmes devraient devenir plus fréquents et plus intenses, le seul exemple des sécheresses devient de plus en plus terrible dans des lieux de plus en plus nombreux de la planète, ainsi début 2014 en Californie, en Australie, au Nordeste du Brésil…

e-Le rapport de synthèse du 31 octobre 2014   de cette 5ème évaluation donne les points essentiels  des trois volets précédents :

Le dérèglement climatique causé par l’activité humaine est incontestable.

Les émissions  récentes de GES d’origine anthropique sont les plus élevés de l’histoire. Si elles se poursuivent  « au même rythme cela accroitra les risques d’impacts sévères, envahissants et  irréversibles. »

Les évènements extrêmes vont se multiplier et s’amplifier. « Le risque de changement abrupt et irréversible augmente en même temps que l’amplitude du réchauffement. »

Il est indispensable d’agir maintenant : l’atténuation et l’adaptation sont des stratégies complémentaires  .

2-Le 6ème rapport  du GIEC, premier groupe de travail  le  9 août 2021.

« L’accélération du réchauffement  s’aggrave partout, à des niveaux sans précédent, avec des risques de points de basculement. »

a-Les trois groupes de travail.Ce premier rapport  est relatif à l’état des lieux, nouvelles évaluations climatiques liées aux émissions de gaz à effet de serre.  Il a été rédigé par 234 scientifiques de 66 pays, cela  à partir de l’analyse de plus de 14 000 études scientifiques. Le rapport du deuxième groupe de travail  sera relatif  à  la vulnérabilité de nos sociétés, à l'impact pour les écosystèmes, (février 2022) . Le rapport du troisième groupe de travail  concernera l’atténuation et l’adaptation aux changements climatiques (mars 2022). La  synthèse du 6e rapport est prévue  en  septembre 2022.

 b-L’analyse globale d’Audrey Garric (Le  Monde du 9 août 2021) est on ne peut plus claire:

« C’est un état des lieux qui donne le vertige. D’abord, parce qu’il montre, de la manière la plus implacable qui soit, à quel point l’humain est en train de bouleverser le climat dans chaque région du monde : l’élévation de la température de l’air et de l’océan, la fonte des glaciers ou la hausse du niveau des mers s’aggravent à un rythme et avec une ampleur sans précédent depuis des millénaires, voire des centaines de milliers d’années. Ensuite, parce qu’il brosse un tableau sombre du monde qui nous attend : celui de catastrophes climatiques en cascade si nous continuons à brûler des combustibles fossiles à un rythme élevé, mais aussi de changements irréversibles, comme la montée des océans ou la fonte des glaces, quoi que nous fassions. »

c-Si  nous voulons  résumer  l’état global des lieux  :

Le résumé du résumé  est simple :   la rapidité, l’ampleur, l’omniprésence  et l’aggravation des changements climatiques sont là aujourd’hui et encore beaucoup plus demain. L’homme  est le responsable « sans équivoque » de cette situation dramatique, cette réalité  scientifique est  désormais  incontestable. En 2013 le GIEC parlait de «  responsabilité extrêmement probable » ,  cela à 95% . Nous ajouterons  que les  négationnistes de cette réalité sont ou dans le mensonge par intérêt , ou dans l’illusion par inconscience, ou  dans l’incompétence par  ignorance.Il y a toujours plus de gaz à effet de serre rejetés dans l'atmosphère,l'objectif de l'Accord de Paris de 2015 sur le climat qui est  de limiter le réchauffement à 1,5°C est très probablement hors de portée.

Les événements extrêmes se multiplient, s’accélèrent et s’aggravent. Ces  événements extrêmes comme les canicules infernales ,   les pluies diluviennes ,   les sécheresses terribles sont devenus plus fréquents et plus intenses, les moussons plus abondantes,  le nombre de cyclones tropicaux majeurs a augmenté. On peut donc ajouter que les catastrophes écologiques de l’été 2021 sur une large partie de la planète ne sont qu’une préfiguration d’apocalypses écologiques qui vont suivre.

Le cas du méthane devient alarmant,le voilà responsable du quart du réchauffement climatique.Ce gaz à effet de serre à un pouvoir de réchauffement 28 supérieur au CO2.Il provient à 40% de l'agriculture avec la surconsommation de viande,à 35% des énergies fossiles avec le gaz de schiste  et l'extraction du pétrole,enfin à 20% des déchets.

 d-Les cinq scénarios établis par le GIEC pour  les prochaines  décennies  :

Les auteurs du GIEC ont établi cinq scénarios d’émissions de gaz à effet de serre. Dans tous les cas de figure, la température va continuer d’augmenter dans les vingt prochaines années. Nos actions actuelles déterminent l’ampleur du dérèglement climatique dans la deuxième moitié du siècle ,  2050-2100.

Dans le détail, sur la période 2081-2100, en comparaison avec l’ère préindustrielle, les scientifiques prévoient une élévation de la température mondiale de 1,4 °C (fourchette de 1 °C à 1,8 °C) dans le scénario très peu émetteur, 1,8 °C pour le scénario peu émetteur, 2,7 °C pour celui intermédiaire, 3,6 °C pour l’émetteur et 4,4 °C pour le très émetteur (fourchette de 3,3 °C à 5,7 °C). Il s’agit de moyennes, en Arctique par exemple le réchauffement est trois fois supérieur  à la moyenne mondiale.

Aggravant leur diagnostic, les experts estiment que le seuil de 1,5 °C de réchauffement, permettant de limiter les pires effets de la crise, sera atteint ou dépassé avant 2040,donc  plus tôt qu’ils ne l’avaient prévu en 2018.

Avec le scénario très peu émetteur, qui implique une neutralité carbone en 2050, la température redescendrait à 1,4 °C en 2081-2100.

 Le dépassement du seuil de 2 °C aurait lieu au milieu du siècle dans les trois scénarios les plus émetteurs. Le réchauffement continuera d’accroître les canicules et les saisons chaudes, tout en diminuant les vagues de froid. Dans un monde à + 2 °C, les extrêmes de températures atteindront plus souvent les « seuils de tolérance pour la santé et l’agriculture. » Vers la fin du XXIe siècle, ces seuils seraient franchis plus de cent jours de plus qu’actuellement dans de nombreuses régions tropicales.

e-L’humanité se trouve «  à l’aube de retombées cataclysmiques » :

La vie sur terre telle que nous la connaissons sera  transformée par le dérèglement climatique quand les enfants nés en 2021 auront 30 ans, voire plus tôt.

Quel que soit le rythme de réduction des émissions de gaz à effet de serre, les impacts dévastateurs du réchauffement sur la nature et l’humanité qui en dépend vont s’accélérer. Est  décrite  une «  humanité à l'aube de retombées climatiques cataclysmiques », en proie aux pénuries d'eau, aux exodes et à la malnutrition, dans un monde où les espèces s'éteignent massivement…Ainsi  « Le pire est à venir, avec des implications sur la vie de nos enfants et nos petits-enfants bien plus que sur la nôtre », 

Le GIEC ajoute que si « la vie sur Terre peut se remettre d'un changement climatique majeur en évoluant vers de nouvelles espèces et en créant de nouveaux   écosystèmes ,  l'humanité ne le peut pas. »

Agriculture, élevage, pêche, aquaculture« Dans tous les systèmes de production alimentaire, les pertes soudaines s’accroissent. » « Or l’humanité n’est à ce stade pas armée pour faire face à la dégradation certaine de la situation. « Les niveaux actuels d’adaptation seront insuffisants pour répondre aux futurs risques  climatiques . »

 C’est là bien sur une réponse à ceux qui affirment dans une sorte de rite de réassurance, aveugle et automatique,  que « l’homme s’adaptera toujours. »

Désormais, le GIEC estime que dépasser le seuil de 1,5 °C de hausse des températures pourrait déjà entraîner, « progressivement, des conséquences graves, pendant des siècles, et parfois irréversibles ». Et selon l’Organisation météorologique mondiale, la probabilité que ce seuil de 1,5 °C sur une année soit dépassé dès 2025 est déjà de 40 %.

 « Même à 1,5 °C, les conditions de vie vont changer au-delà de la capacité de certains organismes à s’adapter », souligne le rapport, citant les récifs coralliens, dont un demi-milliard de personnes dépendent.

En 2050, des centaines de millions d’habitants de villes côtières seront menacés par des vagues-submersion plus fréquentes, provoquées par la hausse du niveau de la mer, qui entraînera à son tour des migrations importantes. Avec une augmentation limitée à 1,5 °C, dans les villes, 350 millions d’habitants supplémentaires seront exposés aux pénuries d’eau, 400 millions au-delà de 2 °C. Et avec ce demi-degré supplémentaire, 420 millions de personnes de plus seront menacées par des canicules extrêmes.

Le texte souligne d’autre part le danger des effets en cascade. Certaines régions (Est du Brésil, Asie du Sud-Est ,  Chine centrale) et presque toutes les zones côtières pourraient être frappées par trois ou quatre catastrophes météorologiques simultanées, voire plus : canicule, sécheresse, cyclone, incendie, inondation, maladies transportées par les moustiques…

 f-Les seuils de ruptures:

Le GIEC étudie  les  points de basculement, les seuils de rupture entraînant un emballement du système climatique.

 Il évoque des événements  à « faible probabilité mais fort impact » comme la déstabilisation de la calotte glaciaire antarctique ou le dépérissement des forêts . L’élévation du niveau des mers va également se poursuivre pendant des siècles puisqu’elle est entraînée par l’expansion thermique de l’océan sous l’effet du réchauffement, ainsi que la fonte des glaciers et des calottes.

.« Il ne peut pas être exclu que l’élévation du niveau de mer s’approche de 2 mètres d’ici à 2100 et 5 mètres d’ici à 2150. »

 La capacité des forêts, des sols et des océans à absorber les émissions de CO2  risque de s’affaiblir avec la poursuite des rejets carbonés. Sur les six dernières décennies, ces puits de carbone ont réussi à retirer de l’atmosphère 56 % du CO2 émis par les activités humaines, limitant le réchauffement. Mais ils risquent de devenir « moins efficaces » à l’avenir.

Ces changements sont, pour certains scientifiques, irréversibles sur de très longues échelles de temps. Le réchauffement, l’acidification et la désoxygénation de l’océan se poursuivront pendant des siècles ou millénaires. Les glaciers vont continuer de fondre pendant des décennies voire des siècles, de même que la calotte du Groenland et le pergélisol, ces sols de l’Arctique gelés en permanence.

Ainsi le  rapport rédigé en 2021  par le GIEC oscille entre le glas apocalyptique et  un certain espoir  de changer cette marche suicidaire  par des mesures immédiates et drastiques.

 3- Le 6ème rapport du GIEC ,2ème groupe de travail,28 février 2022.

Le rapport affirme que  « les impacts sont    généralisés et désormais souvent irréversibles  sur la population et les écosystèmes et l’adaptation est rendue de plus en plus coûteuse et difficile. »

Le deuxième volet du rapport du GIEC a été rédigé par 270 scientifiques de 67 pays. Sa synthèse a été validée par les 195 pays membres du Giec.

En avril 2022, le GIEC publiera un troisième volet concernant les solutions à mettre en place pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

-La première partie du rapport est consacrée aux effets actuels du réchauffement climatique (+1,09°C en 2021) sur les populations et les écosystèmes :

réduction de la disponibilité des ressources en eau et en nourriture (en Afrique, en Asie et dans les petites îles notamment) ;

impact sur la santé dans toutes les régions du monde (plus grande mortalité, émergence de nouvelles maladies, développement du choléra), augmentation du stress thermique, dégradation de la qualité de l’air... ;

baisse  de moitié des aires de répartition des espèces animales et végétales.

D’ores et déjà, entre 3,3 et 3,6 milliards d’habitants vivent dans des situations très vulnérables au changement climatique.

Les experts évoquent les incidences à venir pour les populations avec, en particulier, 1 milliard d'habitants des régions côtières menacés en 2050.

Parmi les effets en cascade liés aux catastrophes naturelles de plus en plus rapprochées, le GIEC évoque aussi les conséquences sur la production alimentaire, la hausse du prix des aliments ou encore la malnutrition…

La température dans le monde a augmenté de 1,09°C depuis le début de l'ère industrielle en 1850.Des dommages irréversibles sont déjà là.

Ce type de conséquences, sur les populations, les écosystèmes et la nature, sont plus graves, plus nombreuses et plus rapides que ce qui était attendu auparavant.
 

-Le GIEC s’attache à rendre compte des « impacts, de l’adaptation et de la vulnérabilité » liés aux changement climatiques.

"Les demi-mesures ne sont plus une option",voilà une affirmation centrale du GIEC.

Si des efforts ont été réalisés pour réduire les émissions de CO2, les auteurs du rapport dénoncent une inadéquation des moyens mis en œuvre face à la rapidité des changements, signe d’un "manque de volonté politique".

Le nouveau volet du rapport aborde davantage l’interconnexion entre la nature, le climat et les populations : par exemple, la nécessité de préserver les écosystèmes, qui protègent eux-mêmes les conditions de vie humaine sur terre.

Il insiste aussi sur le lien entre lutte contre le réchauffement climatique et combat pour  la justice : les populations les plus vulnérables sont en effet démesurément touchées par les conséquences de la crise, et le réchauffement climatique accroît les inégalités. Réduire la pauvreté permet par ailleurs de renforcer la participation possible de ces populations à la lutte contre le changement climatique. 
 Le GIEC affirme que des progrès en termes d’adaptations, planifiées ou mises en œuvre, ont été observés dans toutes les régions et tous les secteurs. « La prise de conscience et l'évaluation des risques climatiques actuels et futurs ont augmenté dans le monde entier (…). Au moins 170 pays et de nombreuses villes ont désormais intégré l'adaptation dans leurs politiques climatiques et leurs processus de planification ». 


   Mais ces adaptations restent largement insuffisantes. L’écart entre ce qui est fait et ce qui reste à faire reste toutefois trop important « Au rythme actuel de planification et de mise en place de l'adaptation, l'écart entre les besoins et ce qui est fait va continuer à grandir .

Cet écart s’explique notamment par « le manque de financement, d'engagement politique, d'informations fiables et de sentiment d'urgence ». 


 Le secrétaire général de l'ONU  a dénoncé l'« abdication criminelle » des dirigeants mondiaux dans la lutte contre le réchauffement, face au « recueil de la souffrance humaine » que constitue ce rapport. « Près de la moitié de l’humanité vit dans la zone de danger - aujourd’hui et maintenant. De nombreux écosystèmes ont atteint le point de non-retour - aujourd’hui et maintenant ». 

4-Le 6 ème rapport du GIEC,3ème groupe de travail,4 avril 2022.

Le troisième rapport a été  rédigé par 278 chercheurs de 65 pays, à partir de l’analyse de 18 000 études scientifiques. Le « résumé à l’intention des décideurs » est  un résumé du rapport scientifique  de 3 000 pages, négocié à la fin   par les représentants des 195 pays membres du GIEC, en collaboration avec les auteurs du rapport qui gardent le droit du dernier mot.

a-Urgence de mesures immédiates et substantielles. Restent 3 ans (pic des émissions) et 8 ans(diminution massive) .

 « Le GIEC appelle à des mesures immédiates et dans tous les secteurs pour « garantir un avenir vivable ».(Voir  par exemple l’article Le  Monde ,Audrey Garric et Perrine Mouterde,  4 avril 2022,  voir aussi l’article « Nous avons les outils pour limiter le réchauffement climatique »,France info, Camille Adaoust et Thomas Baietto,4 avril 2022)

Si l’on veut  limiter le réchauffement à 1,5 °C par rapport à l’ère préindustrielle cela signifie qu’il faut  atteindre un pic des émissions au plus tard en 2025, pour qu’ensuite elles diminuent  massivement dans tous les domaines de façon  radicale d’ici 2030.Autrement dit 3 ans pour le pic, 8 ans pour la réduction massive.

.  « Nous sommes à la croisée des chemins. Les décisions que nous prenons maintenant peuvent garantir un avenir vivable. Nous disposons des outils et du savoir-faire nécessaires pour limiter le réchauffement », a déclaré  le président du GIEC, se disant « encouragé par les mesures climatiques prises dans de nombreux pays ».

b-Des augmentations des  émissions catastrophiques et inégales.

Mais  ces politiques restent très  insuffisantes. «  Les émissions de gaz à effet de serre sont en hausse constante et ont atteint des records entre 2010 et 2019. Le rythme a toutefois ralenti : les émissions ont augmenté de 1,3 % par an en moyenne sur la décennie contre 2,1 % entre 2000 et 2009. Mais elles ont bondi en 2021 pour atteindre un niveau  historique

« Les émissions ont augmenté, en raison de la hausse de l’activité mondiale, dans tous les secteurs : l’approvisionnement en énergie, l’industrie, les transports, l’agriculture et les bâtiments. Seuls 18 pays sur 195 ont réussi à réduire leurs émissions de manière durable, c’est-à-dire pendant plus de dix ans. »

« Les émissions sont très inégales, elles varient largement d’une région et d’un pays à l’autre (entre 2,6 tonnes et 19 tonnes équivalent CO2 par personne en moyenne), elles dépendent largement des niveaux de revenus : les 10 % des habitants les plus riches contribuent de 34 % à 45 % de l’empreinte carbone des ménages, tandis que les 50 % les moins aisés n’y prennent part qu’à hauteur de 13 % à 15 %. »

Les émissions doivent atteindre leur maximum avant 2025, avant d’être réduites de 43 % d’ici à 2030 par rapport à 2019 dans le premier cas(plus 1,5°C ) et de 27 % dans le second cas(plus 2°C )  . « La température mondiale ne pourra être stabilisée sans atteindre la neutralité carbone – au début des années 2050 si l’on veut maintenir le réchauffement à 1,5 °C et au début des années 2070 pour 2 °C. »

c-Les solutions ? Une panoplie globale et détaillée.

Les solutions s’appellent selon le GIEC

une réduction importante   des énergies fossiles,

 un accroissement des énergies renouvelables,

une efficacité énergétique et  l’électrification,

les modifications des modes de vie,

une hausse substantielle des financements

 et l’aide de l’innovation technologique.

Si l’on reprend les propositions essentielles :

d-La  production d'énergie  représente  34% des émissions mondiales. Que faire ?

Dans ce secteur, qui correspond principalement à la production d'électricité, la consommation de charbon, pétrole et gaz doit diminuer respectivement de 95%, de 60% et de 45% en 2050 par rapport à 2019. Cela demande une "transition majeure" avec "le déploiement de sources d'énergie peu émettrices"  Réduire de manière « substantielle » l’utilisation globale des combustibles fossiles, principale cause du réchauffement.. « Cela suppose aussi de fermer prématurément les centrales à gaz, pétrole et charbon, observe le  directeur du Cired et coauteur du rapport. Toute construction nouvelle rend encore plus difficile l’atteinte de nos objectifs. »

S’il existe encore de nombreux défis à la mise en place d’un système énergétique fondé entièrement sur les renouvelables, "le déploiement de sources d'énergie peu émettrices" comme l'éolien, le solaire, l'hydraulique …ou le nucléaire. Sur ce point, le GIEC note que de nombreuses technologies peu carbonées "ont montré de nombreux progrès depuis le précédent rapport, en termes de coût, de performance et de déploiement". les chercheurs notent qu’une « variété de solutions systémiques » permet déjà d’en intégrer une part importante. Le GIEC ajoute que "le coût de plusieurs technologies bas-carbone a chuté continuellement depuis 2010". Les experts citent l'énergie solaire, dont le coût a baissé de 85% entre 2010 et 2019, l'éolien (–55%) ou encore les batteries lithium-ion (–85%).

e-L’industrie représente  24% des émissions mondiales. Que faire ?

 Parvenir à zéro émission nette dans ce secteur est un "défi", mais c'est "faisable", estime le Giec. Les scientifiques évoquent des actions coordonnées "tout au long de la chaîne de valeur", pour "utiliser plus efficacement les matériaux, les réutiliser et les recycler, diminuer les déchets". « Ainsi dans l’industrie, le défi sera difficile à relever. Il faudra utiliser plus efficacement les matériaux, réutiliser et recycler davantage, minimiser les déchets, agir sur la demande. Les processus de production devront également être transformés par un recours accru à l’électricité, à l’hydrogène et aux technologies de stockage et de captage du CO2.

Les technologies de captage et stockage, qui récupèrent le CO2 dans les fumées, seront incontournables pour contrebalancer les émissions résiduelles du secteur de l’énergie.

Les techniques d’élimination du dioxyde de carbone dans l’atmosphère, notamment via la plantation d’arbres, seront également centrales pour atteindre la neutralité carbone. En parallèle, des sources d’énergie bas carbone doivent être déployées.

f-L’agriculture, la forêt et l’usage des terres représentent  22% des émissions mondiales. Que faire ?

 Ce secteur est crucial, parce qu'il peut participer, au-delà de ses réductions d'émissions propres, à la captation de carbone émise par d'autres. « Protection et restauration de forêts ou des zones humides, baisse de la déforestation dans les régions tropicales, gestion durable des cultures et du bétail, mais aussi modification des régimes alimentaires, réduction des pertes et des gaspillages de nourriture… Les options pour réduire les émissions du secteur de l’agriculture, des forêts et de l’utilisation des sols, tout en accroissant sa capacité de captage du carbone, sont également nombreuses. 

g-Les transports  représentent 15% des émissions mondiales. Que faire ?

 Dans ce secteur le GIEC  liste plusieurs options : réduction de la demande de transports (télétravail, moins d'étalement urbain), report sur des modes moins polluants (transports en commun), des modes actifs (vélo, marche) avec des investissements (pistes cyclables, trottoir), électrification des véhicules (moins polluants que les thermiques sur l'ensemble de leur cycle de vie) et biocarburants (même si ces derniers présentent des risques de conflit sur l'usage des sols avec l'alimentation).

h-Les bâtiments  représentent environ 6% des émissions mondiales. Que faire ?

Les zones urbaines doivent également être repensées : les bâtiments doivent être rénovés de façon ambitieuse et à un rythme accéléré, les transports en commun et non motorisés encouragés, les villes électrifiées. Elles pourraient devenir plus compactes, avec des logements proches des lieux de travail, et disposer d’espaces verts ou de lacs pour absorber le carbone. La demande en énergie et en matériaux doit également être réduite. »

Les villes et les aires urbaines offrent des "opportunités significatives" pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Cela doit inclure "la réduction ou le changement de la consommation énergétique et de matériaux", "l'électrification" et l'augmentation de la capacité de la ville à capter et stocker du carbone (avec des espaces verts, par exemple).

i- Les moyens financiers. Que faire ?

Au-delà de la volonté et de la capacité des responsables politiques à engager et à mettre en œuvre ces mesures, la question des moyens sera déterminante. « Aujourd’hui, les flux financiers internationaux ne permettent pas d’atteindre les objectifs d’atténuation et font particulièrement défaut dans les pays en développement. Pour limiter le réchauffement à moins de 2 °C, les investissements annuels doivent être, entre 2020 et 2030, de trois à six fois supérieurs à ce qu’ils sont   actuellement .   La suppression des subventions aux combustibles fossiles contribuerait également à réduire le niveau d’émissions. 

« Sans mesures d’atténuation urgentes, efficaces et équitables, le changement climatique menacera de plus en plus la santé et les moyens de subsistance des populations du monde entier, les écosystèmes et la biodiversité ».

Un commentaire sur ces propositions du GIEC:

La tentative de solutions multiples  est louable  mais  la panoplie est très incomplète et surtout trop peu radicale par exemple pour les énergies fossiles .On passe à côté de puissants contre-mécanismes.

Positif  est le refus d’embrasser la géo ingénierie comme remède miracle et de s’en tenir aux technologies de captage et stockage qui récupèrent le CO2 dans les fumées.

Outre un désaccord  total sur la promotion du  nucléaire qui est complètement  à exclure on est frappé par les  insuffisances dramatiques  des recommandations financières ,  par leur manque total d’imagination dans la création de ressources nouvelles.

B-Les rapports spéciaux du GIEC.

1- Juste avant la COP24  est publié un   rapport spécial  , celui du GIEC du 8 octobre 2018« Rapport sur les conséquences d’un réchauffement climatique de 1,5°C. »

 Il montre les  différences d’impacts entre un monde à +1,5°C et à +2°C, et explique qu’il faudrait réduire les émissions de gaz à effet de serre de près de 50% d’ici 2030 pour rester sous +1,5°C, objectif idéal de l’Accord de Paris.

2-Le rapport spécial sur l’océan et la cryosphère dans le contexte du changement climatique est publié le 25 septembre 2019.

La cryosphère  est constituée par  la neige, l’ensemble des glaciers de montagne, des calottes glaciaires, des banquises, des lacs et des sols gelés de la planète .   Elle représente 10 % de la surface terrestre et stocke près de 70 % de l’eau douce disponible.

Sous l’effet du réchauffement  elle recule rapidement dans tous ses éléments, dans toutes les régions et à toutes les altitudes. Les écosystèmes côtiers sont affectés par le réchauffement de l’océan, notamment par l’intensification des vagues de chaleur marines, par son acidification, sa perte d’oxygène, par les intrusions salines et l’élévation du niveau de la mer, le tout conjugué aux effets préjudiciables des activités humaines en mer comme à terre. On en observe déjà les impacts sur la superficie de certains habitats, la biodiversité ainsi que sur le fonctionnement des écosystèmes et leurs services écosystémiques.  L'océan se réchauffe, il  devient plus acide et moins  fécond .

Les populations côtières sont exposées à de multiples aléas climatiques, tels les cyclones tropicaux, les niveaux marins extrêmes, les submersions marines, les vagues de chaleur marines, la disparition de la glace de mer et le dégel du pergélisol.

Les bouleversements des océans ont des  effets importants   sur la répartition et l'abondance de la faune et de la flore marines.

  En haute montagne, la fonte des glaciers et de la cryosphère s'accélère. Vivent dans les régions de haute montagne 670 millions de personnes. Le déclin de la cryosphère en haute montagne continuera d'avoir des répercussions négatives sur les loisirs, le tourisme et l'identité culturelle des populations.

À mesure que les glaciers de montagne reculent, ils modifient également la disponibilité et la qualité de l'eau en aval, ce qui a des répercussions sur de nombreux secteurs comme l'agriculture et l'hydroélectricité.

 Les glaciers, la neige, la glace et le pergélisol sont en déclin et continueront de l'être. Ce recul devrait accroître les risques pour les populations, comme les glissements de terrain, les avalanches, les chutes de pierres et les inondations.

  Recul de la banquise arctique, fonte du pergélisol  , 4 millions de personnes vivent en région arctique. L'étendue de la banquise arctique diminue et perd en épaisseur.

Gelé depuis de nombreuses années, le pergélisol se réchauffe et dégèle. Sa fonte devrait être généralisée au XXIe siècle. Le pergélisol arctique et boréal renferme de grandes quantités de carbone organique, presque deux fois le carbone atmosphérique, et risque d'entraîner, s'il dégèle, une hausse considérable des concentrations de gaz à effet de serre dans l'atmosphère.

  La hausse du niveau de la mer pourrait atteindre 60 à 110 cm d'ici 2100. Un grand nombre de  déplacés environnementaux  sur les    680 millions de personnes  sont dans les zones côtières de faible élévation. La fonte des glaciers et des calottes glaciaires entraîne une élévation du niveau de la mer et les phénomènes côtiers extrêmes sont de plus en plus intenses.

Selon le rapport, alors que le niveau de la mer a augmenté d'environ 15 cm à l'échelle mondiale au cours du XXe siècle, cette hausse est actuellement plus de deux fois plus rapide – 3,6 mm par an – et continue de s'accélérer. Le niveau de la mer continuera d'augmenter pendant des siècles. Cette hausse pourrait atteindre 30 à 60 cm environ d'ici 2100 et ce, même si le réchauffement planétaire est limité à une valeur bien en dessous de 2 °C. Il pourrait atteindre 60 à 110 cm si ces émissions continuent d'augmenter fortement.  Certains États insulaires deviendront   inhabitables .

 3-Le 8  août 2019 le rapport spécial du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) sur « les changements climatique et les terres émergées » a été publié.

Les experts de l’ONU avertissent que  la surexploitation des ressources  menace la sécurité  alimentaire ,  appauvrit la biodiversité et amplifie les émissions de CO2.

Nous vivons sur une Terre nourricière, tempérante, protectrice. Mais à épuiser ses ressources, à exploiter trop intensivement ses sols et ses forêts, nous mettons en péril non seulement notre capacité à faire face au réchauffement, mais aussi nos conditions de vie et de subsistance. Il est donc urgent d’adopter, à l’échelle mondiale, une gestion des terres plus durable.

Les contributions des trois groupes de travail  au sixième rapport seront finalisées en 2021 et  le 6ème rapport de synthèse sera établi au premier semestre de 2022.

C-L’avenir environnemental  à  long terme et à très long terme ?

1-On l’a compris : les générations à venir  ne sont pas celles d’un futur plus ou moins lointain perdu dans les incertitudes des siècles ou des millénaires à venir.

 Les générations visées sont les « quelques  générations » (2, 3, 4, 5… ? ) qui viennent et qui plongeraient dans cette forme d’inconnu, celle d'une augmentation de la température de 4 à 6 degrés  voire plus vers 2100, très probablement la fin d’une grande partie du  vivant.

2- Dans le très long terme, autour de 2150, 2200( ?) on trouve des prospectives, pour une part incertaines, quelquefois particulièrement sombres avec des élévations de la température moyenne du globe entre 4 et 8 degrés voire plus, une fonte massive des glaces du Groenland (Arctique pôle Nord)ce qui entrainerait une montée du niveau des océans de l’ordre  de sept mètres, une  fonte  relativement importante de l’Antarctique, et  la disparition de la plus grande partie de la forêt amazonienne.

 Un grand  scientifique australien très connu déclarait : « Le destin de l’homme est déjà scellé, il est trop tard, dans moins de cent ans les sociétés humaines ne seront plus.» (Frank Fenner, The Australian ,16 juin 2010).Il n’était pas le premier à le dire ni les derniers ceux qui lui répondent que l’espoir restant est celui d’une « métamorphose de l’humanité » à travers des volontés massives de changements massifs.

   3-Quant aux perspectives incertaines à très  long terme ce seraient le  comble de l’horreur selon certains. Il s’agit de certains  scientifiques  qui pensent que sont  probables ou très probables  :

 une accélération de la fonte du sous-sol gelé sibérien libérant du dioxyde de carbone,

une accélération de la fonte des fonds marins de l’Arctique dont la couche de pergélisol sous-marin craquerait, libérant massivement du méthane, entrainant ainsi un emballement du réchauffement et l’arrivée de  virus endormis jusque là,

 une fonte(qui a commencé) accélérée puis totale  de l’Antarctique (pôle Sud) qui   entrainerait une élévation du niveau des mers de l’ordre de 70 mètres ( !) ,

et au total dans quelques siècles( ?) ou millénaires( ?) une planète qui commencerait à ressembler à celle de Vénus , en route vers… 460°C.

Ce qui ne serait qu’une préfiguration de  ce moment où ,  dans l’immensité du temps,  le  soleil , avant de s’éteindre, brûlerait tout le système solaire dont bien sûr notre Terre. 

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