LES 32 REPONSES - ECOLOGIE : C'EST L'HEURE DU BIG BANG

Ce qui est fameux dans un big bang, c'est que d'une minuscule explosion s'enchaîne tout un monde invraisemblable de beautés, laideurs et complexités. Si ça marche à tous les coups, c'est parce que la science, c'est magnifique. Et pour nous, simples Français, ça n'a pas manqué non plus.

Une pauvre petite hausse de taxe, un équilibrage entre le diesel et l'essence et voilà que tout l'édifice est parti en fumées. Il est vrai qu'en fait de feux, certains gominés aux dents trop longues se sont mis à étinceler et crac, l'allumette s'embrasa quand un grivois balança sur les Français qui fumaient des clopes – à allumer – et roulaient au diesel, qui flambe comme du petit bois.
Voilà les Français du diesel et des clopes jaunes de rage.
Verts quand ils se mirent à songer au kérosène non taxé, aux forages improbables en plein poumon vert de la planète, aux effroyables factures d'électricité faites pour engraisser quelques bougnats en mal de revenus qui vendaient à l'aventure leur électricité solaire au prix d'un diamantaire.
Bref.

L'écologie a mis le feu aux poudres, c'est un fait avéré. Si on voulait être sot, ou rigoureux, on pourrait répondre point par point et cela pourrait donner ceci :

Ecolo quoi ? Ecolo quoi ?

     Sur la transition écologique


    12. Comment finance-t-on la transition écologique : par l’impôt, par les taxes et qui doit être concerné en priorité ?
Par l'impôt, monsieur le  Président, et très exactement par l'impôt sur les sociétés qui polluent en majorité, chance, soit elles sont Françaises, soit elles font aussi des bénéfices en France.

    13. Comment rend-on les solutions concrètes accessibles à tous, par exemple pour remplacer sa vieille chaudière ou sa vieille voiture ? En augmentant nos salaires, monsieur le Président, et en obligeant tout taxeur (bercynois et/ou brognarais) à passer un certificat primaire en algèbre, afin qu'il sût soustraire et additionner les comptes des damnés – pardon, de la population moyenne.

    14. Quelles sont les solutions les plus simples et les plus supportables sur un plan financier ? Valoriser les artisanats du bâtiment, pour que tout un chacun puisse vivre à la fois dignement et sainement, tout en créant des emplois, qui, miracle, seront payés.

      15. Quelles sont les solutions pour se déplacer, se loger, se chauffer, se nourrir qui doivent être conçues plutôt au niveau local que national ? Ne pas négliger les services publics sur le territoire : retrouver la carte des chemins de fer des années 50, songer à la stupidité des lignes supprimées, retrouver les liaisons fluviales, favoriser les circuits courts de l'alimentation, tout autant de propositions permettant de se déplacer sans étouffer le monde, de se nourrir sans asphyxier toute une planète à force de kérosène surconsommé.

     16. Quelles propositions concrètes feriez-vous pour accélérer notre transition environnementale ? Supprimer vraiment le monopole d'Edf, penser à valoriser les énergies renouvelables au niveau local et ne pas faire supporter les surcoûts astronomiques à ceux qui n'en peuvent mais : en clair, ne pas augmenter les factures de tous pour le profit de trois grigous qui plantent éoliennes et panneaux solaires et revendent le tout à des sommes gargantuesques.Bref, soyez un vrai libéral, monsieur le président, tant qu'à l'être, au lieu de l'être à la Française, c'est à dire au lieu de donner l'argent de tous pour le profit de quelques-uns.

      17. Comment devons-nous garantir scientifiquement les choix que nous devons faire à l’égard de la biodiversité ? En faisant appel à des scientifiques universitaires, de préférence à ceux payés par les grandes industries, aux intérêts écologiques discutables.

   18. Comment faire partager ces choix à l’échelon européen et international pour que nos producteurs ne soient pas pénalisés par rapport à leurs concurrents étrangers ? On ne sera pas méchants, on ne dira pas que la question 18 aurait été mieux placée en 12, parce que l'écologie à l'échelle de la France, ça ne sauvera pas le triton à crêtes. Alors la planète...

     Donc, si on se dit Européen, et qu'on l'est en réalité, on n'imagine même pas parler d'écologie sans la lancer à l'échelle de ce tout petit continent.

Mais si on voulait prendre le taureau par les cornes, on cesserait de mégoter – et oui les Français fument toujours.

On se souviendrait que la crise économique en France nous est serinée depuis 1974.

On se souviendrait de notre admiration sans borne pour les Etats Unis d'Amérique, surtout lorsqu'ils réussirent pas si mal à sortir de la crise, en inventant un plan génial : le New Deal, qui a permis à ce pays de devenir une très grande puissance. Ou pour l'Europe, rappelons le very famous Plan Marshall, et oui on reconstruit mesdames messieurs.

Et on inventerait le Plan Marshall à la Française, qu'on baptiserait de Vert.

On décréterait donc un ensemble de Grands Travaux sur l'ensemble du Territoire Français – sur l'ensemble de l'U.E si on s'en sent les moyens – qui permettraient de sauver un peu notre planète, quelque peu nos emplois, beaucoup notre économie à long terme et absolument notre rayonnement dans le monde. Et ce, sur plusieurs axes 'en même temps', comme on aime à le faire par chez vous nos élites.

  • Urgence énergétique : en considérant à la fois que notre réseau électrique est vieillissant, tellement centralisé qu'il est impossible à protéger contre des attaques militaires ou terroristes, tellement atomique qu'on ne sait plus quoi faire de l'uranium, tellement indigne qu'on ne sait plus comment se chauffer en France; on décréterait alors une mise sous tension départementale, basée sur un maximum d'énergies renouvelables (le vent et le soleil sont ma foi assez bien partagés dans notre beau pays), en laissant chaque particulier qui le peut se fournir lui-même en électricité, et en offrant aux autres toutes les ressources des barrages hydrauliques, des parcs éoliens etc.

    > comment faire ? Mais en créant, enfin, des industries, artisanats et services sur le territoire français. Voilà et de l'emploi et des avancées écologiques.

  • Urgence sanitaire : retrouver des sols sains, des agriculteurs confiants, des consommateurs heureux : suppression des engrais, pesticides et autres catastrophes qui ont éradiqué la faune, la flore et le moral de vos concitoyens.

    > Nous ne mangeons presque plus de viande, ni de fruits ni de légumes, qui sont à la fois trop chers et trop mauvais. Nous pouvons donc accepter de manger toujours aussi peu de viandes, fruits et légumes, surtout s'ils sont bons et produits par des agriculteurs, éleveurs et pêcheurs payés pour leur travail.

    >> Inutile d'objecter la nécessaire production de ces biens, alimentaires en particulier : les invraisemblables volumes jetés avant même d'être mis en vente sont la preuve par l'absurde que le raisonnement sur lequel notre monde s'est adossé pour produire à tous prix est d'une bêtise à faire tomber tous les murs du monde.

  • Urgence architecturale : le 20° fut de verre et d'acier. C'était joli et moderne. Tout à fait stupide sur le plan écologique. Le 21° français sera de matériaux plus jolis, plus adaptés aux variations thermiques et moins énergivores. L'urbanisme n'oubliera plus que des arbres ne sont pas que des poids économiques lourds (payer les employés des espaces verts, hélas, quel trou dans le budget) : mais qu'ils sont voraces de CO2, qu'ils atténuent les variations thermiques pendant que les étés deviennent de plus en plus chauds – alors que dalle, béton, bitume, verre créent d'insupportables cages de chaleur. Voilà encore des emplois qu'il sera compliqué de délocaliser. Et une possibilité unique, pour la start-up France, d'être enfin dans l'avant-garde de quelque chose de majeur.

  • Urgence vivante : on ne connaît toujours pas le nom du pignouf qui a cru bon de supprimer toutes ces plantes, tous ces animaux sauvages, tous ces insectes. On s'en moque, de son nom. Par contre, ériger en règle le respect des domaines naturels terrestres et maritimes est une urgence écologique majeure.

  • SOS propreté : éliminer les déchets, évidemment, mais autant éviter de les produire : imposer un conditionnement des produits marchands qui soit raisonnable et respectueux. Ca va bien, les boîtes dans les boîtes dans les boîtes.

    * rétablir les consignes pour le verre : interdire tous les conditionnements en plastique, notamment ceux des bouteilles d'eau minérale.

    * imposer aux entreprises qui vampirisent les ressources naturelles de garantir une exploitation qui permette un renouvellement de ces ressources. Les nappes phréatiques doivent avoir le temps de se reconstituer, même celles de Vittel. Mettre en cessation d'activité toute entreprise qui contreviendrait à cette règle.

    * avoir en tête que la cessation progressive des industries nucléaires conduira à l'abaissement évident des déchets radioactifs.

  • S.O.S Transports & Fret : on peut tourner le bébé dans son bain quarante ans durant, je ne vois toujours pas en quoi on sauve la planète avec des billets d'avion 10 fois moins chers que les billets de train. Avec cette obsession de suppression de toutes les petites lignes de chemin de fer - qui sont toujours moins pires que les Cars M au diesel, et que la voiture pour tous.Avec cet entêtement obscène à nous faire manger des tomates nordiques quand on vit en pleine région de production de tomates élevées au vrai soleil. Et voilà tous ces fruits et légumes, insipides, transportés à grands frais en toute bonne conscience de pollution maximisée.

Sans blague ? Bref :  

  • remailler le territoire avec le chemin de fer                                  
  • contrôler ( hélas) les coûts pour que ce transport soit le moins onéreux.                                  
  • matraquer (c'est à la mode) les distributeurs de fruits et légumes internationaux, le transport aérien (ah zut, les vacances à Maurice seront plus chères) , être logique quoi.

 

Evidemment, pour réaliser tout cela, il faudra s'opposer aux quelques industriels sur-payés et qui se pensent sur-puissants qui pour l'instant font régner la terreur et leur sottise.

Mais un gouvernement qui se fait respecter de sa population sait aussi se faire respecter de quelques industriels malavisés.

Mais ceci, ce ne sont que des propositions populaires. Imaginez qu'on le fasse ! Catastrophe noire, il faudrait que les grands industriels paient, que les bougnats assistés s'assitent tout seuls, que les propriétés bord de mer de la Côte d'Azur laissent place au chemin de fer - sur les débris duquel elles se sont installées sans vergogne. Bref, il faudrait être rationnel et ça, c'est impensable.

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