A gauche ? A droite ? Oh, les impôts!

En tête de liste, on pioche : les questions pour piéger le manant ! Impôts et services publics au programme, demandez messieurs dames. Promis, le jeu n'est pas truqué, parole de joueur !

Ca partait légèrement, on se croyait à Noël, et paf, dès la 3°, on se demande si on n'est pas un peu parano et si le joli minois de la question 1 ne servirait pas à nous supprimer ce qu'on voudrait bien conserver.
Heureusement, et tout le monde est là pour nous le rappeler, nous sommes, nous du peuple, tout à fait paranoïaques.

Donc, puisqu'il y a jeu, jouons !

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Sur les impôts et les services publics


1. Comment pourrait-on rendre notre fiscalité plus juste et plus efficace ? Mais en imposant ceux qui ont trop et en allégeant ceux qui n'en peuvent plus. Voici une question bien étrange.

Pour une start-up nation présidentialisée, on a du mal à comprendre, par exemple, par quel étrange mystère le fisc tombe à bras raccourcis sur toutes les TPE, et va se servant si largement – alors qu'Amazon est tranquille, heureux, choyé.

Supprimer le verrou de Bercy. Faire payer ceux qui doivent payer donc. Tous les autres pays capitalistes le font plus que la France. N'est-ce pas étrange ? Les USA poursuivent dans le monde entier un ressortissant américain qui n'a pas payé ses impôts.


2. Quels impôts faut-il à vos yeux baisser en priorité ? La TVA, impôt inégalitaire s'il en est un, payée par le plus pauvre comme par le plus riche, lorsque ce riche n'a pas trouvé le moyen de se fournir à l'étranger de ces biens et denrées qui sont, sous d'autres cieux, tellement moins taxés.

                                                                              

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3. Quelles sont les économies qui vous semblent prioritaires à faire ? 

L'assistanat forcené des grandes entreprises, bancaires, financières et industrielles qui se disent privées. Donc supprimer le CICE, ou le tourner exclusivement vers les TPE et PME localisées sur le territoire Français.

Demander des comptes aux bénéficiaires du CICE, si vous refusez de le supprimer, exiger des remboursements lorsque les engagements d'emplois, de recherche, n'ont pas été réalisés, alors que la solidarité du pays a été encaissée. Ce qui se demande aux foyers se demande encore plus aux entreprises.

Cesser l'assistanat aux capitalistes à petits pieds : ceux qui ne paient pas d'impôt sur le revenu, parce qu'ils ont augmenté leur capital immobilier en achetant des biens à louer – dont ils peuvent percevoir des loyers astronomiques, vu que ces loyers sont soutenus par les APL, qui ne vont pas dans la poche des locataires. Les assistés, ce sont les propriétaires. Hélas, il fallait bien le noter, au moins une fois.

Vous remarquez que je suis de bonne volonté, et que j'ai bien compris qu'il faut faire la chasse aux assistés.


4. Faut-il supprimer certains services publics qui seraient dépassés ou trop chers par rapport à leur utilité ? Tout à fait. A part, par exemple, ne cesser de pondre des formulaires et règlements, on ne sait plus trop à quoi servent vos pléthores ministériels, vos cabinets, vos trucs et comités. Cela créerait du chômage chez les cadres sup du public. Mais ils aiment tant pantoufler dans le privé, qu'ils ne seraient pas lésés.


5. A l’inverse, voyez-vous des besoins nouveaux de services publics et comment les financer ? Remailler le territoire avec des services publics au service du public devient une urgence républicaine.


6. Comment mieux organiser notre pacte social ? Quels objectifs définir en priorité ? Voir la réponse 5.


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Il est exact qu'on a dans ces questions tellement de quoi crier, au choix :

  1. à l'extrême-droite : l'extrême droite n'aime pas les impôts, c'est bien connu.

  2. à l'irresponsabilité : le vulgus pecus veut des services publics et ne veut pas payer pour cela, le con.

  3. au poujadisme – variante nauséabonde de l'extrême-droite, dont se servent à l'envi tous ceux qui ont besoin de taper sur l'artisan, commerçant du coin, petit bas-du-front qui ne pense qu'à faire du black et à exploiter on ne sait plus qui d'ailleurs.

  4. au communisme notoire : et ils feront partir tous les riches, ces crétins ! Et on aura des kilomètres de tracteurs verts à une seule roue ! Et des plans quinquennaux. Et Staline pour faire le poids.

  5. au socialisme à l'ancienne : tous ces minables qui ne veulent pas comprendre qu'on travaille pour POSSEDER, nom d'un chien. Et des écoles publiques où on mettra nos enfants? Avec des pauvres? Que nenni. L'Etat paiera nos écoles privées à nous pour nous.

  6. pis que tout, à éradiquer derechef : à l'anarchisme ! Comment ça supprimer des ministères ? Et toutes ces lois qui attendent de naître ? Ces circulaires ? Ces bilans qu'il faut lire ? Toute cette utilité fameuse, mais on n'est plus en Russie Tsariste madame monsieur, nos ministères ils servent à quelque chose. Et pourquoi pas la démocratie directe pendant que vous y êtes?



Il est vrai que le terrain était fait pour être glissant. Mais le jeu est tellement passionnant ! Et dans ce jeu-là, faire ressortir que, ma foi, les libéraux français sont de gros hypocrites est si facile.

Libéraux eux ? Que non pas. Il faut prendre l'argent de ceux qui sont coincés sur le territoire. A nous de renverser l'accusation ignoble d'assistanat. Les assistés, ce sont eux.

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