Grandeurs et vicissitudes de Wikileaks

On a beaucoup causé, glosé et commenté. Certains les trouvent « irresponsables ». D’autres parlent de Onze septembre de la diplomatie. Quelques uns dénigrent les informations en choisissant le superflu et le « people ». On épinglera un roi nu, on stigmatisera une molesse, on désignera un incompétent. Quelques jours plus tard, on reviendra évidemment sur les propos pour tourmenter les peuples. Les memes seront « pro-américain et amusant bien que colérique », les autres seront très féroces sur le réchauffement climatique, d’autres auront pour défaut de convenir avec l’administration russe des contrats exclusifs sur du gaz, du pétrole. Il y aura aussi ce politique qui aura « éliminé » son épouse et l’aura fait disparaitre. Les cables sont là avec leurs véritésWikileaks vient donc apporter une image de la société mondiale. Un instant, une photographie instantanée avec évidemment des réliefs de Cables plus anciens laissés là pour montrer une perpétudation des cynismes. La réal politique. Mais allons plus loin et creusons déjà la montée en puissance des trois phases offensives de Wikileaks.I. L’Afghanistan.La mise en lumière de ces moments atroces, des victimes civiles, du déploiement de Marines et de machines à tuer sans discernement. La continuité d’une salle guerre avec une passation des pouvoirs entre un réactionnaire ultra-religieux et défait nerveusement par des années d’alcoolisme à la prise en main d’un pseudo-cool, symbolique par sa couleur mais totalement pris dans une activité politique à l’ancienne. On constate cela. L’enlisement afghan par la méconnaissance de ce pays, des mœurs, des alliances, des fraternités qu’on pouvait simplement découvrir dans Rudyard Kipling ou d’autres récits plus anciens. Les désastres des armées modernes n’étant pas l’apanage de notre seule époque. Il y a environ un siècle et demi, 70000 britanniques étaient déjà défaits sur les pourtours de Kandahar.L’Afghanistan avec des armées morcelées, sans stratégie de terrain, des directives de Washington stériles, des assauts à coup de drone explosant le moindre lien entre Afghans et « armées de libération ». Tout cette image, ce reflet nous a été mis en lumière par Wikileaks… Tout comme pour l’Irak. Il ne s’agit pas d’une idéologie de la transparence mais juste un premier moment de vérité. Des stratégies inefficaces montrées au grand jour et connues des Talibans ou des Saddristes des quartiers durs de Badgad ou du triangle sunnite… donc, rien d’inconnu. Au pire quelques officiers seront retirés du front avec l’impression d’une trahison… mais pas de morts. Juste un ridicule sur les épaules d’une Hillary Clinton bien peu en phase avec une vision dynamique de la diplomatie comme nous le verrons.II. Les Cables GatesLa sorties des Cables diplomatiques provenant des ambassades américaines est vécu comme un désastre pour certains états. On pense surtout aux pays occidentaux et l’hyperpuissance en voie de déclin depuis ses désastres afghans et iraquiens. Les cables donnent des infos sur tout. Comme nous l’évoquions quelques énergumènes pris dans notre société médiatique ont dénigré très rapidement voyant l’aubaine d’etre bien vu du gouvernement en faisant du zele en tappant sur Wikileaks (je pense au Denisot, Toussain et autres pseudo-cool du paf). Ce sont les premiers à ne faire que des topo sur les défauts très people de nos gouvernements. Ils sont passés à coté de l’essentiel visiblement de ces cables bien plus informatifs. Alors que Bernard Henri Levy parle de vies menacées et d’irresponsabilité, j’ai vécu ce déballage comme une vague de vérité. Ainsi, on pouvait avoir le détail confirmant le double jeu de certains pays. Ainsi, on pouvait juste voir l’activité de la France, d’Israel et des USA dans l’optimisation d’un blocage des politiques concernant l’obtention du nucléaire civil par des états orientaux comme l’Egypte, le freinage de négociation visant à constituer des zones « free nuclear weapons » en Orient. Tout cela evidemment par pure stratégie à court terme.On constate la vassalité de la France conduisant quasiment à une attitude presque canine de notre chef de l’etat proposant des troupes sur tous les fronts lancés par Obama.On regarde également l’ingérence de l’ambassade US dans la politique intérieure française ou allemande, visant à faire remonter des minorités sur les rangs de la représentation politique. Ces dernieres seront évidemment des minorités choisies, sélectionnées, très US-compétentes et déjà complices. Critiquant la France catholique, la discrimination… comme si le Bronx n’existait pas aux USA. Comme si les prisons américaines n’étaient pas garnies de couleurs alors que les administrations diplomatiques se focalisaient sur nos prisons avec les 50% de musulmans. Des détails croustillant parlant des RG qui se permettaient d’harceler des individus sans preuve reelle de leur islamisme, soit dit au passage 9000 radicaux en France… sur 6 millions… on est loin de la contagion de la burqa tant annoncée. Il y a aussi ces bibles brulées dans les pénitenciers, ces arbres de Noel saccagés dans nos quartier de sécurité par une minorité exaltée.Ainsi Cablegates, accessibles par tous, très facilement alors que les journaux ont systématiquement annoncés qu’ils étaient les seuls à tenir les cables… oui, Cablegates donne une autre image de la diplomatie. Du cynisme, de la lenteur, de l’irresponsabilité et au bout des morts. Des morts qu’on veut effacer. Ceux là Bernard Henri Levy ne les regrettent pas visiblement. Mais voilà, les Cables sont là, des ONG se les procurent, des pays les scrutent tous avec frénézie. Certes l’Iran est désormais sur ses gardes, ses ogives sont désormais aussi au grand jour. Monsieur Lévite qui est aussi discret qu’une blue bel girl qui ferait des courses en tenue dans un Monoprix en sera de son « pays fasciste » à assumer. Il est si discret sur ses propos qu’il n’y avait pas besoin d’un Cable pour connaitre ses positions souvent grotesques.III. Les financials Gates et Bank of AméricaL’avenir avec ou sans Julian Assange. Affublé du terme de « bizarre » par une rédac chef du Monde, qui néanmoins profite des Cables pour gouter à la nottoriété des plateaux TV, Julian Assange est poursuivie par Interpol concernant un viol. Présumé innocent, Assange est probablement poursuivi par un montage classique du FBI ou de la CIA qui savent trop souvent salir brutalement plutôt que de négocier. Alors que Interpol avait décidé de rechercher Assange pour viol, imaginons un peu si tout les violeurs étaient poursuivis par Interpol, nos 70000 français qui gouttent à ce crime seraient très inquiétés. Là, aussi silence de BHL qui récemment encore dénonçait l’acharnement contre un cinéaste qui aimaient les femmes trop jeunes… là, pour des faits iréels ou incertains, nos commentateurs sont moins vifs à défendre Assange… Mais voilà, l’outrance d’interpol a conduit Wikikleaks à sortir les cables diplomatiques. Mais il y a désormais d’autres tuyaux en route vers la Toile. On se souvient en effet qu’Assange avait parlé de d’un disque dur d’un directeur de banque of América au cours d’un interview. Cette sortie qui vaut maintenant l’interet d’une sortie d’un film holliwoodien va montrer une autre facette de la finance et des états. Le système pourrait d’ailleurs ne pas s’en remettre. Imaginons les échanges entre financiers, banquiers et la consternante condition de ceux qui vivent la crise. J’imagine déjà les titres, les excuses, et surtout l’effondrement des valeurs que ce système a voulu sauver. Là, encore nos intellectuels verront encore une « irresponsabilité ». C’est evident de claironner sur ce point. N’est on pas venu d’une periode de subprimes, d’emprunt toxiques, d’un crash démesurés puis de spéculation hallucinante touchant des états entiers, Grece, Portugal, Espagne, Irlande et la France. Oui, imaginez des cables finaniers abordant les nottations réelles des états. Les avis d’experts… les compromis des ministres des finances. IV- Wikileaks. Un miroir necessaire, unique et essentiel.

Oui, les « responsables » vont rugir. Comment peut on voir en Wikileaks autrement que des gamineries dangereuses. Et bien c’est simple. C’estr effet miroir qui est unique dans notre histoire globale est en train de démontrer l’ensemble de roueries qui nous conduisent à notre perte. Ceux qui font dans la peoplelisation n’ont pas saisi cet aspect de l’impact de Wikileaks. En effet, cette transparence outrageante conduira certains pays à réaliser que le monde unipolaire n’est pas une bonne chose. Que cette omniprésence américaine, l’ingérence de cette mentalité assez rugueuse n’est pas saine et qu’il vaut mieux donc encadrer ces diplomates qui visent à changer des pays sans tenir compte de la culture. Culture en mouvement, parfois lent mais essentielle. Réfléchissons à l’integration à la française… son échec est réel, mais qu’en est il de la responsabilité américaine. Le modèle culturel américain qui veut s’imposer est déjà un parcours d’échec et de ruine. Une société dite moderne mais amplement egocentrique, brutale et individualiste… c’est peut etre là le carcan d’une integration bien pire… Certes la France sur ce point doit changer mais probablement pas avec les préjugés très américains… on sait ou ils ont conduits avec l’ébullition irakienne, les tourments afghans, les enlisements au Vietnam… qui d’ailleurs fu reglé parce que des français avaient eu la pertinence de garder leur culture et de continuer à parler avec Ho Chi Minh (lien Raymond Aubrac-Ho chi Minh).Wikileaks renvoit donc l’image d’un monde qui va dans le mur et poussé par un pays persuadé d’avoir une vision surement supérieure à tous les autres. Wikileaks par ces Afghan diaries, ces cablegates et son futur financial gates va montrer donc les enchainements d’une ruine coupable et il y a une chance à avoir ce Julian Assange. Demain, lorsqu’il sera tué ou emprisonné, il deviendra le héros moderne. Déjà idoles des Hackers, il est pour beaucoup une référence. La suite est simple. Que feront de ces données les Etats qui les scrutent ? Le rebond du destin jouera t il au bon moment pour certes en finir avec la diplomatie rayonnante des américains. Le monde va-t-il en fin réaliser que le multipolaire est une option plus utile ? plus creatrice ? L’avenir le dire. En attendant, les ministres parleront d’irresponsables. On comprend bien qu’en France un Wikileaks s’emparant de l’affaire Bettencourt, de Karachi ou de Médiator feraient des dégats d’ampleurs. Mais aussi, il serait à la source d’un changement du logiciel actuel pris dans les usages d’une politique à la papa, avec ces valises, ces morts symboliques et ces réussites ulcérante du tryptique classique ambition, médiocrité et brutalité enrobé d’une image très asceptisée par des communicants aux ordres.Enfin, Mediapart titrait récemment nous sommes tous des Wikileaks. En effet, l’idée est interessantes mais il faut réaliser autre chose. Pour l’etre tous, il faut que Wikileaks s’invite à la table des américains… ces derniers sont tellement pris dans leur législation liberticide qu’ils ont aujourd’hui l’injonction de n’ouvrir aucun document venant de cette source. Cela en dit long sur le niveau démocratique d’Obama et de sa clique…Pour récupérer les cables, il suffit de suivre les Torrents ;) et Cablegate.

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