Weinstein : l’affaire qui délie les langues

Même sur les plateaux TV certains devraient être en taule...

 

 

Les premières à dénoncer ont eu beaucoup de courage et de force. C’est s’avancer en Antigone contre un système quasi nihiliste. Les lanceurs d’alerte quand ils montent en première ligne ont cette force qui conduit à s’oublier et accepter de tout perdre dans l’injustice la plus totale et l’abus du pouvoir le plus froid. Combien de femme ont essayé de monter au creneau pour s’effondrer aussitôt…

 

Mais l’affaire Weinstein est bien là, elle doit en faire frémir plus d’un. On connaît les milieux dévastés par le harcelement sexuel,… médias, politiques, TV, radios. Les noms ont toujours circulés mais ces intouchables sont protégés. Si on va chercher plus loin, on voit se constituer des réseaux de rabatteur vers des prédateurs. On se transmet les coordonnées des « filles ». Une telle sera une « salope ». J’ai vu en direct ce que pouvait écrire un mec du PAF à une femme. Facebook permet tout… écrire d’emblée tu viens salope ce soir… et puis on joue au docteur… l’enflure se reconnaitra… j’ai eu du mal ensuite à écouter ses émissions…

 

Ailleurs ce sera un directeur du développement d’une grosse boite qui chassera la chômeuse sur Linkedin pour se taper des meufs pendant plusieurs mois… cela commence par du harcèlement puis c’est du droit de cuissage, puis on y passe quand il faut y passer.

 Ailleurs ce sera les méandres des plateaux TV, ailleurs ce sera un ancien politique qui aura gardé ses pratiques. On a des témoignages de tout cela. Je crois me rappeler que Christine Deviers Joncourt avait publié un ouvrage sur les story de harcèlement sexuel et les tendances sexuelles de nos élus.

Plus loin les chiens ne font pas des chats. Anciennement un fils de notable sévissait du coté de Carcassonne. Il fallait y passer parce qu’il avait du pouvoir, il avait son club favoris ou le choix n’était plus un choix mais une obligation pour avoir la tranquillité… pas de plainte, pas de dénonciation… tout se fait dans le silence de cette mer d’abjection.

Ailleurs ce sera le petit patron qui aura besoin de caresser sa serveuse… elle s’est habituée… c’est tout les jours. « il est comme cela ». Résignation face à ces porcs qui sourit en voyant le dérangé faire son geste sur une serveuse qui n’a pas le choix car elle doit nourrir son fils.

Aujourd’hui, Twitter réagit dans sa bulle avec « #balancetonporc »… j’en ai des dizaines… je me souviens d’une femme que j’attendais un soir et qui vint enfin, avec beaucoup de retard. Elle devait travailler avec quelques personnes, puis quand la soirée avança, elle se retrouva seule avec un cocaïné publicitaire qui lui sauta dessus… elle arriva blanche, tremblante… pourtant elle avait bien vécu, il lui en fallait beaucoup pour l’intimider mais là c’était différent… ce publicitaire marié avec des gosses doit toujours être dans sa spirale de silence, détruisant tout sur son passage jusqu’à ce qu’une femme dise non.

J’en ai vu en loge, j’en ai vu dans des églises, d’autres portant la kippa, d’autres encore faisant ramadan… il n’y a pas d’exception.

On en est là… certaines portent un foulard de soumission à des branques religieux et d’autres portent leur blessure un peu tous les jours…

Allez ouvrons les yeux, on a tous un Weinstein pas loin qui sévit… dans nos connaissances, nos familles, nos amis… on leur pardonne leur propos déviants mais c’est souvent une couverture… leurs âmes noires se nourrissent de l’acte de mort qu’ils portent en eux et pour les autres… car ces petites morts éteignent l’humanité pour un perversion qu’ils portent avec un exhibitionnisme sordide. 

Il ne suffit pas de Twitter, il ne suffit pas d’une loi, il faut une purge de salops… ils sont sur nos radios, nos écrans, nos hémicycles, nos boites, nos familles… renversons la peur…

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