Colloque en ligne • Dayton25, la Bosnie-Herzégovine aujourd'hui

Le Courrier des Balkans organise un colloque en ligne les 2 et 3 décembre sur la Bosnie-Herzégovine aujourd'hui, 25 ans après la fin de la guerre. En partenariat avec la Fondation Heinrich Böll-Paris. Inscriptions ouvertes sur Zoom.

Mardi 2 décembre, de 14h à 17h30 : 

  • À quels défis la Bosnie-Herzégovine fait-elle face ? (corruption, justice économique et sociale, émigration, santé, etc.)
  • Mobilisations (luttes environnementales, droits des travailleurs, lutte anti-corruption, droits LGBT, etc.) 

Mercredi 3 décembre, de 9h30 à 13h : 

  • 25 ans après les accords de Dayton, quels projets politiques pour la Bosnie-Herzégovine ? (réforme constitutionnelle, alternative citoyenne, quelle place pour l’activisme ?)
  • La Bosnie-Herzégovine, les Balkans et le monde (politique étrangère bosnienne, radicalisation, la route des Balkans et les migrations)

Inscriptions obligatoires sur Zoom : 

Informations et contacts : Le Courrier des Balkans

Il y a 25 ans, les accords de paix de Dayton mettaient un terme aux combats qui déchiraient la Bosnie-Herzégovine depuis trois longues années. S'ils ont eu le mérite d'arrêter les affrontements, ces accords ont « figé » les sociétés locales dans un interminable après-guerre : les mêmes controverses politiques n’ont cessé depuis d’opposer les mêmes partis nationalistes, souvent dirigés par les mêmes personnes, les mêmes familles ou les mêmes clans. La question de la réforme des institutions bosniennes a progressivement disparu de l'agenda des capitales européennes, sans parler de l'intégration aux institutions de l'Union européenne (UE). La « stabilité » mortifère qui prévaut semble être devenue la seule perspective proposée aux citoyens de Bosnie-Herzégovine.

Serait-il donc impossible de réformer l’annexe constitutionnelle des accords de Dayton ? Existe-t-il des alternatives ? D’où pourraient-elles venir ? À l'heure où l'UE est elle-même fracturée par de profondes divisions, personne ne semble pressé de rouvrir ce délicat dossier. La Bosnie-Herzégovine a-t-elle alors un avenir ? Est-elle condamnée à rejouer à l'infini les divisions ethno-politiques qui menèrent le pays à la catastrophe ?

Rien ne ressemble plus aux difficultés d’un Bosniaque de Zenica que les problèmes d’un Serbe de Doboj. La transition économique a achevé de ruiner le pays et de détruire ses infrastructures productives, condamnant la population à un chômage structurel de masse, à des emplois sous-payés ou à l'exode à l'étranger. Les citoyens de Bosnie-Herzégovine, diplômés ou non, sont toujours plus nombreux à prendre la route de l'Occident depuis le début des années 2010. La classe politique s'accommode aisément de cette saignée démographique qui réduit artificiellement la pression sociale. 

Certains choisissent néanmoins de résister à la fatalité. Ce fut le cas lors du « Mouvement des plénums », qui avait soulevé la Fédération à l'hiver 2014, dépassant les barrières communautaires. Ou, cinq ans plus tard, avec le mouvement « Pravda za Davida » (Justice pour David), qui demandait à l'origine que toute la vérité soit faite sur le meurtre d'un jeune homme de Banja Luka avant de se transformer en une contestation de l'oligarchie politique à la tête de l’entité serbe, la Republika Srpska.

Le Courrier des Balkans, en partenariat avec la Fondation Heinrich Böll, souhaite ouvrir le débat et réfléchir à l'avenir de la Bosnie-Herzégovine. Les discussions, qui donneront en priorité la parole aux acteurs et actrices de terrain, ancrés dans les sociétés locales, vont s’articuler autour de quatre tables rondes en ligne, pour deux journées de rencontres. Cet événement sera le point d’orgue d’un programme spécial qui débute le 17 novembre, avec une série d’articles et interviews, publiés en trois langues (français, anglais, bosnien), pour raconter la Bosnie-Herzégovine de 2020. 

 

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