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Billet de blog 18 déc. 2014

Turquie: Arrestation de journalistes pour faire oublier le scandale de corruption

Ekrem Dumanli, le rédacteur en chef du journal turc Zaman au plus grand tirage (937.000) et le Directeur Général du groupe de presse Samanyolu chapeautant 5 chaines de télévision ont été interpellés dimanche matin 14 décembre 2014. En tout 32 personnes travaillant dans ces institutions ont été interpellés par la police, chez eux ou sur leur lieu de travail, parmi lesquels on retrouve des journalistes, scénaristes, réalisateurs et producteurs.

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Ekrem Dumanli, le rédacteur en chef du journal turc Zaman au plus grand tirage (937.000) et le Directeur Général du groupe de presse Samanyolu chapeautant 5 chaines de télévision ont été interpellés dimanche matin 14 décembre 2014. En tout 32 personnes travaillant dans ces institutions ont été interpellés par la police, chez eux ou sur leur lieu de travail, parmi lesquels on retrouve des journalistes, scénaristes, réalisateurs et producteurs.

Les journalistes en question sont soupçonnés de «s'emparer de la souveraineté de l'Etat» et « de faire partie d'un groupe terroriste ».

A côté des journalistes, des chefs de police et des policiers ont également été interpellés.

L'opération qui frappe de plein fouet les journalistes coïncide avec la période du scandale de corruption qui a éclaboussé Erdogan en décembre dernier à cette même période. On remarque également que tout les moyens sont mis en œuvre afin d'étouffer le scandale de corruption.

Les motifs invoqués pour l'arrestation massive des journalistes est le suivant : L'opération qui a été faite en 2010 envers le groupe Tashiye du groupe Mehmet Dogan en lien avec Al Quaïda. Selon le procureur, ce groupe n'était pas lié aux faits de violences. Les chefs de polices de l'époque ont associé ce groupe aux faits de violences. Le journal Zaman et le groupe Samanyolu ont diffusé les informations concernant l'opération. Dans le même temps, dans les séries diffusées sur la chaine de télévision Samanyolu, le groupe a été fortement critiqué et discrédité.

Or celui qui avait donné l'ordre pour la réalisation de ces opérations, à l'époque des faits, c'était le chef de la police Oguz Koksal Kaan, qui est en ce moment député au sein du parti au pouvoir AKP. Lors de l'opération, une grande quantité de munitions et d'armes avaient été trouvé concernant le groupe en question.

L'opération qui été faite envers le groupe qui était suivi depuis 2008 a eu lieu en 2010 alors que le  chef du groupe Mehmet Dogan qui s'adressait aux membres «donnait l'ordre de frapper ». Selon Dogan, il ne pouvait y avoir d'Islam sans épée, il vantait l'imam Fersat qui fabriquait des fusées chez lui à la maison et il voulait que les membres du groupes agissent également de la sorte « pour frapper ».

Après ce discours, les membres du groupe en question ont été mis en examen suite à une opération. Certains ont été trouvé coupables d'autres pas.

L'information de l'opération faite envers la cellule Tashiye lié à Al Quaida a été diffusée largement sur les chaines de télévision et publiée dans les journaux.

Mais le gouvernement fortement dérangé par les informations diffusées concernant le scandale de corruption qui l'éclabousse à pris soin via le Conseil supérieur de l'audiovisuel de Turquie (Rtük) d'imposer des amendes qui se chiffrent en plusieurs millions de Dollar au groupe Samanyolu et au journal Zaman pour enfin couronner le tout par une opération soldée par des dizaines d'arrestation.

Il est clair que l'opération a été faite à cause du caractère critique de ces médias envers le gouvernement.

Hasan Cemal qui a gagné ces derniers temps en popularité en Turquie, les journalistes respectueux et reconnus par tout un chacun comme Mehmet Altan, Ahmet Altan, en tout presque 200 journalistes ont perdu leur emploi à cause des pressions exercées par le gouvernement. Le pouvoir en place contrôle de très près les patrons des médias et leur imposent de lourdes sanctions fiscales. Les exemples sont nombreux.

Dans une Turquie qui devient de plus en plus autoritaire, les évènements nous rappellent le coup d'état militaire qui a eu lieu il y a 34 ans. 8000 policiers anti-émeutes ont pris part à l'opération pour coincer les deux grands médias de Turquie. La police anti-terroriste a perquisitionné le bâtiment du journal Zaman.

Le tournage de la série « Une seule Turquie» a Konya avait été interdite sous prétexte qu'elle menait une politique anti-gouvernementale. Les tournages dans d'autres villes ont également été rendus impossible à cause de nombreux obstacles rencontrés, c'est pourquoi la série en question n'a pu continuer à être diffuser . Le soir oû elle était diffusée, la série « Une seule Turquie» avait la réputation de récolter la plus grande audience. Suite à cet incident la même équipe a lancé une série appelée « Sungurlar » qui a également eu beaucoup de succès auprès du public. La dernière partie de cette série a été diffusée le samedi soir, 13 décembre, celui-ci a été le deuxième programme le plus visionné. Le lendemain matin, le 14 décembre, les scénaristes de la série en question, les réalisateurs, les producteurs, les graphistes et d'autres personnes de l'équipe ont été interpellés par la police. Raison de l'arrestation : dire du mal du Groupe Tashiye lié à Al Quaida.

Alors que Recep Tayyip Erdogan devient de plus en plus autoritaire, les médias qui changent de main selon plusieurs procédés, traversent une des périodes les plus difficiles de son histoire.

Erdogan est sensible à plusieurs sujets : les personnes qui rejoignent Daesh via la Turquie, l'acheminement des armes à Daesh et les sujets concernant Al Quaida. Malgré les évènements en Syrie, la dernière opération envers Al Quaida date seulement de l'année dernière. Les policiers chargés de l'opération ont été mutés immédiatement. Ceux-ci ont été portés devant les tribunaux pour « espionnage».

En ce moment, pour une affaire qui a eu lieu il y a plus de quatre ans concernant Al Quaida, des journalistes de notoriété publique font fassent à des pressions policières.

Trois jours avant l'opération, en ayant rapidement l'accord du parlement, Erdogan a mis en place une législation concernant le « soupcon raisonnable » selon laquelle la confiscation des biens est permise. L'opération envers la presse est basée sur cette législation en question.

Les journalistes interpellés aujourd’hui avait précisé que les termes utilisé en droit pénal «forte suspicion de crime » et « soupçon concret» avaient été remplacés par «soupçon raisonnable» afin de museler l'opposition et la liberté de la presse en Turquie.

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