Comment descendre quelqu'un ?

Comment descendre quelqu'un? © Journal de Personne
Comment descendre quelqu'un? © Journal de Personne

 

Introduction

 

Comment descendre quelqu'un?

Quelqu'un d'important pour la collectivité mais tout aussi bien quelqu'un sans importance collective ?

 

  • On lui tire dessus
  • Ou on fait en sorte pour qu'on lui tire dessus.
  • Mieux encore : on fait en sorte pour qu'il se tire dessus

 

Oui parce que le crime parfait n'existe pas seulement dans certains romans policiers, il existe aussi dans la vie... politique.

On ne fait pas d'omelette sans casser des œufs... tout comme on ne devient pas quelqu'un sans descendre personne.

En termes cyniques, ce sont les corps de mes ennemis qui constituent les marches de mon palais.

Pas d'ascension sans suppression d'opposés et d'opposants.

Mais dans tous les cas de figure, il y a toujours le risque de se faire prendre.

Je change donc la question :

Comment descendre quelqu'un sans se faire prendre ?

Attention la question ne concerne pas les vulgaires criminels mais seulement les politiques criminels, les sans scrupules qui vous calculent et ne reculent devant rien pour accéder au pouvoir ou pour le conserver.

Là on ne tire pas. On casse sa tirelire. Parce qu'il en faut de l'argent pour disposer d'agents à tous les étages.

 

Le premier étage : est celui des renseignements généraux et généreux... celui des chiens de faïence...tout ce qui peut desservir votre victime est bon à prendre... tous les détails foireux pour en faire un enfoiré. C'est le commencement de la descente en enfer. Pour lui... et un peu pour vous, aussi.

On instruit en s'instruisant mais toujours à charge et lorsque les témoignages ne s'avèrent pas suffisants, on en rajoute. Il faut ce qu'il faut, un judicieux mélange de vrai et de faux... car le faux renseignement reste un renseignement et peut même devenir vrai, lorsqu'il est démultiplié.

C'est profond comme du Leibniz : une perception vraie ce n'est rien que la somme de plusieurs petites fausses perceptions. Les petits sons de cloche qui font le plus grand bruit. Rien de plus facile : on jette un pavé dans la marre puis on dépose plainte pour avoir été éclaboussé au passage.

 

Oui, n'ayons pas peur de le dire : les renseignements généraux c'est l'antichambre de tous les mensonges politiques, de toutes les raisons d'État. L'approche qui fait que tout le monde a quelque chose à se reprocher. Point de coups peut être perçu comme un coup de poing.

 

Le deuxième étage : est occupé par les chiens de garde. Par toute la presse financée et influencée par le pouvoir. C'est cette presse qui va relayer le faux qu'elle va faire semblant de tenir pour vrai.

Tu ne me chercheras pas si tu ne m'avais déjà trouvé : c'est ce que les médias appellent : les fruits de leurs investigations qui consistent à faire semblant de chercher, ce qu'ils ont déjà trouvé. Un jeu de cache-cache : on informe en déformant. On déforme en informant. C'est de la trans-formation continue sur toutes les chaînes... car quoi qu'on en dise tous les canards sont enchaînés... les rares qui ne le sont pas, personne ne les connaît.

Vu à la télé : des armes de destruction massive, un écran de fumée qu'on dirait chimique... des corps gisants sur le sol... mais on ne les a pas vu mourir, ni vu celui qui les a tués.

 

Le troisième étage : ce sont les services secrets... celui des chiens loups. À mi-chemin entre la police et l'armée, c'est la plus haute et la plus performante entreprise de recyclage, de nettoyage et de remue-ménage. C'est là que se fabrique l'événement ... c'est là qu'il se créé et c'est là qu'il se transforme. C'est un peu l'auxiliaire du destin lorsque les faits ne leur sont pas favorables, ils les défont et en refont d'autres. Il n'est jamais question de dire le temps qu'il fait mais le temps qui nous satisfait. On sait et on fait ce qu'il faut faire pour qu'il y ait de la neige à Bagdad, un volcan à Tripoli et un séisme à Damas.

C'est comme du cinéma, ou plutôt du cinéma de com... Avec des spectres lumineux pour faire en sorte que la lumière rende toujours plus aveugle

 

Conclusion

N'en parlez surtout à Personne

Pierre Bérégovoy, Ben Laden, et Mohamed Merah tous les trois sont morts sous le sceau du secret. Secret d'État, État adroit  qui n'a jamais su ce qu'était le droit.

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