C'est selon... Oum Kalthoum

 

C'est selon... Oum Kalthoum © le journal de personne

Il vivait à mes crochets

Dormait le jour, veillait la nuit.

Il m'a vidé, me vidait, me vida...

De mon souffle, de mes larmes, de mon sang !

Juste pour m'éprouver ou me réprouver

Il était violent, quasiment toujours ivre

Il buvait et me le faisait payer.

Il passait son temps à me menacer de rompre le lien qui nous reliait

Parce qu'il était lui, parce que j'étais moi

Léger et pourtant il m'écrasait

Toujours mal habillé, mal luné, mal rasé...

Il  m'entrainait vers le plus bas niveau de l'être...

 En se faisant passer pour le plus haut niveau de l'être

Plus je le voyais grand, plus j'étais petite

C'est lui le joueur, c'est moi son jouet

Avec lui, tout était permis : La faiblesse, la lâcheté, la tromperie

Tout ce qu'il s'autorise, il ne me l'a jamais autorisé :

 Les fugues, les méprises, et les dérives.

 Il m'était impossible de vivre avec lui...

 Impossible de vivre sans lui.

Et il savait tout l'impact qu'il avait.

Comme si c'était moi qui l'empêchais de rayonner, de jubiler, de s'éclater

Il était jaloux mais avait horreur de ma jalousie.

Envieux, il se dressait contre toutes mes envies

Faisait trembler la terre sur laquelle je mettais le pied ...

Et partait à l'assaut du ciel que je priais.

Ma vie dépendait de la sienne.

 Mais la sienne, je n'ai jamais su de qui, de quoi elle dépendait

Nous avons vécu, toujours entre la vie et la mort.

Lui à justifier ses morsures et moi à panser mes blessures

Le réel nous asphyxiait, l'air nous saoulait :

 Tout était exigu, l'espace, le temps, les gens...

Et un soir il m'emmena dans une galerie souterraine

M'attacha les mains, me cloua au mur...

Et s'éclipsa sans le moindre murmure.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.