Mon patient s'impatiente dans la salle d'attente.
Je ne sais pas ce qui me prend mais je n'ai plus envie de l'entendre.
Comme tous les gens atteints, ils finiront par vous atteindre.
Il est misogyne... chez lui c'est impulsif, compulsif, corrosif.
Il n'aime pas les femmes ou plus exactement les figures incarnées de la femme.
Il en cherche désespérément UNE en France, mais n'en trouve aucune.
Aucune ne trouve grâce à ses yeux... leur insuffisance est consternante, déconcertante. Pour lui, tout le mal vient de là sur le plan politique et idéologique : pas de femmes!
C'est sexiste comme constat d'huissier : les hommes n'en sont plus capables et les femmes sont incapables de relever les défis du monde d'aujourd'hui.
Pour rendre compte de sa souffrance il s'en prend à la France, le pays qui lui fait aimer son chien... son chien a, selon lui, plus d'assurance, de clairvoyance et de compétence que toutes celles qui se prénomment : femmes fatales.
Mon chien, dit-il, a une ligne de conduite cohérente... il ne passe pas du coq à l'âne. On dirait que son instinct est doué d'esprit. Et il me cite tout de suite Paris, les Municipales, ses douleurs en lettres capitales : Nathalie Kosciusko-Morizet et Anne Hidalgo.
C'est affligeant comme présélection... aucun avenir pour l'homme, aucun répit pour l'électeur. À pleurer de rire!
Mon chien poursuit-il, est au moins fidèle à ses référents. Il en tient compte, quelles que soient les circonstances... la voix de son maître est toujours présente... comme si le chien avait pressenti l'existence d'une valeur transcendante... une valeur supérieure... écrasante... celle du maître auquel il obéit... servitude beaucoup moins servile chez les chiens qui ont besoin d'un référent pour vivre... alors que nos femmes cherchent juste à être égales à elles-mêmes... égales et rivales... en amont comme en aval.
Et il me rappelle le bel épisode de Cécilia, la femme qui s'est payé la tête de notre ex président, sous prétexte que l'amour est plus fort que son coffre fort.
Avec nos femmes, en France, c'est du désordre rétabli, garanti, sous le masque de la belle différence, de la discrimination positive...
On va faire plus pour elles, parce qu'elles valent moins... que l'idée que l'on se fait d'elles.
C'est une jambe en plâtre, plutôt qu'un chant à la gloire de Cléopâtre.
Il n'aime pas les femmes parce qu'il ne les trouve pas aimables, ni estimables, inutiles et incertaines.
Elles gravitent comme des satellites autour de la fausse lumière: Ségolène, Valérie, Julie, feront toute pleurer Marianne...
Leur légèreté est insoutenable: juste capables de jouer un rôle secondaire dans un feuilleton franco-français de série B pour France 3!
Et quand je lui parle de Marine, il s'indigne. Pour lui, c'est le prototype de la caricature, la porte ouverte à toutes les fenêtres sur cour de recréation, où on a l'impression de quelque maitrise alors qu'on sait qu'il n'y a pas de maitresse.
On dirait qu'elle n'existe que pour nous faire regretter son père.
C'est fou... ce qu'il est misogyne... je parle de mon client... de cette pathologie qui utilise l'histoire et la géographie pour pavoiser ou politiser.
Pour lui la France, politiquement parlant, c'est Arlette Chabot... il lui reconnait cependant un certain mérite : elle est inviolable!