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Billet de blog 2 octobre 2025

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Municipale à Lyon : il va y avoir du sport

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Jean-Michel Aulas, 76 ans au compteur, vient d’annoncer officiellement sa candidature à la mairie de Lyon. D’ores et déjà soutenu par Les Républicains, l’UDI, Renaissance et Horizons (toutes les équipes de droite de la capitale des Gaules), celui qui s’affiche sans étiquette espère ramasser également quelques crampons à Gauche (notamment du côté de la boîte à idées « Place Publique » (1). Aulas qui a dirigé l’Olympique Lyonnais durant trente six ans, et qui peut se targuer d’un palmarès sans équivalent dans le monde du ballon rond (sept titres consécutifs de 2002 à 2008) n’a par contre pas de bilan politique sur lequel s’appuyer. Son programme en la matière, dont on ne connait pas encore les détails devrait, selon le mensuel local Lyon Capital, tourner autour « des transports, de la sécurité et des mesures pour apaiser la rue ». « Lyon est une ville qui ne ressemble à aucune autre, a-t-il déclaré lors de l’officialisation de sa candidature. Née de deux fleuves qui se rejoignent, elle incarne la vitalité, l’ouverture, l’union qui fait la force. Cette force m’a façonné. C’est elle qui me conduit aujourd’hui à m’adresser à vous. C’est à vous, Lyonnais et Lyonnais que je présente ma candidature pour devenir maire de notre ville ». Un plan de communication qui commence par rappeler aux Lyonnaises et Lyonnais que leur ville est traversée par deux fleuves, le Rhône et la Saône, qui se rejoignent en confluence là ou pointe le musée du même nom ; il fallait y penser. Dont la vitalité et l’ouverture (on en reste ici aux fleuves hein !) débouchent sur la victoire par l’union qui fait la force (là c’est le côté politique). Autrement dit, si l’on comprend bien, que la campagne ne sera pas un long fleuve tranquille pour lui, parce qu’avec une telle entame de match, il devra compter plus sur sa défense que sur son attaque. Laquelle attaque, dès les premiers pas sur la pelouse, indique que l’équipe d’en face, les écologistes, doivent s’attendre à une rencontre pas piquée des vers (sans mauvais jeu de mots, hein !). Verts à qui il est reproché avant même le coup de sifflet, que côté transports, sécurité et apaisement de la rue, ils ont joué en seconde division. Trois mots qui en résument un seul, avec eux c’est le bordel. Entendre ici, et c’est un pléonasme, qu’ils ont géré la ville comme des écologistes, à savoir réduire la place de la voiture, développer les modes de transports doux à commencer par le vélo, et introduire le végétalisme le plus possible afin que la capitale des Gaules ne suffoquent pas dans les années à venir. A cela s’ajoute une décision de taille en tout début de mandat, le retour de l’eau en régie publique, et une politique du foncier dans une ville, qui comme ses homologues de grande taille, souffre d’un accès au logement pour nombre de gens, à commencer par les nombreux étudiants et nombreuses étudiantes qui y font leurs études. 

Si le candidat Aulas pourra donc compter dans son équipe des joueurs issus de la droite et du centre, de l’autre la composition est d’ores et déjà compliquée. Lors de la victoire du trophée en 2020, les écologistes avaient réussi à composer, après match, une équipe mixte dans ses exécutifs (Maire et Métropole) avec des joueurs socialistes, d’Ensemble, de Lyon en commun (groupe représenté par l’ex maire du 1er arrondissement de Lyon Nathalie Perrin-Gilbert, team qui s’est décomposée depuis), et des communistes. Là, à Lyon comme ailleurs, tous les joueurs sont retournés dans leurs vestiaires respectifs, et d’ores et déjà certains entraîneurs ont annoncé que leur club participera à la compétition contre tous les autres, gauche compris. Si l’on en reste à l’aspect sportif, il est évident que la compétition n’en sera que plus intense, indécise. Dans ce domaine néanmoins, JM Aulas a un filet d’avance, qui connaît bien le milieu et ses pratiques. Il se raconte d’ailleurs chez les bookmakers locaux qu’il a un atout maître avec la chanson qu’entonnent les supporteurs de l’OL « qui ne saute pas, n’est pas lyonnais, hein, hein ».  J’imagine son portrait sur grands panneaux publicitaires avec ce slogan, ça aurait de l’allure. Par contre, si comme moi on préfère le rugby, j’aurais apprécié que les équipes de gauche et écologiste n’en forment qu’une, histoire de marquer durablement l’essai sous les poteaux de leur gestion commune précédente. Voeux pieux que n’entendront ni les uns, ni les autres, d’autant que dans d’autres scrutins (législative, présidentielle) leur stratégie consiste à entamer les compétitions en solo, espérant qu’à la mi-temps, en cas de raclée pour certains d’entre eux, l’équipe en tête vienne à leurs secours, si vous voyez ce que je veux dire. Et dans ce jeu qui ne mène nul part, sauf la défaite, pointe peut-être le pire. C’est qu’il n’y ait plus de spectateurs et de spectatrices dans les tribunes (taux d’abstentions record). Là, toutes et tous de s’indigner d’une démocratie en berne à laquelle ils auront contribuée, au titre et je reprends ici l’argument de bon nombre d’entraîneurs de ces équipes, que « leurs particularismes » valent bien qu’ils ne tiennent jamais compte de ce que leur réclament leurs électorats. 

(1) j’apprends, toujours par le mensuel Lyon Capital (qui a ses oreilles et ses entrées dans l’équipe d'Aulas), que Raphael Glucksman, co-président de l’énorme mouvement Place Publique, vient de choisir les écologistes pour les municipales. Ce qui a provoqué des cris d’indignation des joueurs et joueuses de JM Aulas, lui qui espérait tant que Raphaël vienne sauter de joie dans le stade rhodanien avec lui. 

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