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Billet de blog 14 octobre 2025

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Le suspens est insoutenable : le PS et la CFDT sauveront-ils le Roi

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B’jour à tutti. A la lecture de l’article « Chez Macron on espère un deal entre Lecornu et le PS à l’issue d’une négociation millimétrée » de Dan Israel et Ilyes Ramdani, (14 octobre à 09h02) tous les regards se portent sur le parti qui a obtenu le score pharaonique de 1,78 % lors de la précédente présidentielle de 2022. A lui seul il tient l’avenir du Roi entre ses mains, comme jadis les Girondins durant la révolution, qui aurait souhaité son exil tout en maintenant sous perfusion son régime monarchique. Le PS, tout comme la CFDT (j’y reviendrais plus tard), n’est pas forcément opposé à la politique du Roi. Ce qu’il demande avant tout, c’est qu’il puisse y percevoir sa part contributive à l’accompagnement voire l’anticipation du dogme néolibéral. Une politique dans la continuité de celles des socialistes depuis 1983 (le virage de la rigueur acceptée par François Mitterrand), sous l’égide d’un jeune pouce de leur cadre à l’époque, Laurent Fabius, puis Lionel Jospin pour s’achever, et le mot est faible par le quinquennat du président « normal » François Hollande. A ce titre, la mutation opérée par le PS est quasi identique à celle de la CFDT (dans les années 70, elle préconisait l’auto gestion), jusqu’à ce que Edmond Maire tout d’abord puis François Chérèque, et surtout Nicole Notat (en 1992), mette un terme à cette utopie monstrueuse pour façonner le syndicat « réformiste » dont il est l’emblème aujourd’hui, réformisme qui consiste à obtenir quelques miettes de compromis à l’ordre économique dominant. Pas étonnant dès lors que Marilyse Leon, son actuelle secrétaire générale, rompe le pacte qu’elle avait passé avec les autres syndicats encore dernièrement, pour voler à son tour au secours du Roi, profitant au passage comme si de rien n’était, à ré introduire son projet de retraite à la carte, premier étage avant adoption de la retraite par capitalisation. Si le PS (par la non censure, contre une suspension de la dernière réforme des retraites, quelques broutilles pour que les riches participent à l’effort collectif) et la CFDT (en plaçant une carte majeure exigée par le néolibéralisme, faire sauter définitivement la retraite par répartitions) parvenaient à leurs fins ; nul doute que médias mainstream et autres experts salueraient le caractère raisonnable et responsable de ces deux organisations. 

Sauf que, et les deux auteurs de l’article le soulignent, concernant le PS, cette éventuelle victoire pourrait s’avérer être à double tranchant. Ne pas obtenir l’abrogation de la réforme des retraites (entre autre), et ce n’est pas ce qu’il demande, en l’état il quémande seulement sa suspension, signifierait pour la majorité des français et françaises qui l’ont rejetée, qu’il ne peut en aucun les représenter puisqu’il en nie la légitimité. Là, les socialistes peuvent faire tourner les calculettes dans tous les sens, ils savent d’ores et déjà, avec cette posture d’accompagnement, que le prochain rendez-vous dans les urnes, quelqu’en soit la nature, risque de leur être encore plus défavorable, voire même fatal. Même équation pour la CFDT, parce que faire de la publicité pour des retraites à la carte, dénature son image réformiste au point j’imagine que parmi leurs militants et adhérents, mais plus globalement à l’échelle du salariat, cette connivence avec le néolibéralisme briserait l’image moderne et consensuelle que lui accordent les médias. Un duo donc qui partage la même vision politique et syndicale très fortement marquée du chacun pour soi et Dieu pour tous (ici en l’état le Roi Macron pour tous et toutes). Duperie qui a très bien fonctionné jusqu’alors, dans la mesure où les effets pervers des politiques néolibérales n’avaient pas encore touchés les classes moyennes. Là, horreur, cette catégorie sociale élevée aux bons grains de la concurrence et de la compétition à donf, commence à se rendre compte qu’elle est désormais dans le viseur pour rejoindre la Cours des Miracles. Ainsi, le poids de la responsabilité dont s’accaparent le PS et la CFDT dans ce jeu de dupes, fait le jeu d’une lassitude et d’une rancoeur générale qui a permis notamment au Rassemblement National d’entrer en piste sans trop se forcer. A contrario, les formations politiques comme les syndicats qui persistent à défendre un modèle social unique au monde qui se désagrège sous les coups répétés de la droite et de la gauche de droite, traités de tous les noms d’oiseaux, d’empêcheurs d’avancer, ont à leurs ambitions de ne rien vouloir lâcher, voire et c’est insupportable pour les requins qui tournent autour du pot de miel (le prochain objectif c’est la sécurité sociale), de vouloir l’améliorer. Tout le contraire du PS et de la CFDT qui ont choisi depuis fort longtemps, de privilégier l’individualisme au détriment du collectif. Qu’on pourrait résumer à, si je comprends bien Marilyse Leon, demain une retraite à la carte, puis une autre carte (ici bancaire) pour se faire soigner si on a suffisamment d’argent, placer ses enfants dans des écoles privées (l’école publique disparaîtrait ou ne serait conservée qu’à la marge), plus de services publics, etc…, modèle qui ressemble étrangement à celui de nos cousins et cousines Outre Atlantique. Je dis ça… 

Bien à vous tutti.

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